Gaza... Honte du monde
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Gaza... Honte du monde


Il n'est plus possible de décrire ce qui se passe dans la bande de Gaza aujourd'hui autrement que comme une grande tragédie dans l'histoire du monde, comme l'a déclaré le président irlandais. La famine proclamée par les Nations Unies n'est pas un événement accidentel, mais le résultat direct de crimes de guerre commis sous les yeux de tous, alors que le discours sur les droits de l'homme et le développement durable s'effondre de manière terrifiante.

La gravité de ce qui se passe ne se limite pas à la catastrophe humanitaire vécue uniquement par les Palestiniens, mais s'étend à l'ensemble du système international. Lorsqu'un peuple entier est affamé et contraint à la misère, le message qui parvient au monde est que le droit international est devenu sans valeur. Toute atteinte au droit international a des répercussions sur la sécurité mondiale dans toutes ses dimensions ; économique, sociale et politique.

Il suffit de se rappeler comment les conséquences de la guerre russo-ukrainienne ont entraîné une augmentation des prix des céréales et de l'énergie, alourdissant les budgets de nombreux pays. Aujourd'hui, la tragédie de Gaza porte des dangers encore plus grands, car elle allume un foyer de tension au cœur du Moyen-Orient, qui revêt une importance stratégique et économique pour le monde. La famine qui y sévit n'est pas seulement une souffrance palestinienne, mais une bombe à retardement qui menace la stabilité de tous.

L'annonce des Nations Unies sur l'entrée de Gaza en famine soulève une question grave : que fait cette organisation pour éviter cela ? Son rôle n'est pas d'agir en tant qu'agence de presse, mais de servir de soupape de sécurité pour protéger la sécurité et le droit international. Quelle crédibilité reste-t-il au Conseil de sécurité lorsqu'il voit des enfants de Gaza mourir de faim, des femmes et des personnes âgées s'effondrer sous le poids de la maladie et de la privation, et des personnes handicapées laissées à leur sort ? Suffit-il d'émettre un communiqué de presse alors que les images d'enfants émaciés envahissent les écrans depuis des semaines ?
Gaza a révélé l'impuissance de la conscience mondiale. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mène une guerre totale : bombardements, famine et déplacements, dans un projet clair d'élimination de tout ce qui est vivant dans la bande. Le résultat est que le monde reste spectateur, se contentant de répéter des phrases de préoccupation, tandis que le crime se poursuit sans accountability.

Il est vrai que la vague de reconnaissances de l'État palestinien – qui a touché 147 pays – représente un signal symbolique important, mais cela reste bien inférieur à l'ampleur de la tragédie. C'est davantage une manière de se dédouaner face aux scènes de sang et de décombres, que d'être un outil de pression pour mettre fin à l'agression. Israël n'a pas reculé d'un pouce, mais a intensifié sa brutalité, déclarant pratiquement qu'elle n'acceptera pas d'État palestinien sur un pouce de terre.

Depuis le début de la guerre, l'objectif est clair : le déplacement. Lorsque le président américain a appelé l'Égypte et la Jordanie à accueillir les Palestiniens, la proposition a été accueillie par un rejet mondial, alors il a été remplacé par le moyen le plus cruel : la famine systématique, l'interdiction de l'aide, et la ciblage des femmes et des enfants pour éliminer la prochaine génération. Ce n'est pas seulement une guerre, mais un processus d'extraction démographique complet.

Aujourd'hui, la plus grande perte ne se traduit pas uniquement par des milliers de martyrs et de disparus, mais par l'effondrement de toute approche politique de la question palestinienne. Le projet israélien – soutenu par les États-Unis – repose sur un principe fondamental : qu'aucun État palestinien ne puisse jamais voir le jour. C'est pourquoi nous vivons la phase la plus dangereuse depuis la guerre d'octobre ; où le paysage palestinien est redessiné sur la base du déplacement et de la famine.

La famine à Gaza n'est pas une tragédie locale, mais un test moral et juridique pour l'ensemble du système international. Si les Nations Unies sont incapables de protéger plus de deux millions de personnes de la mort par faim, quelle est leur valeur et quelle est l'utilité de leurs chartes ? Le monde entier est concerné par cette tragédie, non seulement parce qu'elle représente une plaie humaine béante, mais parce qu'elle menace de saper ce qu'il reste de stabilité au Moyen-Orient et dans le monde.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.