Qui possède la terre... possède l'avenir
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Qui possède la terre... possède l'avenir

Il pourrait être erroné de considérer ce qui est présenté sous le titre "la ville verte" comme un projet d'urbanisme ou de logement destiné à accueillir cinquante mille habitants. Une telle approche réduit la question à son aspect technique, alors que ses véritables dimensions dépassent cela de loin.

La vraie question n'est pas : combien de maisons seront construites ? Mais : qui possède la terre ? Qui décide de son utilisation ? Qui la gère ? Qui impose la sécurité dessus ? Quelles sont les limites de la souveraineté palestinienne à l'intérieur ? Ce sont ces questions qui déterminent la nature du projet et ses implications stratégiques, et non le nombre de bâtiments ou d'unités de logement qu'il comprendra.

Tout projet de reconstruction perd sa valeur nationale s'il devient une entrée pour redessiner la géographie politique ou juridique de la bande de Gaza, ou s'il devient un moyen d'imposer de nouvelles réalités sur le terrain qui dépassent la volonté palestinienne. L'histoire nous enseigne que les transformations majeures ne commencent pas toujours par des chars, mais peuvent parfois débuter par des plans d'urbanisme, par la réorganisation de l'utilisation des terres, et par la production de réalités difficiles à changer par la suite.

De ce fait, la gestion de ce dossier ne doit pas rester la responsabilité d'une seule entité, mais nécessite une position palestinienne unifiée, prise en charge par trois parties principales.

Premièrement : l'Autorité palestinienne.
En raison de sa position légale et de la reconnaissance internationale, elle est obligée d'annoncer une position officielle et claire basée sur la loi fondamentale palestinienne, affirmant que la propriété des terres palestiniennes est un droit protégé qui ne peut être altéré ou utilisé en dehors du cadre de la loi et de la souveraineté nationale. Elle a également le devoir d'avertir toute entreprise ou entrepreneur palestinien de s'engager dans des projets qui pourraient à l'avenir susciter des responsabilités juridiques ou nationales si leur opposition à la loi ou aux droits palestiniens est prouvée.

Deuxièmement : le mouvement Hamas.
Ce dossier va au-delà d'un simple outil de négociation ou d'un élément de la gestion quotidienne du conflit, il concerne l'avenir de la terre elle-même. Par conséquent, la phase actuelle nécessite de passer de la gestion des désaccords politiques à la construction d'une position nationale uni, car la défense de la terre ne peut pas être conditionnée par la division, et le dossier de la souveraineté ne doit pas rester soumis aux calculs factionnels ou tactiques.

Troisièmement : le comité de Gaza.
Si le comité a été formé pour défendre les intérêts du secteur et son avenir, son rôle ne doit pas se limiter à suivre les développements ou à émettre des positions, mais il doit être un véritable partenaire dans toute discussion concernant le sort de Gaza. Son succès dépend de l'unification de sa position interne, et de la priorité donnée à l'intérêt national sur la pluralité des références et des appartenances politiques, car la phase à venir ne tolère ni hésitation ni division.

Le plus dangereux qui peut se produire aujourd'hui est que les questions vitales deviennent des détails techniques, et que le débat se résume à des projets de logement et de reconstruction, alors que, en arrière-plan, se posent des questions de souveraineté, de propriété et de décision nationale.

Les Palestiniens peuvent diverger sur la politique, mais ils ne devraient pas diverger sur la terre. Elle n'est pas juste un actif immobilier, mais elle est le fondement de l'identité, le symbole de la souveraineté, et la garantie de l'avenir.

Peut-être que c'est un moment qui nécessite de tirer la sonnette d'alarme, car les réalités imposées sur le terrain sont difficiles à changer une fois établies. Si une position palestinienne unifiée qui protège le droit du peuple à sa terre n'émerge pas, les générations futures pourraient se retrouver face à une réalité qu'elles n'ont pas créée, mais dont elles devront assumer les conséquences.

L'histoire reste, comme elle l'a toujours été, un témoin inoubliable. Elle écrira qui a défendu la terre, qui est resté silencieux, et qui a négligé un droit qu'aucun ne devrait bafouer.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.