Sortir de l'impasse de la représentation civile et retrouver la représentation nationale ; sans excuse
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Sortir de l'impasse de la représentation civile et retrouver la représentation nationale ; sans excuse

La crise de leadership des Palestiniens à l'intérieur aujourd'hui n'est pas une crise de représentation politique, mais une crise de définition : définition du rôle, de la fonction et des limites de la politique elle-même.

Depuis des années, un processus de réduction progressive de l'action politique dans le cadre d'une représentation civile restreinte a eu lieu, jusqu'à ce que ce cadre ne soit plus un moyen temporaire, mais un plafond final de l'action politique, et un nœud qui est reproduit dans chaque discussion sur l'efficacité de la leadership et la signification de sa présence ; parfois sous prétexte de particularisme, ou en imitant les préoccupations des gens au quotidien, et dans les pires cas comme un discours populiste dans la compétition pour la voix de l'électeur lors des élections à la Knesset.

La représentation civile s'est transformée, avec le temps, d'un outil pour obtenir des droits fondamentaux en un substitut de la politique. Au lieu d'être une porte d'entrée pour poser les grandes questions, elle est devenue un moyen de fuir celles-ci.

Ainsi, le Palestinien à l'intérieur a été traité comme un ensemble de besoins quotidiens, et non comme une communauté nationale ayant sa place dans le conflit et un questionnement ouvert sur l'avenir.

Le problème ne réside pas dans les questions civiles en elles-mêmes, qui font partie intégrante de la vie des gens et de leur dignité, mais dans leur transformation en essence de la représentation politique.

Quand les budgets, les services, et l'amélioration des conditions de vie deviennent le seul critère de réussite, la politique perd son sens, et le conflit est réduit à la gestion de la réalité au lieu d'exiger des comptes et d'organiser les gens autour de ce conflit.

Cette réduction n'est pas survenue par hasard ; elle a coïncidé avec la reconfiguration du concept de citoyenneté en Israël : d'un droit naturel à un cadre conditionné par l'intégration et l'adaptation. Une citoyenneté accordée dans la mesure où la présence nationale recule, et qui récompense le silence plus qu'elle ne protège les droits.

Dans ce contexte, le discours sur l'égalité n'est plus un discours de confrontation, mais est devenu une langue de négociation dans des limites préalablement dessiné.

Ajoutez à cela qu'il y a ceux qui ont adopté cette structure comme une approche et une logique, ou plutôt, un produit électoral et un commerce lucratif, en s'impliquant dans le jeu des camps israéliens.

Le plus inquiétant, c'est que cette proposition est devenue un nœud pour le leadership et les partis, au point de nécessiter des excuses et des justifications épuisantes pour tout acte politique national pur, à moins qu'il ne soit accompagné d'un "rapport de compte" et d'un rapport sur les réalisations matérielles.

Cependant, les transformations profondes de la réalité politique, surtout après les grands événements en Palestine, ont révélé la fragilité de ce chemin. Il est désormais clair que le projet sioniste ne fait pas de distinction, en son essence, entre un Palestinien et un autre, et que les droits qui ne reposent pas sur une conscience nationale collective restent temporaires et susceptibles d'être détruits.

En ce moment, les illusions de la "représentation responsable" s'effondrent lorsque celles-ci sont utilisées pour justifier l'incapacité, et non pour la défier.

Et lorsqu'on questionne l'avenir des Palestiniens à l'intérieur d'Israël, le discours sur les réalisations semble pâle, déconnecté des dangers du moment.

Sortir de l'impasse de la représentation civile, et de la peur de l'accusation de se déconnecter des gens ou de participer aux élections à la Knesset avec une mentalité de boycott, ne signifie pas sauter par-dessus la réalité, ni ignorer les préoccupations quotidiennes des gens, mais plutôt les repositionner dans leur contexte politique naturel.

Cela signifie passer de la gestion de l'affaire à la représentation du sens, et de l'amélioration des conditions d'existence à la question même de l'existence.

Et cela signifie, avant tout, que le leadership doit retrouver sa place en tant qu'acteur politique, et non comme un intermédiaire administratif.

Ce ne sont pas des slogans, mais une nécessité et une condition d'existence à une époque de génocide, de fragilité des outils, et à une époque où l'élimination de l'existence palestinienne, en tant qu'identité et signification, est un objectif déclaré.

Le leadership palestinien à l'intérieur est aujourd'hui appelé à retrouver son rôle national, et à déclarer avec clarté et courage : nous représentons un peuple, pas un dossier civil ; nous représentons un avenir, pas un budget ; et nous faisons de la politique depuis la position de la conscience, et non depuis la position de l'adaptation.

Nous sommes une question purement palestinienne, et la politique - dans son véritable sens - se pratique en faisant face à la question centrale : qui sommes-nous ? Que voulons-nous ? Et comment sommes-nous représentés ?

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.