Le piège du troupeau et de la terre fermée : De vol de terre à ingénierie de la famine... Comment les moyens de subsistance sont détruits pour dépouiller les Palestiniens de leur terre ?
Dans la continuité de notre précédent article qui traitait de la colonisation pastorale comme mécanisme de vol de terre par les colonies, nous mettons aujourd’hui en lumière la prochaine étape du plan : transformer l’économie elle-même en arme pour décomposer la société palestinienne.
La machine coloniale a dépassé la phase de contrôle de la géographie pour atteindre une phase plus dangereuse : « l’ingénierie de la dépendance » et « la fabrication de la vulnérabilité ». L’objectif n’est plus simplement de remplacer les autochtones par des colons, mais de transformer le Palestinien d’un producteur libre en consommateur aux volontés entravées, dont les choix quotidiens sont encadrés entre le barrage militaire et le fragile permis de travail. La politique de « suffocation économique » que nous vivons aujourd’hui n’est pas une série de mesures d’urgence, mais un système intégré visant à réaliser une équation d’une cruauté unique : faire du maintien économique des Palestiniens un conditionnement à leur silence politique.
La séparation géographique : Transformer les barrages en contraintes commerciales... coupant les artères de la vie
Si nous regardons la carte de la Cisjordanie, nous voyons un réseau complexe de « zones dispersées » – des agglomérations humaines assiégées par un labyrinthe de barrages, de portails en fer et de routes contournées qui servent exclusivement aux colonies. Ces obstacles ne sont plus de simples points de contrôle sécuritaires, mais se sont transformés en outils de contrôle économique fédéral, perturbant les chaînes d’approvisionnement internes et multipliant artificiellement les coûts de transport et de production. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les estimations de l’Office central de statistiques palestinien (PCBS) en mars 2024, le secteur industriel palestinien a perdu 3,2 milliards de dollars en production durant les quatre premiers mois de l’agression sur Gaza, en raison de l’immobilisation des marchandises et des matières premières en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Cette suffocation s’approfondit en ciblant le secteur agricole, qui est la première ligne de défense de la terre. Cibler l’agriculture n’est pas un effet secondaire, mais un objectif stratégique direct. Cependant, le plan dépasse aujourd’hui le vol de la terre pour s’en prendre à la destruction même des outils de production. Le vol de bétail et l’abattage des troupeaux – la pratique complémentaire de la colonisation pastorale – se sont transformés en un outil de punition économique systématique visant à détruire les moyens de subsistance des familles pastorales. Cette guerre a culminé lors de la dernière saison des olives, où plus de 150 attaques de colons et de l’armée d’occupation ont été enregistrées contre les agriculteurs, dans une tentative claire de transformer l’agriculture d’une source de dignité en un métier impossible.
Fabrication de la dépendance... Transformer la subsistance en outil de chantage
Après que les contraintes géographiques ont paralysé la capacité de l’économie palestinienne à créer suffisamment d’emplois, les permis de travail en Israël sont devenus d’un choix économique à un outil de contrôle politique. Une équation déformée se crée ici : la stabilité économique de la famille en échange du silence politique de l’individu. Les chiffres révèlent l’ampleur de la catastrophe : en Cisjordanie uniquement, le taux de chômage a grimpé de 18 % en 2023 à 31 % en 2024, tandis que le nombre de travailleurs en Israël a diminué de 85 000, selon les données de l’Office central de statistiques palestinien. Ce n’est pas un recul économique ordinaire, mais une activation délibérée de la carte de pression qui rend tout mouvement ou résistance menacés de suspension de la source de subsistance.
Parallèlement, ces politiques créent un courant humain dévastateur des campagnes et des zones classées « C » (qui représentent plus de 60 % de la Cisjordanie) vers les centres urbains surpeuplés. Ce n’est pas une migration volontaire, mais un « déplacement économique systématique » visant à vider la campagne palestinienne et faciliter l’expansion coloniale, tandis que les villes deviennent des « cantons » surpeuplés faciles à contrôler et à dominer.
Économie de la résistance... De la défense à l’attaque
Face à cette suffocation généralisée, le soutien au produit national devient d’un choix moral à une ligne de défense existentielle. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est le transformer en une grande politique économique incluant : d’abord, une stratégie d’autosuffisance dans les chaînes de valeur de base comme les produits laitiers, les œufs et les légumes, et la connexion du producteur rural avec le consommateur urbain à travers des plateformes commerciales protégées des complexités des barrages.
Deuxièmement, le financement de petits projets dans les zones menacées non pas comme aide humanitaire, mais comme un investissement dans la « géographie résiliente » capable d’accueillir la main-d’œuvre et de réduire la dépendance au chantage israélien.
Troisièmement, la récupération du droit à la libre circulation ; la demande d’ouverture des routes fermées et de levée des routes contournées n’est pas une demande de service, mais un rétablissement des artères géographiques coupées et une partie de la bataille pour prouver la souveraineté sur le mouvement.
Tout comme la colonisation pastorale a révélé le visage aigre de l’aiguille, la suffocation économique d’aujourd’hui dévoile le fil long qui coud les poches de la dépendance. La confrontation ne se limite plus à défendre la dernière colline, mais s’est déplacée vers une bataille pour construire une « résilience économique » capable de briser les outils de chantage. Ce qui est exigé aujourd’hui, c’est que chaque citoyen devienne une tranchée de défense économique ; soutenant le produit national, accueillant les projets de résilience rurale, et révélant les outils de chantage par chaque plateforme disponible. La résistance n’est plus simplement un maintien sur place, mais devient la capacité à produire, à communiquer et à vivre dignement dans cet endroit. La terre appartient à celui qui la cultive, qui construit dessus, qui en produit et qui la défend avec son économie comme il la défend avec son sang.
Alors que certains comptent les huées, les Palestiniens comptent leurs martyrs... Les para...
Lorsque la question palestinienne est réduite à la gestion de Gaza
Occupation légalement autorisée
Absence des Palestiniens et mise sur le temps
Palestine : Quand le criminel est désigné comme "faiseur de paix"
Ne rendez pas le peuple palestinien responsable de l'échec de vos systèmes et idéologies
L'inondation de la colonisation et des déplacements en Cisjordanie