Que direz-vous lorsque nous vous demanderons : Qu'avez-vous laissé pour nous ?
Il y a des questions qui ne s'éteignent pas avec la disparition de leurs interlocuteurs.
Des questions qui restent suspendues dans l'air entre le ciel et la terre, attendant le moment où l'homme se tient devant l'histoire, non devant les caméras.
Et parmi les questions les plus difficiles :
Que direz-vous lorsque nous vous demanderons : Qu'avez-vous laissé pour nous ?
La question ne portera pas sur le nombre de discours futiles prononcés.
Ni sur le nombre de slogans mensongers brandis.
Ni sur le nombre de fois où l'amour de la patrie a été proclamé faussement.
Car la patrie ne juge pas ses enfants sur ce qu'ils en ont dit, même mensongèrement…
Mais sur ce qu'ils ont fait pour elle.
Une génération viendra qui ne connaîtra pas tous les détails de cette période sordide.
Elle ne portera pas tous les petits et sales litiges.
Et ne vivra pas toutes les justifications dites à chaque étape.
Mais elle verra le résultat sordide.
Et elle demandera :
Comment aviez-vous toutes ces ressources…
et puis nous avons atteint ce niveau de fatigue ?
Et la vérité qui ne doit pas être effacée de la mémoire :
Cet pays n'a jamais été un pays pauvre.
Ce n'était pas une terre sans ressources.
Et ce n'était pas un peuple attendant que quelqu'un lui apprenne comment construire la vie.
C'était un pays riche.
Riche en argent.
Riche en humanité.
Riche en science et en expérience.
Riche en hommes et en femmes, en commerce, en agriculture, en institutions, grâce aux esprits de ses enfants qui ont réalisé le succès malgré toutes les conditions.
C'était un peuple capable de bâtir.
Et capable de se relever.
Et possédant une volonté que les longues années n'ont pas pu briser.
Et il possédait quelque chose qui ne s'achète pas :
Sa dignité.
Et il avait sa pierre…
Cette pierre qui n'était pas qu'une simple pierre.
C'était le symbole de la volonté de l'homme lorsqu'il décide de dire : Je suis ici.
Vient ensuite la question la plus difficile :
Que avons-nous fait de toute cette richesse ?
Car les nations ne perdent pas seulement lorsque l'argent diminue.
Elles peuvent perdre lorsque la boussole se déroge.
Lorsque les petits intérêts sordides deviennent plus grands que les grands rêves.
Lorsque la préservation du présent sale devient plus importante que la construction de l'avenir.
La confiance n'est pas un poste.
Ni un titre.
Ni une période donnée que l'on vit puis qui se termine.
La confiance est l'empreinte.
Elle est ce qui reste après le départ des porteurs de noms.
Elle est le chemin que la génération à venir trouve plus clair.
Elle est la patrie qui devient plus forte, non plus épuisée.
Car l'histoire ne demande pas :
Combien de fois avez-vous parlé de l'amour de la patrie "malgré vos mensonges" ?
Mais elle demande :
Comment avez-vous prouvé cet amour "mensonger" ?
Et elle ne demande pas :
Combien de temps êtes-vous restés "dégoûtants" ?
Mais elle demande :
Que avez-vous fait durant ce séjour "forcé" ?
Viendra un jour où nos enfants se tiendront devant cette période sordide.
Ils ne chercheront pas la quantité de paroles "mensongères".
Mais la vérité que vous ne connaissez pas.
Iles ne demanderont pas qui était le plus présent malgré son absence.
Mais qui a eu le plus d'impact.
Et ils poseront la question dont personne ne peut échapper :
Lorsque la patrie était dans vos mains par la force… que avez-vous laissé pour nous ?
Car la plus grande chose qu'un homme laisse n'est pas ce qu'il possède pour lui-même…
Mais ce qu'il laisse à ceux qui viennent après lui :
Une patrie plus forte.
Un rêve plus proche.
Et un lendemain qui mérite tous les sacrifices qui nous ont précédés.
Et nous ne voulons que votre intervention, ô Seigneur des pays, pour nous sauver de ce qui a été fait…
Que direz-vous lorsque nous vous demanderons : Qu'avez-vous laissé pour nous ?
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