Le sionisme religieux de Hekabi et l'idéologie de la diplomatie américaine
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Le sionisme religieux de Hekabi et l'idéologie de la diplomatie américaine

Les déclarations d'un certain nombre d'ambassadeurs américains en Israël et en Europe soulèvent une problématique claire concernant les limites du rôle diplomatique et le respect de la souveraineté des États hôtes, surtout lorsqu'il s'agit d'ambassadeurs directement liés au président américain, Donald Trump, qui représentent des idéologies politiques spécifiques plutôt que d'être des experts diplomatiques professionnels.

Dans le monde arabe, les déclarations de l'ambassadeur américain en Israël, Mike Hekabi, ont suscité un large débat après ses propos sur le Grand Israël et le « droit existentiel » de ce dernier, avec des insinuations évidentes sur son droit de dominer ou de contrôler des terres arabes. Hekabi, le premier ambassadeur nommé par Trump en Israël, incarne la figure juive sioniste chrétienne de droite influente dans les élections américaines, et il constitue un exemple manifeste de la politisation des nominations diplomatiques, où la loyauté idéologique et politique envers le président prime sur l'expertise professionnelle.

Les déclarations de Hekabi n'ont pas été perçues uniquement comme une opinion personnelle, mais comme un dépassement des normes diplomatiques et une transformation du poste en plateforme idéologique, ignorant les intérêts des États-Unis dans le monde arabe et l'équilibre régional. Ces déclarations ont révélé un aspect dangereux dans la gestion des relations américano-israéliennes, en adoptant un discours expansionniste explicite aligné sur une idéologie sioniste-chrétienne de droite, négligeant la souveraineté des États arabes et les droits des peuples arabes, et soutenant le déplacement, le nettoyage ethnique, la colonisation, l'annexion et l'imposition de la souveraineté sur les territoires occupés de la Cisjordanie.

À Paris, des déclarations liées à l'ambassade américaine concernant le traitement par la France des questions « d'antisémitisme » ont provoqué une protestation officielle, surtout après ce qui a été attribué à Charles Kushner, ambassadeur américain à Paris et père de Jared Kushner, gendre et conseiller de Trump. Les autorités françaises ont considéré ces déclarations comme une ingérence directe dans les affaires intérieures, ce qui les a amenées à convoquer l'ambassadeur. La même situation s'est répétée en Belgique, où les déclarations de l'ambassadeur américain sur les politiques intérieures ont également suscité une protestation officielle et la convocation de l'ambassadeur, ce qui reflète la sensibilité de ces pays européens aux concepts de souveraineté et de respect des normes internationales.

La contradiction réside dans le fait que les réponses arabes, y compris la position de l'Autorité palestinienne, n'ont pas dépassé le cadre de condamnations formelles ou de rappels partiels des ambassadeurs, sans prendre de positions plus fermes pouvant affecter les intérêts américains ou limiter un discours idéologique sioniste explicite. Cette position reflète une faiblesse évidente ou une hésitation à faire face à un discours idéologique aligné avec la vision du gouvernement israélien de droite, qui soutient le déplacement, le nettoyage ethnique, la colonisation, l'annexion et l'imposition de la souveraineté sur les territoires palestiniens. La position de l'Autorité palestinienne, en particulier, était faible et n'a pas reflété la capacité à protéger les droits et les intérêts palestiniens ou à faire pression sur l'administration américaine pour tenir l'ambassadeur responsable.

La question n'est pas celle de la liberté d'expression personnelle de l'ambassadeur, mais celle des limites même du poste diplomatique. L'ambassadeur n'est pas un activiste politique ou idéologique, mais un représentant d'État censé maintenir l'équilibre entre les intérêts de son pays et le respect de la souveraineté de l'État hôte. Lorsque le poste se transforme en plateforme pour promouvoir un discours religieux-politique qui justifie l'expansion ou adopte des récits expansionnistes, il place son pays dans une position d'alignement au lieu de médiation, et sape l'image de la diplomatie en tant qu'outil d'équilibre.

Ce qui est plus grave, c'est l'absence de responsabilité de ce discours de la part de l'administration américaine et la poursuite de politiques similaires, ce qui reflète ce que l'on pourrait qualifier de dogmes de la diplomatie américaine, où le discours électoral intérieur se mélange à la diplomatie extérieure, et où la loyauté envers le président devient un critère supérieur aux normes professionnelles et à l'expertise diplomatique.

La différence entre les réactions européennes et arabes, y compris les positions arabes limitées, met en lumière les limites de ce qui est permis aux ambassadeurs américains dans la représentation des intérêts de leur pays sans dépasser les normes internationales, et révèle une hypocrisie claire dans le traitement entre les alliés stratégiques et les autres pays en ce qui concerne le respect de la souveraineté nationale, tout en soulignant la fragilité de la position arabe face à un discours expansionniste sioniste-américain clair.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.