Un article de Bloomberg avertit Trump contre "l'arrogance" avec l'Iran et le risque de se laisser entraîner par Israël
Dernières actualités

Un article de Bloomberg avertit Trump contre "l'arrogance" avec l'Iran et le risque de se laisser entraîner par Israël

SadaNews - Un article publié par Bloomberg met en garde contre l'"arrogance américaine" envers l'Iran sans un plan clair, suggérant que toute frappe pourrait se transformer en un chaos régional. L'article ajoute que Trump méconnaît la réalité iranienne et se contente de se laisser entraîner par Israël, ce qui menace la région.

L'article prévient du dangereux mépris de la direction américaine pour la société iranienne, que l'on a menacé de bombarder pour la deuxième fois cette année. Il souligne que le manque de "plan final clair" de la part du président américain Donald Trump pourrait transformer toute frappe militaire en un chaos régional complet, répétant ainsi des échecs historiques.

Le chroniqueur du site, Marc Champion, affirme que la question la plus importante aujourd'hui n'est pas ce que Washington fera face à l'Iran, mais : combien sait-elle vraiment sur le pays ? Est-elle consciente des conséquences de déstabiliser un pays de 90 millions d'habitants sur la région et sur la Turquie et les pays du Golfe ? Ou se contente-t-elle de se laisser guider par les désirs israéliens ?

Champion a qualifié les demandes de Trump de "dispersées" ; elles oscillent entre arrêter de tuer des manifestants (suite aux manifestations de janvier) et démanteler le programme nucléaire, réduire les missiles balistiques et mettre fin au soutien de ses mandataires dans la région, ce qui désoriente Téhéran et la communauté internationale.

Selon l'auteur, cette confusion n'est un succès stratégique que si Trump opère dans le cadre d'un plan visant à distraire l'adversaire et à renverser le régime iranien ou à imposer une fin claire, mais la réalité est qu'il n'existe pas un tel plan, et que l'Iran représente un vide renseigné dangereux pour Washington.

L'auteur met en garde contre l'"arrogance" qui illusionne les dirigeants en leur faisant croire que la seule force militaire suffit à changer la réalité politique des pays.

Il rappelle ici l'échec des services de renseignement américains en 1977, lorsque le président américain de l'époque, Jimmy Carter, a décrit l'Iran comme une "oasis de stabilité" seulement quelques jours avant le début de la révolution islamique.


Il met en garde que compter sur des canaux de renseignement secondaires comme Israël ou un autre pays "observateur" ne suffit pas à comprendre les complexités des réponses des Gardiens de la Révolution ou du peuple iranien face aux frappes aériennes, ni à se préparer à leurs conséquences.

Champion conseille à la direction américaine de reconnaître ce qu'elle ne sait pas sur l'Iran et met en garde contre l'"arrogance" qui illusionne les chefs en leur faisant croire que la seule force militaire suffit à changer la réalité politique des pays, se souvenant de l'échec historique de Washington en Afghanistan et en Irak.

L'auteur estime que Washington doit maintenant donner la priorité à la clarification de ses objectifs en Iran : l'objectif est-il un nouvel accord nucléaire ou un changement de régime ? Comment sera-t-il géré le chaos qui suivra cela ?

Les divergences entre les priorités américaines et israéliennes

Dans ce contexte, l'auteur rappelle à la direction américaine que l'objectif d'Israël de renverser le gouvernement iranien ne coïncide pas nécessairement avec les intérêts des États-Unis.

Il explique qu'Israël considère le régime iranien comme une menace "existentielle", ce qui la rend prête à supporter quelles que soient les conséquences, même si cela mène à des missiles sur Tel Aviv ou à une guerre régionale ou à un chaos à l'intérieur de l'Iran.

Washington n'est pas dans la position d'Israël, et elle doit prendre en compte la stabilité de la région, ainsi que les préoccupations de ses alliés qui subiront les conséquences de l'effondrement iranien.

Cependant, Washington n'est pas dans la position de Tel Aviv, et elle doit prendre en compte la stabilité de la région, ainsi que les préoccupations de ses alliés qui supporteront les conséquences de l'effondrement iranien, car la Turquie craint des vagues de réfugiés, et les pays du Golfe craignent des frappes contre leurs installations pétrolières.

L'auteur conclut que le plus grand danger est qu'avec tous ces périls, Trump ne possède probablement pas de "plan final" clair, et qu'il pourrait considérer la puissance américaine comme une "marteau" cherchant des clous.

La réalité actuelle soulève une question fondamentale selon Champion : la vanité de Trump sera-t-elle satisfaite par un accord nucléaire qui préserve la face du guide suprême Ali Khamenei ou Washington va-t-elle augmenter le niveau d'escalade puis appuyer sur la détente sans tenir compte de ce qui vient après la frappe ?

Source : Bloomberg