Pour que les décrets du président répondent au défi existentiel
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Pour que les décrets du président répondent au défi existentiel

Dans le contexte du danger existentiel auquel est confrontée l'autorité nationale et toute la question palestinienne, l'"attaque de la démocratie" annoncée par le président Abou Mazen à travers les décrets pour organiser les élections du Conseil national, élaborer un projet de Constitution pour l'État de Palestine et tenir le huitième congrès du mouvement Fatah... pourrait sembler être une fuite en avant et un pari sur un avenir dont il n'est pas sûr qu'il soit en faveur de la cause nationale s'il n'y a pas une stratégie actuelle pour faire face à ce qui se passe sur le terrain.

En principe, personne ne s'oppose à la tenue d'élections générales tant qu'elles respectent la philosophie et les objectifs du processus électoral, qui sont le renouvellement du pouvoir et de l'élite dirigeante. La situation palestinienne nécessite ce renouvellement, même si, à ce stade, il se limite au Conseil national dont découlera le Conseil central et le comité exécutif, jusqu'au président de l'Organisation de libération de la Palestine ; la maison morale réunissant tous les Palestiniens et son représentant légitime et unique.

Selon la charte de l'Organisation de libération de la Palestine, tout Palestinien – indépendamment de son affiliation politique, de sa religion ou de son lieu de résidence en Palestine ou à l'étranger – est membre de l'organisation ; et c'est pourquoi l'organisation a réservé exclusivement la représentation de tout le peuple palestinien. Ainsi, ses instances spécialisées et son outil exécutif dans les territoires de 67 (l'autorité) offrent leurs services à tous les fils du peuple.

Cela ne contredit pas le droit de toute personne ou parti palestinien de s'opposer aux politiques de l'organisation et de sa direction, ou de ne pas participer à ses institutions officielles, et il en va de même pour l'autorité.
Sur cette base, l'échec de toutes les tentatives de former un cadre politique alternatif à l'Organisation de libération peut être compris et interprété, et pourquoi on revient à l'organisation après l'échec des partis et même de l'autorité palestinienne à remplacer celle-ci ; car on se dirige à nouveau vers l'activation de l'organisation par le décret du président Abou Mazen pour organiser les élections du Conseil national en novembre de cette année, et dans le même contexte, fixer une date pour la tenue du huitième congrès général du mouvement Fatah, le pilier de l'organisation.

Il est étrange que ceux qui contestent la légitimité de l'Organisation de libération et son caractère représentatif global et son outil exécutif en Palestine (l'Autorité nationale palestinienne) se contredisent lorsqu'ils refusent de reconnaître l'organisation et son autorité tout en utilisant en même temps des passeports émis par l'autorité, en portant des identités estampillées de son logo, en scolarisant leurs enfants dans des écoles qui lui sont affiliées avec des programmes élaborés par son ministère de l'Éducation, et en se soignant dans des hôpitaux dépendant du ministère de la Santé créé par l'autorité, tout en ne proposant pas une alternative nationale réaliste à l'organisation et à son autorité.

Parce que l'Organisation de libération signifie tout cela, elle doit toujours confirmer qu'elle est à la hauteur des aspirations du peuple même dans les pires conditions, comme cela se passe maintenant ; c'est pourquoi il est nécessaire de faire ce qui suit :

1- Que les élections soient un moyen de renouveler les élites et de s'ouvrir à tous, et non des élections dirigées pour accorder une légitimité formelle à une classe politique dirigeante vieillissante qui a épuisé son énergie après avoir donné tout ce qu'elle pouvait. Elle doit être remplacée ou rajeunie par des éléments jeunes.

2- Réfléchir à déplacer le siège de l'Organisation de libération de la ville occupée de Ramallah vers un autre pays arabe ; pour être plus libre dans ses mouvements et ses décisions ; l'ennemi, qui cherche à annuler l'autorité ou à en changer la fonction nationale, ne permettra pas à l'organisation (qu'il accuse de terrorisme) d'agir librement dans les territoires occupés, ni même de hisser le drapeau palestinien au-dessus de son siège.

3- Bien que le décret présidentiel ait confié à la Commission centrale des élections la tâche de supervision, il est nécessaire de réduire l'emprise du comité exécutif de l'organisation et de la commission centrale de Fatah sur le processus électoral à toutes ses étapes, notamment en restreignant l'adhésion et la "machine électorale", surtout lors du congrès de Fatah. En effet, il y a des membres du comité exécutif et de la commission centrale qui ne sont pas favorables aux élections, et pourraient exercer leur influence autoritaire et financière pour manipuler les résultats afin d'assurer leur maintien dans leurs postes. Nos précédents dans les congrès du mouvement Fatah et du conseil central en sont un bon exemple.

4- La question du charte nationale en tant que constitution pour tous les enfants du peuple palestinien (contrairement au projet de constitution pour l'État concernant la Cisjordanie et Gaza), soulève une question fondamentale : le texte de la charte de 1968 sera-t-il adopté ? Ou la charte après les amendements de Gaza en 1996 ? Ou le nouveau conseil national sera-t-il celui qui élaborera une nouvelle charte ? Cela nécessite un ajustement et une définition précise de la relation entre la charte de l'organisation, la constitution de la future État de Palestine et le programme politique du mouvement Fatah.

5- Il y a un besoin urgent et pressant de traiter la relation entre l'organisation et les partis en dehors d'elle, surtout avec la continuité de certains responsables de l'organisation et du mouvement Fatah qui considérent le mouvement Hamas et la jihad islamique comme faisant partie du tissu national. Tant que c'est le cas, seront-ils membres du nouveau Conseil national ou resteront-ils en dehors de celui-ci ? Et que se passera-t-il s'ils refusent de participer aux élections du Conseil national ?

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.