Le conseiller mystérieux qui a manœuvré les fils du Parti travailliste et fait tomber Starmer
Dernières actualités

Le conseiller mystérieux qui a manœuvré les fils du Parti travailliste et fait tomber Starmer

SadaNews - Un article sur le site iPaper traite de la personnalité de Morgan McSweeney et de son rôle dans l'ascension du Parti travailliste britannique, puis dans son déclin au cours de la période au pouvoir, offrant une critique le considérant comme l'esprit stratégique caché derrière le projet politique du Premier ministre Keir Starmer, et même comme le responsable de nombreux succès et échecs.

Patrick Cockburn estime dans son article sur le site que McSweeney, qui a été le chef de cabinet de Starmer entre 2024 et 2026 avant de démissionner, n'était pas seulement un conseiller technique, mais la force qui a façonné la direction du parti avant et après l'arrivée de Starmer au pouvoir, au point que son influence surpassait parfois celle du Premier ministre lui-même.

L'article présente une idée centrale selon laquelle ce que l'on peut appeler le "projet McSweeney" a constitué le cadre réel du gouvernement du Parti travailliste, tant dans le renforcement du pouvoir que dans les grandes décisions politiques.

L'auteur souligne que les doutes quant à l'ampleur de l'influence de McSweeney, malgré sa tentative de rester en arrière-plan et de dénier l'idée qu'il était le "marionnette", sont restés fortement présents dans le débat politique et médiatique, soutenus par des déclarations et des fuites internes qualifiant Starmer d'exécutant proche des directives de son équipe stratégique plutôt que d'un leader entièrement indépendant.

Le repositionnement du parti

L'article met en avant le rôle de McSweeney dans la gestion des conflits au sein du Parti travailliste, notamment après la défaite de Jeremy Corbyn en 2019, lorsqu'il a dirigé le processus de restructuration du parti, d'écarter l'aile gauche et de la marginaliser, dans le cadre d'un projet visant à repositionner le parti sur le plan politique.

Cependant, l'auteur estime que cette habileté dans les "guerres de factions" au sein du parti n'a pas été traduite avec succès en gestion des affaires gouvernementales au niveau national, mais s'est plutôt transformée en une source de désordre politique plus large.

Selon l'auteur, le passage du parti au pouvoir a révélé les limites de cette approche, étant donné que l'adoption d'une stratégie visant à rediriger le parti vers la droite et à tenter d'attirer les électeurs conservateurs et du Parti des réformes a produit des résultats contraires.

Au lieu d'élargir sa base électorale, ce virage a contribué à affaiblir les liens avec des segments traditionnels des électeurs travaillistes, poussant certains à s'abstenir de voter ou à se tourner vers d'autres partis tels que les Verts et les Démocrates-libéraux, ce qui a eu un impact négatif sur les résultats ultérieurs.

L'article indique que la victoire du Parti travailliste aux élections de 2024, bien que qualifiée de grande victoire, était en substance le résultat d'une division parmi ses opposants plutôt qu'une large approbation populaire, le parti ayant obtenu un pourcentage limité de voix malgré un grand nombre de sièges.

Une victoire qui n'a pas duré

L'article explique que cette victoire n'a pas duré longtemps, le parti ayant connu un net recul lors des élections locales de 2026, perdant une grande partie de ses électeurs qui se sont soit abstenus de voter, soit se sont tournés vers d'autres partis.

Il critique le discours politique qui a accompagné ce projet, en particulier l'adoption de positions plus strictes sur l'immigration, que l'auteur considère comme ayant contribué à une polarisation politique accrue plutôt qu'à une détente, affaiblissant la capacité du parti à regagner la confiance de sa base traditionnelle, estimant que cette orientation n'a pas réussi à capter les électeurs de droite tout en portant atteinte à l'image du parti auprès de ses électeurs historiques.

L'article conclut que bien que McSweeney ait réussi à bâtir une machine organisationnelle solide au sein du Parti travailliste et à remodeler l'équilibre des pouvoirs en faveur de la direction de Starmer, il a échoué à transformer ce succès organisationnel en stabilité politique au niveau national.

L'auteur estime que cet échec a contribué à aggraver la crise politique persistante en Grande-Bretagne depuis sa sortie de l'Union européenne, augmentant l'instabilité et les fluctuations sur la scène partisane, rendant le "projet McSweeney" un exemple des limites des stratégies partisanes lorsqu'elles passent d'un conflit interne à une gestion réelle du pouvoir.

Source : iPaper