Quand le leadership devient finalement une tranchée pour le peuple
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Quand le leadership devient finalement une tranchée pour le peuple

Dans cet Orient fatigué où les capitales tombent, où les patelins se perdent et où les positions changent avec la première tempête, la Palestine se dresse comme la dernière des histoires qui résiste encore à la chute, avec à sa tête un homme portant sur ses épaules la douleur d'un peuple entier, un peuple qui n'a connu depuis des décennies que le blocus, la trahison, les guerres et l'attente.

N'être pas facile d'être président d'un peuple opprimé, mais il est encore plus difficile d'être président d'un peuple vivant une oppression qui ne ressemble à aucune autre, un blocus qui ne ressemble à aucun autre et une cible inlassable depuis des décennies.
En Palestine, le leadership ne se mesure pas au nombre de discours ou au nombre de photos, mais à la quantité de feu sous lequel on marche chaque jour pour que ce peuple reste debout.

Depuis le début de la révolution palestinienne jusqu'à ce jour, le président Mahmoud Abbas n'a connu le goût du repos, et la direction centrale du mouvement national palestinien Fatah n'a connu aucun moment de calme ni de sérénité.

De nombreuses années de pressions politiques, d'essais de briser la volonté nationale, de divisions internes et d'attaques continues contre la cause palestinienne, et pourtant, l'homme est resté ferme dans sa position, s'accrochant au droit de son peuple à la liberté, à l'État, à l'indépendance et à la paix, croyant que la Palestine mérite d'être protégée, peu importe la tempête.

Cet homme qui a accompagné des grands, de Yasser Arafat à la génération des fondateurs et des lutteurs, n'a jamais abandonné sa conviction que le peuple palestinien mérite une vie digne et que la responsabilité de la direction n'est pas seulement des mots prononcés, mais une longue patience face à la douleur, à la trahison et aux énormes pressions exercées de tous côtés.

Et peut-être que l'une des déclarations les plus profondes que l'on peut évoquer dans ce contexte est celle de Dieu Tout-Puissant :
﴿Celui qui les a nourris de la faim et les a mis en sécurité de la peur﴾,

Un verset qui est devenu dans la pensée du président Abu Mazen et de son approche un principe d'action politique et humanitaire, basé sur la protection de l'homme palestinien et la sauvegarde de sa dignité, ainsi que l'effort constant pour assurer son pain quotidien, sa sécurité et sa stabilité sur sa terre malgré toutes les circonstances difficiles.

Et malgré la fatigue, le président parcourt le monde encore et encore, non pas à la recherche de gloire personnelle, mais dans le but de protéger son peuple, de briser le blocus politique et économique qui pèse sur lui et de rassembler le plus grand soutien possible pour la cause palestinienne.

Voici qu'il a ses frères dans le comité central qui se répandent dans les capitales du monde, l'un à Amman, l'autre à Damas, et un autre au Canada, portant avec eux la douleur de la Palestine vers le monde entier et tentant d'ouvrir toutes les portes qui peuvent atténuer le fardeau de ce peuple épuisé par les guerres, la faim, le blocus et la division.

Et malgré tout ce qui s'est passé, la détermination de faire de la légitimité un produit des urnes électorales, et non à travers le chaos ou l'imposition de faits accomplis, reste intacte.

Tout le monde a témoigné que les élections municipales ont eu lieu en Cisjordanie et même dans la bande de Gaza quand cela a pu être fait, dans un message clair disant que le projet national palestinien croit encore en la démocratie et en le droit du peuple de choisir ses représentants.

Et demain, lorsque la huitième conférence du mouvement Fatah se réunira, ce ne sera pas simplement une réunion organisationnelle, mais une station nationale pour renouveler le pacte avec le peuple palestinien et revigorer la conviction que ce mouvement qui a sacrifié des milliers de martyrs, de prisonniers et de blessés, est toujours capable de porter le projet national et de le défendre dans les conditions les plus difficiles.

Au sein de ce mouvement, les fils de Fatah savent bien comment distinguer entre ceux qui servent le peuple et ceux qui se servent eux-mêmes.

Les fils de Fatah regardent avec admiration et ouverture chaque personne qui se met en avant pour servir le peuple palestinien et protéger sa cause, mais en même temps, ils gardent un œil vigilant et critique sur les profiteurs, car être occupé à construire la gloire nationale avec le président et avec Fatah ne signifie pas du tout ignorer ceux qui essaient d'exploiter la souffrance des gens pour accumuler pouvoir, richesses et intérêts personnels.

Fatah, qui a fait la révolution, sait bien comment protéger son projet national et comment distinguer entre le véritable combattant et ceux qui revêtent le manteau de la nationalité à la recherche d'un privilège, d'un siège ou d'un profit.

Que la miséricorde soit sur nos martyrs honorables qui ont écrit avec leur sang l'histoire de la Palestine et que la liberté urgente soit accordée à nos valeureux prisonniers dans les prisons de l'occupation, ceux qui ont sacrifié leur vie pour la dignité de cette patrie.

Il ne peut y avoir de peuple qui oublie ses martyrs, ni de cause qui reste vivante sans fidélité aux prisonniers de la liberté qui attendent l'aube derrière les barreaux.

Oui… la période est dure, l'occupation devient de plus en plus sauvage, et les pressions se multiplient de jour en jour, mais le président reste ferme malgré tout ce qui lui est imposé et reste attaché aux constants nationaux, et surtout, il a derrière lui un peuple qui sait bien qui l'a soutenu dans les moments les plus difficiles, et qui a porté la cause lorsque tout le monde était fatigué.

Au président Mahmoud Abbas…

Aux membres du comité central, chacun à son nom et à sa fonction…

Continuez à protéger les fils de ce peuple, car un peuple entier voit encore dans votre résistance une protection du projet national palestinien au milieu de cette grande obscurité.

Et à tous ceux qui ont servi la Palestine avec loyauté : qu'ils soient politiques, combattants, mères patientes ou jeunes portant le rêve d'un État dans leur cœur… nous sommes avec vous.

Quant à ces opportunistes qui exploitent la douleur palestinienne et cherchent leur propre intérêt sur le dos des fatigués, l'histoire palestinienne n'a jamais épargné les malfaiteurs et ne les épargnera pas aujourd'hui.

Ils passeront comme les autres et la Palestine restera aux mains de ceux qui la méritent, de ceux qui portent la cause et qui ont gardé la confiance et ne l'ont pas trahie.

La Palestine ne cherche pas des héros en papier…

La Palestine recherche ceux qui restent debout lorsque le pays est épuisé.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.