Entre le prétexte et la décision… qui rendra des comptes pour le sang des Palestiniens ?
La question n'est plus un luxe politique ni un débat partisan.
Lorsque les chiffres s'accumulent jusqu'à perdre leur signification, et lorsque la mort devient un chiffre quotidien dans les nouvelles, le silence devient une complicité, et la question un devoir moral.
Si l'ennemi est connu pour chercher et inventer des prétextes, pourquoi lui a-t-on donné cette opportunité ?
Et si l'équilibre des forces est aussi gravement déséquilibré, pourquoi le conflit est-il géré comme si le coût était gérable ?
Après deux ans de guerre, nous sommes face à une scène qui ne supporte pas d’embellissement : des dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de blessés, des disparus sans traces, et un million de personnes vivant sous des tentes, entre le froid de l’hiver et la chaleur de l’été. Des villes réduites à néant, une économie s’effondrant, une société épuisée, et une génération entière tirée des bancs d’école pour faire la queue pour de l’aide.
Personne n’exonère l’occupation de sa responsabilité. Elle possède la machine de guerre, et elle a choisi une politique de la terre brûlée et de la punition collective. C'est une vérité établie sur les plans politique et moral.
Mais imputer l'ensemble de la scène à l'occupation n'annule pas la question de la décision interne.
La direction qui décide de la confrontation porte, par responsabilité politique, le poids de l'évaluation des coûts et de la gestion des risques.
La résistance n'est pas un acte symbolique, mais une décision stratégique qui coûtera des vies et compromettra les foyers et l'avenir des gens.
La légitimité morale de toute décision ne se mesure pas seulement par la sincérité des intentions, mais par la capacité à protéger la société de l'effondrement.
Les calculs étaient-ils réalistes ?
Y avait-il un plan clair pour après le premier coup ?
Y avait-il une vision pour gérer une longue guerre dans un environnement de siège étouffant et de déséquilibre international flagrant ?
Ou bien sommes-nous entrés dans la bataille avec un discours mobilisateur dépassant notre capacité à endurer ?
Ce qui est le plus dangereux dans l'instant présent n'est pas seulement la taille de la destruction, mais l'absence de réexamen.
Les sociétés vivantes tiennent leurs dirigeants responsables, non pas pour assouvir une vengeance, mais pour empêcher la répétition d'une catastrophe.
Et le réexamen n'est pas une trahison, mais une condition pour survivre.
Le peuple palestinien ne peut plus être le "carburant éternel" pour chaque cycle.
Et il n'est pas possible de transformer la douleur en un outil de mobilisation continue sans une véritable responsabilité politique.
Car la cause juste n'a pas besoin de plus de sang pour prouver sa justesse, elle a besoin d'un esprit politique capable de gérer le conflit.
La poursuite du même chemin, sans un réexamen courageux, signifie ouvrir la porte à des cycles plus brutaux, et peut-être plus dangereux pour la structure même de la société.
Le peuple palestinien n'en peut plus d'une guerre d'épuisement sans perspective politique claire.
L'instant impose une question claire :
L'objectif est-il de protéger la cause ou de gérer le conflit sans fin ?
Et la priorité est-elle au discours ou à la vie des gens ?
Ce dont les Palestiniens ont besoin aujourd'hui, ce ne sont pas de nouveaux slogans, mais une stratégie de sortie de l'impasse, et une vision politique qui remet l'Homme avant l'adresse, et la vie avant la déclaration.
Le sang palestinien n'est pas un élément marginal dans l'équation, mais son essence.
Et toute décision qui ne place pas la vie des gens au centre de l’évaluation restera une décision incomplète… quelles que soient ses intentions.
Le mensonge de la séparation entre l'art et la politique...
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