Knesset israélien : de la légalisation des colonies à la destruction des fondements de l'État palestinien
Ce qui se passe au Knesset israélien ces derniers mois dépasse la politique intérieure ou des décisions économiques éphémères. C'est un processus intégré d'annulation des fondements de l'État palestinien sur le terrain, économiquement, juridiquement et géographiquement, ignorant tous les accords signés, y compris Oslo, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité, le droit international humanitaire, et notamment la quatrième convention de Genève qui interdit le transfert de populations occupantes vers les territoires occupés.
Ce processus a commencé par une décision de légaliser de nouvelles colonies dans le nord de la Cisjordanie, alors que la plupart d'entre elles étaient considérées comme des points illégaux même selon la loi israélienne. Une telle étape a transformé ces colonies en entités officielles liées à un réseau routier et à l'infrastructure israélienne, renforçant ainsi leur présence et les rendant économiquement et démographiquement stables.
Cette mesure a en pratique conduit à cerner les grandes villes palestiniennes, à isoler leurs terres agricoles et à défaire la continuité géographique qui est l'un des piliers les plus importants de l'État palestinien futur.
Par la suite, le Knesset israélien a approuvé une série de décisions modifiant les mécanismes de propriété foncière dans les zones (A), (B) et (C), y compris la levée du secret sur les registres de propriété et l'annulation de certaines restrictions sur la vente des terres et le changement des mécanismes de leur enregistrement, permettant à des acheteurs israéliens d'entrer en contact direct avec les propriétaires palestiniens.
Selon les médias israéliens ouverts, ces mesures concernent des milliers de dounams qui étaient sous la protection de la loi jordanienne avant 1967, ouvrant la porte à l'expansion organisée et systématique de la colonisation.
Le gouvernement israélien a également élargi ses pouvoirs de surveillance pour inclure les zones (A) et (B) sous prétexte de violations de la construction ou d’affaires touchant à l'eau et aux antiquités, ce qui permet d'exécuter des opérations de démolition et de confiscation même dans des zones gérées officiellement par l'Autorité palestinienne.
Cette démolition juridique et administrative est considérée comme contraire aux accords signés, y compris Oslo, et aux résolutions du Conseil de sécurité international qui affirment l'illégalité de la colonisation.
Dans le même temps, le Knesset s'efforce d'étouffer toute activité économique palestinienne indépendante, avec l'exemple frappant du projet de l'homme d'affaires palestinien Bashar al-Masri, qui prévoit la construction d'un complexe hôtelier et résidentiel en face des murs de la vieille ville de Jérusalem.
Le projet soutient des secteurs stratégiques comme le tourisme, le logement et les services, englobant l'activité d'al-Masri en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Gaza, y compris la ville de Rawabi, qui représente la première ville palestinienne planifiée et moderne.
Cette cible survient sur fond d'une action en justice contre lui aux États-Unis par des familles de victimes israéliennes lors de l'attaque du 7 octobre, dont le sort n'est pas encore tranché, et ce dossier pourrait être exploité politiquement comme un prétexte pour empêcher ou retarder ses investissements à Jérusalem.
L'annulation de tels projets ne signifie pas seulement la perte d'un projet individuel, mais envoie un message de dissuasion à tout investisseur palestinien ou palestinien-étranger qui envisage de soutenir l'économie palestinienne dans la ville sainte et dans le pays en général.
Le président de la commission de l'intérieur du Knesset israélien, Isaac Kruiger, a lancé une attaque contre l'homme d'affaires palestinien Bashar al-Masri, l'accusant de « soutenir le terrorisme ».
Ainsi, se profile la politique israélienne : légalisation de nouvelles colonies, notamment dans le nord de la Cisjordanie, redéfinition des lois sur la terre pour faciliter le contrôle israélien, élargissement des pouvoirs de l'administration israélienne dans les territoires de l'Autorité palestinienne, et ciblage des investissements palestiniens vitaux pour saper leur résilience économique.
Ce processus ne cible pas l'économie en tant que but, mais comme l'une des dernières manifestations de la résistance palestinienne sur le terrain et l'un des piliers de l'État futur.
Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas simplement une « modification légale » ou une expansion coloniale, mais un plan systématique pour annuler progressivement les fondements de l'État palestinien : la terre, la souveraineté, les accords internationaux, et l'économie.
Lorsque ce processus est mené avec des législations ignorant le droit international et les résolutions des Nations Unies, le conflit sur la terre devient un conflit sur la légitimité même de l'existence palestinienne.
La question aujourd’hui est : les pays et la communauté internationale resteront-ils les bras croisés, ou y a-t-il un espoir d'empêcher la destruction des fondements de l'État palestinien avant qu'il ne soit trop tard ?
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