Guardiola hors du neutre
Pep Guardiola, entraîneur de football mondial, a parlé de son soutien à la cause palestinienne il y a quelques jours lors d'un discours prononcé lors d'un événement de solidarité avec la Palestine qui s'est tenu à Barcelone, en Espagne, ce qui lui a permis d'atteindre des objectifs philosophiques et humanitaires en brisant les chaînes et les frontières.
Tout silence n'est pas de la neutralité, et tout discours n'est pas une prise de position. Dans les temps de morale grise, le courage ne se mesure pas à la hauteur de la voix, mais à son timing et au prix que son auteur pourrait payer. C'est précisément dans ce sens que le discours de Pep Guardiola en soutien à la Palestine passe d'une expression humanitaire à un acte culturel et moral conscient, qui mérite d'être pris en considération, et non seulement applaudi.
Guardiola, venant d'une tradition catalane qui considère la liberté comme une valeur et non un slogan, et la dignité comme un acte quotidien et non un discours saisonnier, n'était pas étranger à cette position. Qui connaît l'histoire culturelle de Barcelone, non pas en tant que club, mais en tant que "plus qu'un club", comprend que cette voix ne provient pas de rien. La Catalogne, qui a connu la répression, les tentatives d'effacement, et ce que signifie avoir une identité comme un fardeau politique, enseigne à ses enfants que le silence devant l'injustice n'est pas une vertu.
Dans son discours, Guardiola n'a pas utilisé de vocabulaire politique traditionnel, ni ne s'est caché derrière des équilibres linguistiques. Il a dit ce que la morale dit lorsqu'elle est laissée seule dans la pièce : que le monde regarde, que des enfants sont tués, et que le silence international n'est plus un échec, mais un choix. Cette simple phrase, en son essence, suffisait à perturber un système entier de justifications.
La presse mondiale a capté cette confusion. Elle n'a pas traité ses paroles comme une violation du protocole sportif, mais comme une rupture calculée du mur du silence. Dans les analyses européennes, en particulier dans la presse à sensibilité culturelle, Guardiola a été présenté comme un nouveau modèle d'intellectuel public : une personne qui n'écrit pas de déclarations, qui n'appartient à aucun parti, mais qui sait quand dire « non ». Et cela, dans notre époque, est une position rare.
Ce que Guardiola a dit n'était pas nouveau pour les Palestiniens, mais c'était nouveau pour beaucoup de plateformes qui avaient l'habitude de voir la Palestine comme un fardeau linguistique. Soudainement, la question n'était plus réservée aux activistes, mais est entrée dans le cœur du discours public par la porte du sport, et par la bouche d'une personnalité qui est difficile à classer ou à diaboliser facilement. Et ici réside à la fois le danger et la beauté de la situation.
Dans la culture espagnole, et spécifiquement dans la littérature et l'art, il y a une présence constante de l'idée de « témoignage moral » ; dire ce que l'on a vu, et non ce qu'on vous demande de dire. De Lorca, qui a été tué parce qu'il a dit son poème, aux intellectuels de l'exil qui ont écrit contre le fascisme en sachant le prix à payer, il y a un fil ténu qui relie le mot et la dignité. Guardiola, peut-être sans intention directe, a suivi ce fil.
Il n'a pas prétendu connaître les détails politiques, et ne s'est pas exprimé au nom de quiconque, mais a refusé l'égalité entre la victime et le bourreau, et a rejeté le langage de la « complexité » souvent utilisé pour justifier l'impuissance. Et cela a dérangé certains. Les positions claires troublent les systèmes gris, et révèlent la fragilité du discours de neutralité.
Ce message de remerciement n'est pas une célébration d'une personne, mais une défense d'une idée : qu'un être humain ait une voix quand le silence devient une politique. Le peuple palestinien, qui a été longuement dépouillé de sa langue et de son récit, a besoin de telles voix qui ne parlent pas de lui, mais le ramènent au centre de la question morale mondiale.
Nous ne sommes pas naïfs pour penser qu'un discours peut arrêter une guerre, mais nous savons que les mots courageux changent le climat dans lequel les guerres sont menées. Et que chaque voix mondiale qui refuse la normalisation avec le meurtre élargit la marge de la vérité, et réduit l'espace de justification.
Nous savons qu'un seul discours ne change pas l'équilibre des forces, mais change l'équilibre du sens. Et que le sens, lorsqu'il s'accumule, exerce lentement une pression sur les structures de justification. Dans ce sens, les paroles de Guardiola étaient un acte de résistance symbolique, non par des slogans, mais en redonnant de la valeur à l'évidence morale.
Merci à Pep Guardiola d'avoir choisi d'être humain avant d'être entraîneur.
Merci d'avoir récupéré, même pour un moment, le sens d'avoir une fonction éthique pour la célébrité.
Et merci de se souvenir, depuis la Catalogne, que la Palestine n'est pas une cause lointaine, mais un test permanent pour la conscience de ce monde.
À une époque où le silence est récompensé, il a choisi de parler.
Et cela, à lui seul, est une position d'élite par excellence.
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