Retour au pays... "Gaza" qui les habite malgré l'extermination.
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Retour au pays... "Gaza" qui les habite malgré l'extermination.

SadaNews - Rapport : Hala Abu Lamdi

Les portes de la bande de Gaza ont connu une scène exceptionnelle ; des centaines de Palestiniens qui étaient bloqués à l'étranger ont pris la route vers leur ville blessée. Ils ne sont pas revenus à la recherche du confort, mais pour se reconnecter aux blessures de leur terre, préférant vivre sur les décombres de leurs maisons plutôt que de rester dans des refuges d'attente, dans une scène qui incarne les plus nobles formes d'appartenance.

La mariée Rabab Barbak (retournée de la République d'Égypte) dit : "J'ai laissé tous les pays du monde derrière moi et j'ai décidé de revenir à Gaza malgré toute la destruction. Mon seul objectif était de retrouver mon fiancé 'Sobhi' après des années d'attente et d'éloignement. La sécurité à l'étranger ne m'importait pas alors que Gaza saigne. La vie réelle pour moi est d'être à ses côtés et parmi ma famille, même si c'est sur les gravats ; l'amour et l'appartenance à la patrie ne sont pas brisés par les guerres ni empêchés par les frontières. "

Rabab précise qu'elle a été confrontée à de nombreux mots décourageants et peurs qui la poursuivaient pendant son exil, alors que certains lui répétaient que "elle serait veuve avant d'être mariée" et que son retour à Gaza était un coup de folie, mais sa foi en la rencontre avec son fiancé 'Sobhi' était plus forte que toutes ces suppositions.

Elle a souligné que son seul rêve était de revenir sur la terre de Gaza pour se tenir aux côtés de Sobhi et compléter avec lui les chapitres de leur histoire d'amour qui a résisté face à la guerre et aux distances, confirmant qu'elle est revenue pour reconstruire à nouveau ses rêves sur les gravats, afin de documenter cet exploit et d'en faire une fierté qu'elle racontera à ses enfants dans le futur ; d'une mère qui a brisé le mur de la peur et de l'interdiction pour revenir dans les bras de la patrie et de son compagnon de vie, annonçant que l'amour et la fidélité sont la dernière victoire.

D'autre part, dans une scène pleine de larmes débordant de douleur et de détermination, une femme de Gaza venant d'Égypte a crié : "Non au déplacement, non au déplacement, personne ne sort de Gaza, la mort est ici et l'humiliation est à l'extérieur, restez fermes sur notre terre."

La femme gazaouie explique avec amertume : "Elle n'est pas parvenue à sa terre facilement, mais elle et sa mère ont subi de graves harcèlements, des procédures humiliantes et de grandes difficultés lors de leur voyage de retour à Gaza, confirmant que ce qu'elles ont souffert sur la route et à la frontière".

Dans un contexte connexe, le bureau de la presse gouvernementale à Gaza a révélé des statistiques choquantes qui reflètent l'ampleur de la souffrance à la seule porte du secteur ; le passage de Rafah n'a vu passer que 397 voyageurs (aller-retour) en une semaine, un chiffre très faible qui ne dépasse pas 25 % du total des inscrits qui étaient censés voyager.

Les données officielles indiquent que le nombre de personnes retournant dans le secteur a atteint seulement 172 personnes, tandis que 26 voyageurs ont été empêchés de partir et renvoyés de force. Ces chiffres confirment que l'ouverture de la frontière dans le cadre des arrangements de cessez-le-feu reste "partielle et limitée", soumise à des conditions de sécurité strictes qui privé des milliers de leur droit de circuler.

Le retour de ces personnes à Gaza après une longue période d'interdiction est un reflet de la volonté de rester ; elles ne sont pas revenues pour trouver le confort, mais pour partager avec leur famille la morsure de la vie, et se tenir avec eux sur les décombres des maisons. Ce retour restera un jalon dans l'histoire de la guerre, témoin que l'appartenance à Gaza est plus forte que la machine de guerre, et plus noble que toutes les décisions de fermeture et d'interdiction.