Palestine : Quand le criminel est désigné comme "faiseur de paix"
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Palestine : Quand le criminel est désigné comme "faiseur de paix"

La plus grave menace à laquelle le peuple palestinien est confronté aujourd'hui n'est pas seulement la continuation de la guerre, mais la capacité à tromper en nommant cette guerre "paix". Gaza est détruite chaque jour, les enfants continuent d'être tués, les civils sont déplacés, les hôpitaux et les écoles sont ciblés, l'électricité, l'eau et la nourriture sont assiégées, et la population est laissée à mourir de faim, de maladie et de mort dans un génocide qui est le plus horrible depuis la Seconde Guerre mondiale, tandis que la Cisjordanie est soumise à une annexion des terres et à un regroupement des personnes dans des enclaves, où leurs villes et leurs biens sont judaïsés, leurs terres et leurs moyens de subsistance sont confisqués, et toutes les chances de la vie quotidienne sont anéanties par l'imposition de restrictions, de sièges et de politiques économiques suffocantes. Pendant ce temps, Trump, le criminel qui commet ces crimes et qui est recherché par la justice internationale, est désigné "faiseur de paix", comme si un crime de génocide pouvait être blanchi par un titre fallacieux. C'est la plus grande escroquerie morale de l'histoire contemporaine, où le bourreau est présenté comme un sauveur apportant une promesse de paix qui n'est qu'une illusion plus fausse encore, alors qu'en réalité, il continue à perpétrer des violations, des meurtres et des exterminations. Sans parler de la fragmentation institutionnelle et représentative qui se déroule à pleine vitesse sous la supervision de la tromperie du soi-disant Conseil de paix. C'est un génocide qui vise non seulement la Palestine, mais aussi les principes du droit international et la préservation de la paix mondiale dans un monde qui doit être sans justice.

Cette fraude et cette escroquerie internationale sont doubles, car elles essaient de cacher le crime aux yeux du monde en couvrant le criminel au nom de la paix, créant une illusion qu'il existe une solution politique ou une réelle gestion du conflit, alors que le génocide se poursuit sans manifestations qui avaient autrefois envahi les capitales et les villes du monde. En même temps, le criminel est blanchi au lieu d'être tenu responsable, il reçoit le titre de faiseur de paix, ce qui place les victimes dans une position impossible et les transforme en victimes secondaires dans un discours mondial trompeur. Cette déviation n'est pas seulement une tromperie politique ou linguistique, mais un crime moral et historique qui déforme les valeurs et la justice pour que la force devienne un critère du droit et que l'injustice soit présentée comme légitimité. En Palestine, cette tromperie se manifeste clairement, et le jeu trumpiste n'est rien d'autre que cette tromperie pour contourner l'opinion publique internationale qui commence à préoccupé Trump et son administration pleinement engagée et toujours en train de mettre en place l'extermination politique du destin palestinien en vue de soumettre la région entière.

La politique sans justice se transforme en un outil pour gérer le pouvoir, non pour établir le droit ou protéger les êtres humains, mais pour normaliser le crime, masquer le meurtre et remodeler la conscience publique de manière à rendre la tragédie quotidienne tolérable. Le succès aux dépens du droit n'est pas une force mais une faiblesse morale et historique, et une politique réaliste qui justifie le crime au nom de la survie ou de la stabilité est une politique sans direction, sans âme et sans légitimité morale. Ici, la responsabilité des peuples se manifeste. Quiconque acquiesce ou se tait ou excuse ou tend la main pour tuer devient complice du crime et un gardien de la déviation morale et historique.

La justice est une condition de la paix et de la légitimité du pouvoir. Tout pouvoir sans équité est incapable de convaincre, et la violence apparaît lorsque la légitimité échoue à convaincre les gouvernés. En Palestine, l'absence de justice n'est pas seulement une injustice, mais un terreau fertile pour le génocide et une politique systématique d'élimination d'un peuple entier, avec une complicité mondiale croissante au nom des intérêts ou d'une complicité silencieuse. Lorsque la conscience morale s'effondre, le droit n'est pas directement aboli mais redéfini. La victime se transforme en un dossier de sécurité, la demande de reddition de comptes est désignée comme de l'intransigeance, la nécessité est commercialisée comme une valeur suprême, et les victimes deviennent des otages d'un discours mondial trompeur. Ce n'est pas seulement une transformation linguistique, mais une reformulation de la conscience publique et une légitimation des violations. L'absence de justice engendre un cycle de violence continue et transforme la vie quotidienne en un enfer institutionnel.

La paix n'est pas seulement l'absence de combat, mais l'existence d'un système dans lequel l'être humain se sent vu et reconnu, un système qui garantit ses droits et sa dignité. Séparer la politique de la justice signifie administrer des intérêts dépourvus de valeur humaine, basés sur la coercition et non sur l'obéissance volontaire. La plus grande menace à laquelle sont confrontés les Palestiniens aujourd'hui n'est pas seulement la continuation de la guerre, mais la normalisation de la contradiction morale, la protection du bourreau au nom du réalisme, la demande à la victime de patience au nom de la stabilité, et la redéfinition de la paix loin de la cessation du crime et de la reddition de comptes des auteurs.

La politique qui protège la force au détriment du droit peut gérer la scène temporairement mais perd sa légitimité morale et historique. La justice différée ne disparaît pas mais revient comme une question de plus en plus pressante à laquelle l'humanité entière doit faire face. Nommée d'une manière autre que ses propres noms n'est pas une neutralité mais un engagement dans la création d'une illusion meurtrière. La paix qui ne repose pas sur l'arrêt du meurtre, qui ne reconnaît pas la responsabilité, qui ne rend pas justice aux victimes, n'est pas une paix mais une gestion polie du génocide et de la politique. La responsabilité des peuples est ici claire. Quiconque acquiesce, se tait ou ignore au nom de son état ou de ses intérêts devient témoin du génocide d'un peuple et responsable devant la conscience mondiale et l'histoire.

Et plus dangereusement encore, ignorer la centralité de la justice, y compris en Palestine, n'est pas seulement une injustice temporaire mais annonce un avenir sombre. Un monde où la force prévaut sans critère de droit, où les violations et les politiques systématiques deviennent les outils d'une fausse légitimité, et où se répand une culture qui justifie l'injustice au nom des intérêts ou de la sécurité. Tout laxisme à l'égard de la justice aujourd'hui engendre des crises morales et politiques continues demain, et laisse l'humanité toute entière en otage d'un nouveau cycle de violence, où le mal devient un projet acceptable, et les concepts de droits et de dignité sont perdus pour les générations futures.

La question à laquelle le monde est confronté aujourd'hui est : la force définit-elle le droit, ou est-ce le droit qui confère à la force sa légitimité ? En Palestine, la réponse détermine si nous sommes face à un début de paix réelle ou à une étape plus profonde de déclin moral et historique, et à un génocide d'un peuple entier qui sera inscrit dans la mémoire de l'humanité, et à un monde où l'humanité attend les conséquences de l'ignorance de la justice partout.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.