La tromperie de la "calme" et la réalité de l'"annexion" : la Cisjordanie sera-t-elle purgée derrière les fumées du conflit régional ?
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La tromperie de la "calme" et la réalité de l'"annexion" : la Cisjordanie sera-t-elle purgée derrière les fumées du conflit régional ?

Tandis que le monde tourne son regard vers les écrans radar en attendant l'éclatement d'une guerre régionale entre Israël et l'Iran, il semble que la "grande partie" se joue ailleurs. Une conviction se forme selon laquelle les tambours de guerre battus par Israël n'étaient qu'un rideau de fumée pour des accords imminents ; en effet, Israël, qui a fait tout son possible pour allumer la mèche, a finalement manqué de véritable volonté, tandis que Trump reste poussé par une "capitalisme sauvage" qui ne se soucie ni de l’idéologie, ni des gains concrets et d’un retrait rapide après la sécurisation de contrats limités.

Dans ce contexte de préoccupation internationale, la "nouvelle tromperie" fait surface. Le président Trump affirme publiquement que "l'annexion ne se produira pas", réitérant son engagement envers les pays arabes qui ont fait confiance au processus de paix, et envoyant des messages fermes en février 2026 que "le temps est venu d'arrêter". Cependant, la réalité sur le terrain prouve que tout ce qui se passe est "juste l'inverse de la promesse". Pendant que Washington parle de calme, il accorde un feu vert implicite au gouvernement Netanyahu-Smotrich pour imposer des "faits irréversibles".

Le changement dramatique le plus notable est les récentes décisions du "cabinet" qui ne se contentent plus des zones (C), mais passent à la légitimation de l'expropriation et de la démolition de maisons même dans les zones (A) qui sont nominalement sous l'autorité palestinienne. Cette mesure représente une exécution officielle des accords d'Oslo. Elle facilite pour les colons l'achat de terres au cœur des agglomérations palestiniennes. Elle transforme également l'autorité nationale de "projet d'État" en "administration de services" sans souveraineté géographique.

Selon un rapport de l'Institut de recherche appliquée (ARIJ) pour l'année 2025, l'annexion ne nécessite plus d'annonce festive, mais se fait par "l'épuisement bureaucratique" : 146 ordres militaires : ont confisqué plus de 11 200 dunums en une seule année. Le siège agricole : restriction d'accès à 25 000 dunums, surtout pendant la saison des olives, pour frapper le nerf économique des Palestiniens. Les prétextes juridiques : utilisation des classifications "terres de l'État" et "réserves naturelles" comme outils coloniaux pour imposer des réalités démographiques, en violation flagrante de la quatrième convention de Genève et des règlements de La Haye.

Le projet de confiscation de 695 dunums pour établir un nouveau quartier résidentiel près de "Kfar Shomron" émerge comme un exemple de ce plan. L'objectif n'est pas seulement de construire des maisons, mais de couper la communication géographique entre les gouvernorats de Salfit et Qalqilya et de transformer les villes palestiniennes en "poches isolées" (cantons).
La nouvelle orientation vers "la colonisation haredi" vise à injecter d'énormes blocs humains à une vitesse fulgurante, pour garantir l'établissement d'une "ceinture de sécurité" qui tue l'idée de l'État palestinien pour toujours, ce que Smotrich a qualifié de "percée énorme" pour établir le contrôle israélien.

Malgré cette emprise sur le terrain, des analystes israéliens estiment qu'Israël est dans ses "pires états" d'un point de vue moral et stratégique. La dépendance totale à la force brutale et la tromperie sur les promesses internationales reflètent une crise existentielle. Alors que des puissances comme E-3 (les trois pays européens : France, Allemagne, Royaume-Uni) commencent à se former pour limiter cet excès, la question demeure : la diplomatie internationale agira-t-elle avant que les bulldozers n'effacent le dernier centimètre du rêve de l'État palestinien ?

Quant à la position arabe et islamique, elle est restée dans le cadre des déclarations de condamnation traditionnelles, sans véritables outils de pression ou réévaluation du processus de normalisation ou des intérêts économiques. Certains pays du paix abrahamique, qui ont prétendu en 2020 que la normalisation visait à arrêter la "transaction du siècle" ou réduire les risques d'annexion, ont découvert aujourd'hui que l'annexion sur le terrain se poursuit sans restriction et que la couverture américaine reste plus forte que toute position arabe. Ainsi, le tableau est complet : une annexion qui s'accélère, un couvert américain, et un silence régional masqué par la prétention de protéger la cause palestinienne sans effet pratique.

Le monde qui attend un accord avec l'Iran doit comprendre que le prix est payé par le sol de la Cisjordanie. L'annexion n'est plus une "menace future", mais une réalité vécue qui s'exécute quotidiennement derrière le rideau des fausses promesses américaines et le silence de la communauté internationale. La course est maintenant entre "la rapidité de la confiscation" et "la vigilance de la conscience mondiale".

L'annexion n'est plus qu'une possibilité ou une menace politique future, mais une réalité quotidienne mise en œuvre sur le terrain sans cesse, dans un silence officiel et diplomatique absolu. Chaque bulldozer qui démolit une maison, chaque dunum qui est volé aux Palestiniens, est un témoignage de l'échec de la communauté internationale et de son silence moral. Les pays qui ont prétendu protéger les Palestiniens par la normalisation ont découvert que leurs paroles ne sont qu'un rideau masquant une réalité cruelle. La Cisjordanie aujourd'hui n'est pas seulement une terre confisquée, mais un laboratoire pour annuler tout horizon de l'État palestinien, et pour jouer avec le tissu social et politique palestinien sans restriction. Si le silence mondial se poursuit, l'histoire témoignera que l'annexion n'a été stoppée que par des promesses trompeuses et des déclarations diplomatiques vides, tandis que la vie palestinienne est écrasée quotidiennement sous les roues de la colonisation.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.