Le crime comme une question collective : le soutien aux Palestiniens de 1948 est une responsabilité nationale
Depuis sa création, le colonialisme s'efforce de fragmenter le peuple palestinien en séparant de force ses composantes géographiques, politiques et sociales. Cette séparation n'est pas le résultat d'un parcours historique transitoire, mais résulte d'une politique délibérée visant à briser l'unité de la communauté palestinienne, à affaiblir sa capacité d'action collective et à la transformer en groupes séparés, chacun ayant des conditions de vie différentes et des revendications variées.
Cette réalité a été présentée comme un destin politique et juridique fixe, masquant en son cœur la logique de contrôle colonial fondée sur le démantèlement de la société soumise à la gouvernance, et la gestion de ses crises internes plutôt que de la traiter comme un bloc politique unifié. Ce démantèlement ne crée pas de dangers séparés pour chaque communauté palestinienne, mais génère un danger structurel qui touche tous les Palestiniens ; car le colonialisme, en frappant une partie du corps national, parie sur l'épuisement de l'ensemble.
Dans ce contexte, la criminalité organisée et le meurtre rampant au sein de la communauté palestinienne dans les territoires occupés en 1948 deviennent une expression directe de ce danger structurel. Ce qui rend la violence actuelle un danger national global touchant l'ensemble de la situation palestinienne, et non une crise locale isolée qui concerne uniquement les Palestiniens de l'intérieur.
Ces dernières années, les taux de criminalité et de meurtres au sein de la communauté palestinienne de l'intérieur ont considérablement augmenté ; en 2025, environ 525 Palestiniens ont été tués, selon des données d'organisations de droits humains et des reportages médiatiques. Cette montée ne peut pas être comprise comme une dérive sociale soudaine ou le résultat d'un échec culturel interne, comme le tente de le décrire le discours israélien, mais plutôt comme le résultat d'un long parcours de politiques structurelles qui ont accumulé les conditions de violence.
Le discours politique et médiatique dominant en Israël essaie de faire porter la responsabilité de cette réalité à la communauté palestinienne elle-même, et la criminalité est représentée comme le produit d'une culture de violence interne ou d'un défaut des valeurs sociales, ou encore d'un échec dans l'éducation et le contrôle de soi. Ce discours n'est pas innocent ; il déplace la responsabilité des politiques publiques vers la victime, et blanchit le système de gouvernance de son rôle structurel dans la production de violence.
De ce fait, traiter la criminalité dans la région de 1948 comme une question interne isolée est une approche faible et dangereuse. Car ce crime n'est pas une question de sécurité locale ni une crise sociale séparée du contexte politique, mais fait partie du système colonial qui gère les Palestiniens à travers des crises. Ainsi, ce phénomène nécessite un soutien palestinien collectif provenant de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la diaspora, basé sur un partenariat et la réalisation que le danger est unique, même s'il prend des formes et des limites géographiques différentes.
Ce soutien commence par un soutien médiatique conscient. La publication de brochures, de déclarations et d'annonces appelant à lutter contre la criminalité et à réduire les meurtres sort le sujet de son cadre local étroit et brise l'isolement médiatique imposé aux victimes. Les médias ne sont pas ici seulement un moyen de transmettre des nouvelles ou d'exprimer une sympathie morale, mais un outil de formation de la conscience et de pression politique. Lorsqu'un Palestinien en Cisjordanie, à Gaza ou à l'étranger participe à la diffusion de ce discours, il relie le crime à son contexte national et lui donne une présence plus large dans l'espace arabe et international, empêchant ainsi de le traiter comme un problème interne qui ne concerne que les habitants des territoires occupés en 1948.
Le deuxième parcours consiste à contribuer à exposer le rôle colonial dans la prolifération de la criminalité. Cela nécessite un discours analytique clair basé sur les données et déconstruisant la narration qui blâme la communauté palestinienne elle-même. La mise en évidence de la discrimination dans l'application de la loi, de la complaisance délibérée à l'égard de la prolifération des armes, et de l'hésitation dans les enquêtes et les comptes rendus redéfinit le crime comme le résultat d'une politique plutôt que d'une culture ou d'un défaut social intrinsèque. Cette déconstruction est nécessaire pour empêcher que le crime soit utilisé comme un outil de diabolisation collective, et pour le transformer en un dossier de responsabilité politique et juridique touchant la structure du pouvoir elle-même.
Troisièmement, le lancement de campagnes de soutien aux mouvements populaires réclamant l'arrêt de la criminalité constitue un élément crucial pour transformer la colère locale en une force de pression nationale. Les mouvements qui se sont manifestés dans les villes palestiniennes en 1948 expriment une conscience croissante de la gravité de la réalité en cours, mais font face à des tentatives de marginalisation et de déformation. Lorsque les campagnes numériques et médiatiques en Cisjordanie, à Gaza et dans la diaspora coïncident avec ces mouvements, la voix locale se transforme en un écho national collectif. L'unification des messages, des slogans et des moments renforce le sentiment de destin commun et confirme que les Palestiniens agissent comme une seule entité politique malgré les tentatives de séparation.
Quatrièmement, il est crucial de créer ou de participer publiquement à un observatoire palestinien unifié sur la criminalité dans les territoires occupés en 1948. Un observatoire professionnel impliquant des juristes de différentes régions palestiniennes qui documente les crimes, collecte des données, suit les enquêtes, et publie des rapports précis et périodiques. La présence d'un tel observatoire prévient la perte de chiffres et fait face à la manipulation officielle des données, fournissant une base de données au service des médias, des avocats et des chercheurs. Il constitue également un espace de soutien communautaire pour les familles des victimes et déplace le crime de la catégorie d'une simple nouvelle à un dossier suivi et questionné de manière systématique.
Cela ne signifie pas que ce parcours décharge la communauté palestinienne elle-même de la responsabilité de renforcer sa résilience interne ou de minimiser l'importance des initiatives locales de prévention et de sensibilisation, mais il remet cette responsabilité dans son contexte approprié. Une communauté vivant sous un régime de discrimination et de colonialisme ne peut pas être exigée de porter l'intégralité du fardeau. Imputer la responsabilité à la victime sert le colonisateur, tandis que décomposer la structure qui produit la violence ouvre des horizons pour une action collective consciente et redirige la colère vers sa véritable source.
Les Palestiniens de l'intérieur, de Cisjordanie, de Gaza et de la diaspora peuvent désigner un jour chaque année ou chaque trimestre pour se solidariser avec les victimes de la criminalité dans les territoires de 1948. En ce jour, les noms des victimes et leurs histoires documentées sont publiés, des campagnes numériques unifiées avec le même slogan sont lancées, et des manifestations symboliques sont organisées au même moment lorsque cela est possible, en se concentrant sur le fait d'imputer aux politiques structurelles la responsabilité de la prolifération de la violence. De cette manière, la criminalité se transforme d'une nouvelle répétée en une question nationale collective.
En somme, la criminalité dans les territoires occupés en 1948 est considérée comme une menace nationale globale. Le colonialisme qui cherche à séparer les Palestiniens nécessite une réponse qui dépasse les réactions partielles, une réponse qui reconnecte ce qui a été coupé et transforme la solidarité d'une position morale transitoire en une pratique politique quotidienne. Lorsque le Palestinien partout comprend que la sécurité du Palestinien de l'intérieur fait partie intégrante de sa sécurité collective, la lutte contre la criminalité devient une partie intégrante d'une bataille plus large contre le projet même de déconstruction coloniale.
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