Ce que l'on attend de Mladenov
Nikolay Mladenov n’est pas un nom nouveau pour les Palestiniens. Nous l’avons connu comme un émissaire international qui éteint les incendies plus qu’il ne change le paysage, gère les crises plutôt que de les résoudre, et maintient "la stabilité" au lieu de la justice. Aujourd’hui, l’homme revient dans une position plus dangereuse et lourde : le directeur exécutif de ce qui a été appelé le "Conseil de la paix de Gaza", dans le cadre d’une vision américano-israélienne intitulée la phase deux, dont l’essence est la gestion post-guerre et non la fin de ses causes.
Et ici, de ma position de citoyen palestinien, et non en tant que spectateur international, la question devient légitime : que voulons-nous de Mladenov ? Et que doit-on lui demander clairement et sans ambages ?
Tout d'abord, Mladenov doit comprendre – ou agir au moins – que Gaza n'est pas un dossier humanitaire uniquement, ni un terrain d’expérimentation pour des technocrates internationaux. Gaza est avant tout une question politique, et une partie intégrante du projet national palestinien. Toute discussion sur la reconstruction, un gouvernement de technocrates, ou une force de sécurité internationale, sans établir de lien avec la fin de l’occupation et la garantie des droits politiques, n’est qu’une reproduction de la même échec avec de nouveaux outils. Il est requis de refuser la logique de "l’administration temporaire permanente" et de ne pas devenir un directeur d'une grande entreprise d’aide sous couverture politique.
Deuxièmement, Mladenov doit réaliser que le désarmement n’est pas un point technique à exécuter par une décision internationale, mais le résultat d’un processus politique global. Les expériences au Liban, en Irak, et en Afghanistan disent clairement : les armes ne sont pas désarmées avant que la politique ne soit rétablie, et avant que les gens ne se sentent en sécurité, dignes et justes. Toute tentative d'imposer le désarmement du Hamas – ou d'autres – sans un horizon national unificateur, conduira à une explosion différée, rien de plus. Il est requis de le dire clairement, et non de se contenter d'un langage diplomatique gris qui satisfait tout le monde sans sauver personne.
Troisièmement, il est nécessaire qu'il établisse une ligne rouge claire contre la transformation du Conseil de paix en un instrument de pérennisation de la division palestinienne. Gaza n’est pas une entité séparée de la Cisjordanie, et tout gouvernement de technocrates imposé indépendamment du système politique palestinien, et de l’Organisation de libération de la Palestine, sera un gouvernement fragile, dépourvu de légitimité, et condamné à l’échec. Il est requis d’encourager l’unité politique et institutionnelle, non une gestion technique isolée de la réalité.
Quatrièmement, Mladenov – s'il veut faire partie de la solution et non du problème – doit traiter l’Autorité palestinienne comme un partenaire politique, et non comme un dossier sécuritaire ou administratif. L’Autorité n’est pas qu’un organe exécutif, mais une adresse politique reconnue internationalement, et toute négligence ou marginalisation de son rôle sapera le reste du système politique palestinien, et ouvrira la porte au chaos ou à une tutelle internationale prolongée.
Cinquièmement, il est requis d’établir un lien pratique entre Gaza et la Cisjordanie, et non verbal. Il n’y a pas de sens à reconstruire Gaza alors que la Cisjordanie est étouffée par la colonisation, que les colons sèment la violence, que l’argent des Palestiniens est retenu, et que la géographie se désagrège jour après jour. La paix ne se construit pas seule à Gaza, et un Conseil de paix ne peut ignorer la résolution du Conseil de sécurité 2803 et d'autres résolutions qui soulignent l’unité des terres palestiniennes.
Enfin, Mladenov doit choisir clairement sa position morale : soit être un témoin international embellissant une phase transitoire sans fin, soit être un responsable politique qui comprend que la véritable stabilité ne naît pas du canon de la force ni de conseils internationaux, mais de la justice, des droits et de la liberté. Les Palestiniens n’ont pas besoin d’un nouveau directeur de crise, mais d’un partenaire qui a le courage de dire : pas de paix sans mettre fin à l’occupation, pas de reconstruction sans dignité, et pas d’avenir sans un État palestinien pleinement souverain.
Ceci n’est pas des conditions impossibles, mais le minimum de la logique politique. Alors, Mladenov entendra-t-il cette fois la voix du citoyen palestinien ? Ou se contentera-t-il, encore une fois, de gérer le temps perdu ?
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