Pour que le Fatah ne se transforme pas en parti du président
Nous souhaitons bonne chance à la nouvelle direction du Fatah et espérons que la page du débat autour du huitième congrès de Fatah sera tourné, permettant à la nouvelle direction de se concentrer sur les défis de la lutte contre l’occupation, tant en Cisjordanie qu’à Gaza. Cependant, ce qui s'est passé lors du congrès, caractérisé par un manque de clarté et de transparence, a laissé des répercussions et des défis internes qui affecteront le travail du mouvement. On ne peut ignorer le grand nombre d’exclus du congrès ou les contestataires de l’organisation électorale et de ses résultats, qui ne sont pas moins importants et attachés au mouvement que les participants au congrès. De plus, ceux qui peuvent être classés comme penseurs et intellectuels étaient absents des membres du comité central et du conseil révolutionnaire. Nous espérons que ce problème sera traité dans la nouvelle composition du conseil consultatif, qui devrait se voir accorder des pouvoirs effectifs et former un groupe de réflexion stratégique en son sein. Il est également impossible d'ignorer que la "répartition régionale et internationale" était manifeste dans la composition du comité central ; la présence de certains membres dans leurs postes reste liée à leur appartenance à la Jordanie, aux États-Unis et à d'autres entités, tandis que l’exclusion de certaines personnes est le résultat de règlements de comptes liés à leur période de travail sur le dossier des biens de l'organisation au Liban et des armes des factions là-bas, en plus de leurs positions pro-Hamas qui ont suscité la colère des Palestiniens de Gaza.
Tout ceci, et étant donné que la marque du président était évidente tout au long du congrès, suscite des craintes que le nouveau Fatah soit sur le point de devenir le parti du président et de l’autorité, s’éloignant de ses origines et de ses principes fondateurs. Cela engendre également des inquiétudes quant au renforcement de la position du courant réformiste (le groupe Dhalan), ce qui pourrait entraîner l'émergence de factions ou de nouveaux partis au sein du Fatah en concurrence avec l'organisation centrale après le départ du président, si des réconciliations rapides au sein du Fatah ne sont pas effectuées et si la nouvelle direction ne prend pas des mesures rapides en faveur de l'établissement d'une stratégie et d'un programme politique pour la prochaine période.
Point de départ palestinien : Les grandes questions et le début des réponses
Débat sur la nature du système politique palestinien entre dualité des légitimités et poss...
La société palestinienne de combustibles : d'une dépendance à un partenariat
La société palestinienne de combustibles : de la dépendance au partenariat
Palestine : entre transformations internationales et crise de leadership
Pas d'État mais une cabane ou une tente
Dans un contexte de baisse du dollar et des carburants, pourquoi les prix ne baissent-ils...