Migration… La première réunion de l'État à venir
La dernière nuit de l'année hijri écoulée, avant que le temps ne quitte son bureau dans quelques minutes, une réunion exceptionnelle a eu lieu.
Les présents :
Jérusalem.
La patience.
La mémoire palestinienne.
Les âmes des martyrs.
Et un grand nombre de vœux en attente.
Quant au désespoir…
Il n'a pas été convié.
Pour des raisons de mauvaise conduite.
La réunion a commencé par un bref discours prononcé par Jérusalem.
Elle se tenait debout comme d'habitude.
Ne s'assoit pas depuis des milliers d'années.
Elle a dit :
“Je suis encore ici.”
Et l'histoire a applaudi longtemps.
Puis les âmes des martyrs ont pris la parole.
Elles n'ont rien demandé pour elles.
Comme d'habitude.
Car les martyrs ne négocient pas leurs gloires.
Et ne demandent pas de sièges dans la mémoire.
Il leur suffit d'être devenus une partie de la conscience nationale.
Et parmi eux se trouvait un homme dont le keffieh se promène encore dans les couloirs du rêve palestinien et dont l'écho de sa vieille voix résonne dans la mémoire de la nation chaque fois que quelqu'un essaie de convaincre les Palestiniens que l'impossible est un destin.
Puis les âmes sont retournées à leur excellence…
Après s'être assurées que la Palestine continue de vibrer.
Quant aux prisonniers…
Ils sont arrivés à la séance en retard.
Non pas parce que le chemin était long.
Mais parce que le geôlier a insisté pour la dernière fois à garder les clés.
Et il ne savait pas que la liberté ne s'ouvre pas avec des clés.
Ils ont dit :
“Ne pressez pas le temps.
Car les chaînes savent mieux que quiconque que le fer ne vit pas éternellement.”
Le ciel a enregistré cette phrase dans le procès-verbal de la réunion.
Et il est resté un siège vide.
C'était le siège de l'avenir.
Tout le monde l'attendait.
Puis il est entré calmement.
Ne portant pas de costume officiel.
Ni une mallette diplomatique.
Il portait juste une promesse.
Il s'est assis.
Puis a ouvert un très vieux livre.
Un livre que les prophètes ont lu.
Et que les pieux ont mémorisé.
Et que les croyants ont transmis de génération en génération.
Et sur une de ses pages, les traces des pas du prophète Mohammed ﷺ étaient encore visibles, comme si l'hégire n'avait pas quitté le chemin, et comme si la grotte murmurait encore aux nations fatiguées que la patience n'est pas une station d'attente, mais la première brique de la construction des États.
Et il a pointé vers un seul verset :
﴿وَكَانَ حَقًّا عَلَيْنَا نَصْرُ الْمُؤْمِنِينَ﴾
Le silence s'est installé.
Ce silence qui ne ressemble pas à la peur.
Mais qui ressemble à la certitude.
Dans un coin de la salle, des hommes veillaient encore sur le récit avec une longue patience.
Ils savent que les nations ne se construisent pas par des cris.
Et ne sont pas protégées par l'émotion.
Mais par la longue endurance.
Et par la détermination qui ne vieillit pas.
Et par la foi que la promesse divine ne nécessite de nous que de rester debout jusqu'à ce qu'elle arrive.
Et parmi eux se trouvait un homme qui portait encore la clé de l'État palestinien dans sa poche politique, et qui continuait d'avancer vers elle peu importe les changements de vents, comme si les années lui avaient donné la certitude que l'histoire n'est pas encore finie.
Et quand la réunion a pris fin…
La Palestine a demandé le communiqué final.
Et l'histoire lui a répondu :
“Ce qui suit a été adopté :
Premièrement : Renouveler la confiance envers le grand peuple palestinien, porteur de l'histoire, gardien du récit et héritier de la terre et de l'espoir.
Deuxièmement : Considérer l'unité nationale comme une nécessité à ne pas différer, et ajourner tout ce qui divise les Palestiniens jusqu'à nouvel ordre.
Troisièmement : Renouveler l'engagement à protéger le projet national palestinien et à s'accrocher à la direction légitime qui le garde au milieu des tempêtes.
Quatrièmement : Garder Jérusalem comme capitale du rêve jusqu'à ce qu'elle devienne la capitale de la liberté.
Cinquièmement : Considérer la question des prisonniers comme un point ouvert jusqu'à ce que le soleil de la liberté se lève sur le dernier prisonnier.
Sixièmement : Envoyer un salut digne des martyrs qui nous ont précédés vers la gloire et nous ont laissé le chemin illuminé de leur sang pur.
Septièmement : Étendre la validité de l'espoir indéfiniment.
Huitièmement : Considérer le désespoir comme une entité non autorisée à parler au nom de l'avenir ni au nom de la Palestine.
Puis la séance a été levée.
Et la Palestine est restée seule.
Regardant l'année hijri nouvelle.
Et Jérusalem est restée debout sur son balcon élevé.
Et les martyrs sont restés à veiller sur les étoiles.
Et les prisonniers comptaient les pas de la liberté à venir.
Quant au grand peuple palestinien…
Il est resté fidèle à son ancienne habitude.
Chaque fois que le monde pense que sa fatigue l'a vaincu, il surprend tout le monde par sa capacité étonnante à se relever.
Puis la Palestine a souri.
Comme si elle avait lu la dernière page de l'histoire.
Et savait que la promesse qui a commencé dans une petite grotte…
doit un jour aboutir à un État digne de toute cette patience.
Et que chaque année, la Palestine soit plus proche de la promesse de Dieu.
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