Le renversement de Maduro : Israël, le plus grand bénéficiaire
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Le renversement de Maduro : Israël, le plus grand bénéficiaire

Les médias israéliens ont exprimé une joie immense après l'arrestation par les États-Unis du président vénézuélien Nicolás Maduro. Bien qu'Israël ait joué un rôle marginal dans ce processus, il est le plus grand bénéficiaire de ce mouvement américain.

Le Venezuela n'est pas le terrain de jeu d'Israël, et il ne le menaçait pas directement. Trump a agi pour ses propres raisons, sans lien direct avec Israël. Cependant, le changement de gouvernement prévu à Caracas devrait probablement éloigner le Venezuela de l'axe anti-israélien.

Pendant des décennies, le Venezuela, sous la direction de Maduro et auparavant de Chávez, a été un partenaire étroit de l'Iran, incluant la coopération sécuritaire, le soutien économique, et le contournement des sanctions américaines et internationales, ainsi que des alliances politiques avec la Chine et la Russie contre les États-Unis. Pendant la guerre contre Israël, cette relation s'est renforcée, y compris un soutien financier vénézuélien au Hezbollah après les frappes israéliennes.

Les analystes israéliens notent que le passage du Venezuela à un régime démocratique stable signifierait la chute d'une autre pierre de l'édifice iranien, cette fois-ci à la main des États-Unis en Amérique latine, ce qui est une grande nouvelle pour Israël.

La dirigeante de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a exprimé son soutien à un renforcement des relations avec Israël, ayant déjà contacté le Premier ministre d'occupation Benjamin Netanyahu pour saluer ses décisions pendant la guerre d'extermination à Gaza, ainsi que le succès d'Israël dans l'accord de libération des otages à Gaza, et ses efforts contre l'axe (du mal iranien), qui ne menace pas seulement Israël mais aussi le peuple vénézuélien.

Le ministre des Affaires étrangères d'occupation israélien, Gideon Sa'ar, a également déclaré que le Venezuela était devenu un centre d'un réseau d'alliances narcoterroristes, comprenant des éléments du Hezbollah et des installations de production d'armes iraniennes, et que Maduro avait clairement déclaré que son pays faisait partie de l'axe de la résistance.

L'établissement d'un régime pro-occidental au Venezuela s'inscrit dans une tendance plus large sur le continent au cours des deux dernières années, où des dirigeants pro-occidentaux et anti-iranien ont été élus dans plusieurs pays. Même le président argentin Javier Milei a lancé une initiative pour former une alliance pro-américaine et israélienne, à laquelle le Venezuela devrait se joindre, ce qui affaiblirait les bras du terrorisme et du Hezbollah dans la région, et renforcerait le camp occidental - ce qui est une chose positive pour Israël.

Les analystes israéliens considèrent que l'arrestation de Maduro renforce la position d'Israël dans le nouveau système mondial soutenu par les États-Unis. Malgré les craintes théoriques d'une réaction chinoise ou russe, le processus d'arrestation de Maduro ne menace pas l'équilibre des forces mondiales, contrairement à une occupation d'un pays stratégique majeur.

Après des semaines de calme relatif, Trump et Netanyahu ont continué à faire avancer le nouvel ordre mondial et régional. L'opération à Caracas, qui a suivi un blocus maritime et des frappes sur l'industrie de la drogue et du pétrole, a fait passer Israël du statut de marge des événements à bénéficiaire direct de l'événement.

La position israélienne - parallèlement aux forces américaines dans la Corne de l'Afrique - permet de contrôler des détroits stratégiques et d'étouffer toute tentative iranienne de nuire aux voies commerciales mondiales, tout en coupant les sources de financement du Hezbollah et de ses alliés. L'opération, selon les analystes israéliens, a constitué une étape intégrée dans une stratégie visant à éliminer les générateurs de "terrorisme" de manière éloignée du Venezuela jusqu'au port d'Eilat et à la Corne de l'Afrique.

En Israël, la joie suscitée par l'opération a été exploitée pour renforcer le récit de pouvoir et d'impérialisme, un analyste ayant décrit l'opération comme un retour à "l'impérialisme ancien", considérant l'État d'occupation comme un acteur clé dans "le nouveau monde" dessiné par Trump.

Mais au-delà de la politique et des intérêts stratégiques, la dernière partie de l'histoire révèle une crise plus profonde : le système international n'existe plus que comme une façade. Ce que l'on appelle le système mondial n'est que le monde de Trump : un pouvoir absolu pour les grandes puissances, où chaque aspect du monde est épuisé, de l'humanité à l'environnement, de l'esprit à chaque petit grain de sable, au profit de l'élite capitaliste.

Dans cette réalité, ce qui se passe au Venezuela et à Gaza n'est pas seulement un changement gouvernemental ou un conflit régional. Israël est aujourd'hui l'allié le plus fort de tout régime capitaliste corrompu, capable de transformer tout événement stratégique pour renforcer sa position régionale, tandis que le peuple reste victime d'un grand jeu. Gaza, en particulier, peut être à la fois le berceau d'une nouvelle humanité et un mémorial éclatant de l'espoir humain perdu.

Ce qui doit se produire maintenant n'est pas simplement une mesure formelle, mais un changement radical dans notre compréhension du monde et de la justice. Il n'existe pas d'approche mondiale fondée sur la solidarité et la dignité, mais un engagement et une vision pour un monde que l'on peut comprendre et façonner, un cosmos qui ne se résigne pas à la manifestation la plus abjecte de l'humanité.

Tout commence à Gaza, où le jeu se clarifie dans ses vraies dimensions : l'impérialisme ancien revient, sous ses pires formes, où le privilège du pouvoir devient la mesure de la rédemption humaine, et Israël, dans tout cela, n'est pas seulement un acteur, mais un symbole de ce que le monde pourrait devenir si cette approche se poursuit.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.