Le gouvernorat de Jérusalem met en garde contre un vaste projet colonial de traitement des déchets sur les terres du village de Qalandia
SadaNews - Le gouvernorat de Jérusalem a mis en garde, aujourd'hui jeudi, contre la décision des autorités d'occupation israéliennes de commencer officiellement les procédures de planification pour l'établissement d'un vaste projet colonial de traitement des déchets sur les terres du village de Qalandia, au nord-ouest de Jérusalem occupée, une démarche qui représenterait une escalade grave des politiques d'annexion et d'accaparement des terres palestiniennes, menaçant ainsi la présence démographique et agricole de la région.
Le gouvernorat a expliqué dans un communiqué que les plans publiés incluent la mise en place d'un vaste projet de traitement des déchets sur les terres du village de Qalandia, accompagné d'un changement de la trajectoire du mur d'annexion et d'expansion raciste en le déplaçant vers l'intérieur des terres du village. Selon le plan, le projet dans ses différentes composantes entraînera l'accaparement d'environ 278 dunams des terres des citoyens, ce qui dépasse de loin les superficies évoquées dans les plans précédents, révélant l'étendue et les objectifs du projet colonial.
Le gouvernorat a précisé que la zone ciblée comprend près de 40 maisons habitées, ainsi que des dizaines de dunams de terres agricoles fertiles plantées d'oliviers, de céréales et de légumes, ce qui fait de ce projet une menace directe pour les moyens de subsistance des citoyens, leur stabilité sociale et leur droit de rester sur leurs terres.
Selon le plan, une installation de traitement des déchets sera établie pour les convertir en énergie électrique qui sera injectée dans le réseau électrique israélien, et celle-ci accueillera de grandes quantités de divers déchets, y compris du plastique, des déchets papier et d'autres matériaux inflammables, dans le cadre d'un plan israélien plus large visant à étendre l'infrastructure de traitement des déchets au détriment des terres palestiniennes occupées.
Le gouvernorat a confirmé que les racines du projet remontent à juin 2024, lorsque le gouvernement d'occupation a mandaté la société "Eden", rattachée à la municipalité d'occupation de Jérusalem, pour identifier un site pour l'établissement de l'installation, la société ayant proposé un terrain de 130 dunams à Qalandia, comprenant au moins sept bâtiments résidentiels et des terres agricoles, en vue de créer une installation de traitement des déchets et de récupération d'énergie.
Le gouvernorat a ajouté que le ministre des Finances de l'occupation, Bezalel Smotrich, a signé en avril 2025 un avis en vertu de l'article 19 de l'"ordre des terres", pour activer deux anciennes confiscations datant de 1970 et 1982 dans le but de préparer le terrain pour le nouveau projet. La première confiscation, datée du 30 août 1970, concerne environ 1200 dunams destinés à la zone industrielle de "Atarot", dont 390 dunams appartiennent aux habitants de Qalandia, tandis que la deuxième confiscation, datée du 1er juin 1982, concerne une superficie de 137 dunams réservée à ce qu'on appelle une "installation de sécurité".
Le gouvernorat de Jérusalem a souligné que le projet ne peut être considéré comme un projet écologique, comme l'affirment les autorités d'occupation, mais représente une partie intégrante d'un système colonial visant à redessiner la géographie et la démographie palestinienne à Jérusalem occupée et ses environs, à travers l'accaparement des terres, l'expansion du contrôle israélien sur celles-ci, et l'imposition de nouvelles réalités qui mènent à l'oppresion des populations palestiniennes et à leur expulsion forcée.
Le gouvernorat a également indiqué que le danger du projet ne se limite pas à l'accaparement des terres et à la menace des maisons, mais s'étend à des dimensions environnementales et sanitaires graves, étant donné que le site visé est directement adjacent aux agglomérations palestiniennes densément peuplées dans le village de Qalandia et ses environs. Il a averti qu'une installation de traitement des déchets dans cette région entraînera une augmentation des émissions polluantes, des odeurs et des polluants fins, avec des effets négatifs sur la qualité de l'air, du sol, des eaux souterraines et de la santé publique.
Il a été confirmé que les expériences mondiales liées aux installations de traitement des déchets à proximité des zones résidentielles indiquent des risques accrus pour la santé des populations, y compris une augmentation des taux de maladies respiratoires, cardiaques et cardiovasculaires, ainsi que certains types de cancer, en particulier parmi les enfants et les personnes âgées, sans compter les dommages potentiels pouvant affecter la production agricole et la sécurité alimentaire locale en raison de l'impact sur les terres agricoles productives.
Le gouvernorat a considéré que le projet représente un exemple flagrant de ce que l'on appelle "le racisme environnemental", où les communautés palestiniennes supportent les charges et les risques environnementaux provenant de projets servant les colonies israéliennes et leurs infrastructures, en violation des principes de justice environnementale et du droit à un environnement sûr et sain.
Le gouvernorat de Jérusalem a affirmé que le projet constitue une violation manifeste des dispositions du droit international humanitaire, et en particulier de la quatrième convention de Genève, qui interdit à la puissance occupante de confisquer des biens privés ou d'exploiter les terres occupées pour servir ses propres intérêts, ce qui est également en contradiction avec les principes des droits de l'homme et du droit international environnemental.
Il a appelé la communauté internationale, les Nations Unies et les organismes de droits de l'homme et environnementaux internationaux à agir rapidement pour arrêter le projet et tenir les autorités d'occupation responsables de leurs politiques visant la terre, l'homme et l'environnement palestinien à Jérusalem occupée.
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