Appel à l'imagination : que se passerait-il si le partenariat (Arabes et Iran) était un chemin sans conflit ?
Imaginons un moment que l'histoire ait pris un angle différent.
Que l'année 1979 n'ait pas marqué le début d'une rupture entre l'Iran et le monde arabe, mais plutôt l'ouverture d'un partenariat stratégique entre les deux rives du Golfe, entre les deux rives de la langue, de l'histoire et des intérêts.
Imaginons que le succès de la révolution islamique n'ait pas été accueilli avec méfiance et inquiétude, mais avec dialogue et coordination, et que le discours “d’exportation de la révolution iranienne” se soit transformé en discours “d’exportation du développement”.
Que se passerait-il alors ?
Des richesses qui s'intègrent plutôt que de se disputer
Le monde arabe possède d'énormes réserves de pétrole et de gaz, des fonds souverains de centaines de milliards, et une position géographique contrôlant des détroits et des routes maritimes qui sont les artères de l'économie mondiale.
L'Iran possède une base industrielle relativement avancée, des capacités scientifiques et techniques, une infrastructure militaire robuste, et une grande main-d'œuvre.
Si un véritable partenariat avait été établi, il aurait été possible de créer un bloc économique et énergétique rivalisant avec les plus grands blocs mondiaux.
Un bloc qui contrôle les prix de l'énergie non pas en tant qu'outil de pression politique, mais en tant que levier de développement commun.
Un bloc qui investit les revenus dans l'industrie, la technologie et l'éducation, au lieu de les dépenser dans des courses à l'armement et des guerres par procuration.
Sécurité régionale sans intermédiaires
Dans ce scénario imaginé, la région n'avait pas besoin de parapluies militaires extérieurs pour se protéger.
Un système de sécurité régionale arabe-iranienne aurait pu être établi, éteignant les foyers de tension au lieu de se nourrir d'eux.
Au lieu que des États arabes se transforment en champs de bataille, ils seraient devenus des ponts de communication.
Il aurait été possible de neutraliser la sectarisation en tant qu'outil de conflit politique, de tarir les sources du discours incitatif, et de diriger les énergies vers le développement humain.
Qu'est-ce qui a plus épuisé la région que sa division ?
Quant à l'impact sur Israël et les États-Unis
Si un partenariat arabe-iranien avait vu le jour plus tôt, l'équilibre des forces régionaux aurait été fondamentalement différent.
Israël se serait retrouvé face à un environnement cohérent plutôt que fragmenté, et devant une équation de dissuasion politique et économique avant même d'être militaire, et il se pourrait qu'Israël n'existe plus à sa place actuelle.
Les États-Unis auraient traité avec un bloc régional puissant négociant d'une position d'égalité, plutôt que d'une position de dépendance sécuritaire.
Cela ne devrait pas nécessairement signifier une confrontation militaire, mais peut-être le contraire, car la cohésion régionale pourrait être un facteur de plus grande stabilité, car un bloc puissant réduit les risques de perturbation.
Le coût du chemin que nous avons emprunté
Mais ce qui s'est passé était différent.
Un climat de méfiance mutuelle s'est constitué, la rupture s'est approfondie, et la région a plongé dans des parcours de conflit direct et indirect.
Guerres, sanctions, courses aux armements, épuisement économique, et polarisation sectaire qui a affaibli tout le monde.
L'Iran a perdu une grande partie de son potentiel économique sous le poids des sanctions et de l'isolement.
Le monde arabe a perdu des opportunités de développement énormes, et ses peuples ont payé le prix fort de l'instabilité et du manque de prospérité.
L'imagination n'est pas un luxe
Cet appel à l'imagination n'est pas un regret pour un passé qui n'a pas été, mais une tentative de poser la question pour l'avenir :
La possibilité d'un partenariat est-elle toujours impossible ?
Ou les leçons des décennies passées sont-elles suffisantes pour redéfinir la relation sur la base des intérêts plutôt que des slogans ?
L'histoire ne revient pas en arrière, mais elle ouvre toujours de nouvelles fenêtres.
Et la géographie ne change pas ; l'Iran restera voisin du monde arabe, et les Arabes resteront voisins de l'Iran.
Alors soit le voisinage est une source de compétition destructrice, soit un partenariat qui redessine l'équilibre des forces dans la région.
Peut-être que ce qui a été manqué est une occasion perdue,
Mais l'imagination, parfois, est le premier pas vers un avenir différent.
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