Gaza : entre l'extinction et l'effondrement du système de protection internationale, et l'absence de responsabilité nationale
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Gaza : entre l'extinction et l'effondrement du système de protection internationale, et l'absence de responsabilité nationale

En Palestine, en particulier dans la bande de Gaza, les violations ne sont plus de simples faits isolés, elles représentent désormais un schéma systématique de crimes portant atteinte au cœur de la protection reconnue par le droit international humanitaire aux civils. Ce qui se passe à Gaza n'est pas une guerre mais une agression brutale exercée par une force d'occupation raciste agissant comme si elle était au-dessus du droit international. La cible des civils, la destruction des infrastructures, le blocus, la famine, le déplacement forcé et la punition collective, sont toutes des pratiques prohibées par les conventions de Genève de 1949, et constituent des violations graves qui ne peuvent être justifiées par des prétextes militaires ou sécuritaires.

Selon le statut de Rome de la Cour pénale internationale, ces actes relèvent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, y compris le ciblage des civils, l'utilisation de la famine comme moyen de guerre, la destruction de biens et de logements, y compris des établissements de santé, d'éducation et humanitaires, et l'imposition de la punition collective, des actes qui sapent les principes fondamentaux du droit international humanitaire.

Génocide : soupçon ou crime achevé ?

Le débat juridique international n'est plus limité aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité, mais s'est étendu aux crimes internationaux les plus graves, à savoir le génocide. La situation à Gaza est entrée dans le domaine de la vérification judiciaire en vertu de la convention de prévention du crime de génocide de 1948, et la Cour internationale de justice a reconnu l'existence d'actes pouvant relever de ce crime.

De nombreuses organisations de droits humains internationales considèrent également que ce qui se passe à Gaza s'apparente à un génocide ou à des actes relevant de son champ d'application, en raison de l'ampleur des meurtres, du ciblage large et répétitif des civils, en particulier des enfants et des femmes, de la destruction systématique des conditions vitales, et de l'utilisation du blocus, de la famine et du refus de l'accès aux ressources de survie.

Quand la loi échoue face à la force

Le problème ne réside pas dans l'absence de textes juridiques, mais dans le manque de volonté politique et des mécanismes d'obligation. Le blocage du Conseil de sécurité, le soutien militaire et politique continu à Israël, et le double standard dans l'application du droit international, ont vidé le système de protection internationale de son contenu pratique. En revanche, une grande partie de la communauté internationale se contente de déclarations de préoccupation et de condamnation, tandis que les faits sur le terrain continuent sans changement. Cette contradiction entre la gravité du crime et la réponse limitée révèle une crise profonde dans le système international.

Après le cessez-le-feu : gérer la guerre par d'autres moyens

Malgré ce qui a été appelé un accord de cessez-le-feu, et bien que la résistance ait respecté ses engagements durant la première phase, Israël n'a pas respecté les exigences de l'accord, continuant ses opérations militaires et sa politique de meurtre et de ciblage quotidien des civils. En même temps, les forces d'occupation ont continué à imposer de nouveaux faits sur le terrain en élargissant les zones de contrôle militaire à l'intérieur de la bande de Gaza, ce qui a entraîné une réduction significative des espaces disponibles pour la population et la transformation de vastes parties de Gaza en zones interdites ou menacées. De plus, les engagements relatifs à l'entrée de maisons mobiles ou au début effectif de la reconstruction n'ont pas été respectés, laissant des centaines de milliers de Palestiniens dans des conditions humanitaires sévères.

Quant aux arrangements pour la gestion du secteur, ils sont restés bloqués, car la Commission de gestion de Gaza n'a pu exercer aucun rôle effectif, et ses membres n'ont pas été autorisés à entrer dans la bande, ce qui menace de transformer cette commission d'un cadre formel en simple couverture de la réalité des plans israéliens de maintenir le secteur dans un vide politique et administratif pour exécuter une stratégie de déplacement massif si l'occasion s'en présente. La gravité de ces faits ne se limite pas à la poursuite de la souffrance humaine, mais s'étend à la tentative d'imposer de nouveaux arrangements politiques et sécuritaires, et de gérer la guerre par d'autres moyens en consolidant les faits sur le terrain et en empêchant l'émergence d'une référence palestinienne capable de gérer la phase d'après-guerre.

En revanche, ces développements soulèvent de grandes questions palestiniennes sur la continuité des enjeux des parties palestiniennes dominantes sur la scène, et l'attachement de chacune d'elles à la possibilité de dominer la prochaine phase seule, sans tenir compte de l'ampleur de la catastrophe nationale qui a frappé le peuple palestinien.

L'impuissance internationale et le vide politique palestinien

L'expérience palestinienne a prouvé que compter uniquement sur la justice du système international n'est pas suffisant, tout comme se contenter de condamner les violations ne les arrête pas. Le droit international ne fonctionne pas dans un vide, mais est influencé par les rapports de force et la capacité à transformer les textes en outils de pression et de responsabilité. Ainsi, le défi palestinien ne réside pas seulement dans la preuve du crime ou sa qualification juridique, mais dans la construction d'une force nationale, politique, juridique et morale capable de transformer le capital moral et juridique accumulé par la question palestinienne en éléments de véritable influence.

Une stratégie palestinienne de confrontation

Il est urgent de développer une stratégie nationale globale basée sur l'unité de la représentation politique, et l'accord national pour reconstruire le système politique palestinien sur des bases démocratiques et participatives, ce qui permettrait au peuple palestinien de disposer d'une référence nationale unifiée capable de gérer le conflit sur les plans politique, juridique et diplomatique. La division interne n'est plus une simple crise politique, mais est devenue l'un des facteurs les plus dangereux affaiblissant la capacité palestinienne à protéger et à défendre les droits nationaux, ouvrant la voie à l'imposition d'arrangements qui dépassent la volonté nationale commune.

En même temps, la réalité impose aux Palestiniens d'investir dans le capital moral et juridique que la question palestinienne a acquis dans l'opinion publique mondiale, dans les universités, les syndicats, les organisations de la société civile et les mouvements de solidarité internationaux, car le conflit est également devenu un conflit sur la légitimité, le récit et la conscience mondiale.

Pour que le génocide ne devienne pas un destin

La protection de la patrie et le droit de notre peuple à une vie digne ne commencent pas seulement par la lutte contre le crime, mais par la capacité de reconstruire les éléments de la résistance nationale, de préserver le tissu social et d'unifier la volonté politique. Les peuples sous occupation ne gagnent pas seulement avec les moyens de la force, mais aussi avec la capacité à survivre et à empêcher le crime d'atteindre ses objectifs politiques.

Peut-être que le plus dangereux que le Palestinien puisse offrir à son bourreau est de se rendre à l'impuissance ou d'accepter que les rapports de force soient un destin éternel. L'occupation peut avoir la force, mais elle n'aura jamais la légitimité, et la loi peut être retardée, mais elle ne perdra pas sa valeur tant qu'il y a un peuple qui s'accroche à ses droits et qui continue sa lutte pour la liberté, la dignité et la vie.

Et si l'impuissance du système international a permis la continuité du crime, alors la responsabilité historique des Palestiniens ne réside pas dans l'attente d'une justice ajournée, mais dans la construction d'éléments de force nationale, politique, juridique et morale qui empêchent de transformer le génocide en destin ou l'injustice en réalité permanente.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.