Gaza: Une opportunité de réorganiser la maison palestinienne
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Gaza: Une opportunité de réorganiser la maison palestinienne

L'accueil par les Palestiniens de l'accord de cessez-le-feu et la formation du comité national de gestion de Gaza représentent un moment qui semble essentiel pour mettre fin au génocide en cours. Cependant, cela reste un moment incomplet tant que cela ne se transforme pas en une véritable entrée pour réorganiser la maison palestinienne sur les plans politique et social, et pour engager un dialogue national inclusif qui reconstruit l'organisation politique et formule un projet national durable émanant de la volonté palestinienne, et non de dispositifs imposés de l'extérieur.

Dans ce contexte, adopter un ton non discursif et non sloganique apparaît comme une nécessité politique et morale, non pas comme une acceptation du statu quo, mais comme un choix conscient visant à tirer parti de ce moment pour mettre fin à l'hémorragie humaine et restaurer la société palestinienne, déjà épuisée par la guerre de génocide et ses profondes répercussions, qui continuent de se manifester sous diverses formes, malgré tout cessez-le-feu déclaré.

Cependant, ce calme ne doit pas masquer le fait que le Conseil de la paix et les structures organisationnelles et administratives qui en découlent ne sont pas palestiniennes dans leur référence ou leur structure. Elles représentent, en réalité, une forme de tutelle politique et un retrait progressif des droits nationaux et politiques, même si cela est recouvert par un discours humanitaire. Même le comité national de gestion de Gaza ne dépasse pas le statut d'une entité locale de services, tirant ses compétences du conseil exécutif de la paix, et non d'un mandat national ou d'une légitimité populaire.

La formation du Conseil de la paix est le résultat d'un accord américain bénéficiant d'une bénédiction internationale, arabe et islamique. Il reflète une structure d'un système américain-israélien colonial et d'occupation, reposant sur un déni systématique des droits politiques palestiniens et sur la reproduction de la dépossession des droits sous une forme humanitaire, dans le cadre d'une politique de démantèlement délibéré de la société palestinienne et de sa gestion, au lieu de lui donner les moyens de s'autonomiser. Ce fait impose aux Palestiniens de traiter cette réalité avec une prudence politique, alliant le soulagement de la souffrance humaine à la préservation des droits et à la non-substitution de ceux-ci par une gestion des services dépouillée de souveraineté.

Et même si l'on prétend que la mission du Conseil de la paix est temporaire, limitée à une période transitoire ne dépassant pas deux ans, cela n'exempte pas les Palestiniens de la responsabilité de formuler une alternative nationale claire reposant sur un projet collectif basé sur les intérêts nationaux, la résistance organisée et la reconstruction, parallèlement à un travail interne sérieux pour rétablir la confiance sociétale, rassembler les rangs, aborder la division et redonner à la politique son rôle comme outil de protection, et non comme un fardeau supplémentaire pour une société exténuée.

Exploiter cette opportunité nécessite de passer d'une logique de gestion de la catastrophe à une logique de rétablissement et de reconstruction, socialement et politiquement, en prenant conscience que le génocide, bien qu'il ait atténué son écho médiatique, continue de se manifester sous d'autres formes : par le siège, la famine, le blocage de la reconstruction et le report du retrait israélien. D'ici, la restauration de la société palestinienne et la construction de réseaux de solidarité, tant internes qu'internationaux, dans le cadre de la légitimité nationale, constituent une entrée fondamentale pour faire face aux tentatives d'isolement des Palestiniens et à la rupture des plans déclarés et non déclarés visant à réorganiser la société palestinienne dans un contexte de déplacement, de division, de faiblesse du système politique et de délabrement de ses structures.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.