Négociations décisives ou nouvelle tactique... Qu'est-ce qui a changé en deux jours dans le "Projet de liberté" dans le détroit d'Hormuz ?
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Négociations décisives ou nouvelle tactique... Qu'est-ce qui a changé en deux jours dans le "Projet de liberté" dans le détroit d'Hormuz ?

SadaNews - L'annonce du président américain Donald Trump de suspendre le "Projet de liberté", une opération militaire visant à accompagner les navires dans le détroit d'Hormuz, ainsi que la confirmation de son secrétaire d'État Marco Rubio de la fin des opérations offensives dans l'opération "Colère épique", soulèvent deux questions urgentes : Qu'est-ce qui a changé en deux jours ? Cela reflète-t-il une approche imminente des négociations vers un moment décisif mettant fin à la guerre, ou n'est-ce qu'un simple test temporaire dans le cadre d'un conflit ouvert ?

"Progrès significatif"

Trump a annoncé la suspension du Projet de liberté deux jours après son lancement, précisant que cette décision visait à donner une chance de finaliser un éventuel accord avec l'Iran, indiquant un "progrès significatif" vers un accord global.

Bien que Trump n'ait pas donné de calendrier pour cette suspension, il a affirmé que la mesure était temporaire et ne touchait pas à l'essence du blocus maritime imposé à Téhéran, qui restera en vigueur dans toute sa force.

Trump a lié ce développement à ce qu'il a qualifié de succès militaire et de progrès vers un accord global, en notant que la décision était en réponse à une demande directe du Pakistan et d'autres pays non nommés, dans le cadre des efforts de médiation internationale pour réduire les tensions et mettre fin à la guerre.

Cet annonce américaine pourrait représenter un recul temporaire de "l'armement du détroit d'Hormuz", ouvrant la porte à la possibilité de reprendre un second tour de négociations à Islamabad avec de plus grands espoirs d'un dégel politique.

De plus, le ton de Trump révèle que ce changement ne touche pas à l'essence de la position stratégique américaine, mais reflète plutôt une réorganisation des priorités, Washington considérant la pression militaire limitée comme un outil pour améliorer les conditions de négociation, sans remplacer la voie diplomatique, selon plusieurs rapports de presse.

"Fin de la colère"

Pour sa part, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a confirmé que les États-Unis avaient terminé leur phase offensive dans l'opération "Colère épique" et étaient passés à une phase défensive.

Il a souligné que ce changement ne signifiait pas une diminution de la préparation militaire, précisant que l'objectif principal du "Projet de liberté" était d'aider les navires en détresse et leur équipage dans le détroit d'Hormuz, tout en affirmant que les forces américaines "répondraient avec force" en cas d'attaque.

Les déclarations de Rubio indiquent que Washington cherche à établir un cessez-le-feu pratique des attaques directes tout en maintenant la capacité de riposte, renforçant l'hypothèse que ce changement militaire est lié à un processus de négociation actif mais dont les résultats sont encore incertains.

De plus, son invitation publique à l'Iran à venir à la table des négociations indique que l'administration américaine voit une fenêtre diplomatique ouverte, mais qu'elle n'est pas encore parvenue à un point de décision, selon ce qu'il semble des positions et déclarations.

Mécanisme iranien

En revanche, l'Iran a annoncé la création d'un nouveau mécanisme pour gérer le passage des navires dans le détroit d'Hormuz, ce qui reflète sa volonté d'imposer une nouvelle réalité dans ce corridor vital.

Le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf a déclaré que Téhéran n'avait pas encore commencé une escalade complète, accusant les États-Unis et leurs alliés de mettre en danger la navigation maritime.

Les mesures iraniennes et les avertissements des Gardiens de la Révolution suggèrent que Téhéran utilise le détroit comme un levier politique et sécuritaire tout en veillant à ne pas entrer dans un affrontement ouvert. Ce comportement reflète une disposition à négocier mais depuis une position d'imposition des conditions, et non de recul.

De son côté, le professeur de sciences politiques Hossein Rouyoran a affirmé que le recul du président Trump sur le "Projet de liberté" dans Hormuz est survenu sous la pression des avertissements iraniens qui ont empêché les destroyers américains d'imposer une réalité unilatérale, décrivant le mouvement américain comme une "aventure ratée".

Rouyoran a révélé que Téhéran avait lancé un site pour coordonner le "passage sécurisé" des navires en détresse directement avec les Gardiens de la Révolution, niant que l'Iran ait subi des pertes lors de l'opération, où Washington l'accusait d'avoir ciblé des embarcations civiles de pêche et prétendant à tort qu'il s'agissait d'objectifs militaires pour couvrir son recul sur le terrain.

Données sur les négociations

Les données disponibles indiquent que ce qui a changé est le niveau d'affrontement, pas l'essence du conflit, Washington ayant suspendu les opérations offensives et l'Iran n'ayant pas encore commencé une escalade complète, mais les deux parties continuent d'échanger des messages.

Les négociations n'ont jusqu'à présent pas réalisé de percée décisive, n'ayant tenu qu'un seul tour de discussions à Islamabad, et les tentatives de les reprendre régulièrement ont échoué.

Alors que Téhéran affirme que la médiation pakistanaise se poursuit et qu'il s'active diplomatiquement vers la Chine, il semble que les canaux de dialogue soient ouverts mais n'aient pas conduit à un accord final ou à un cadre contraignant mettant fin à la guerre.

Positionnement calculé ?

On peut dire que la suspension de l'opération militaire ne reflète pas une proximité certaine à la fin de la guerre, mais plutôt une phase de repositionnement calculé des deux parties.

Les négociations semblent actives mais pas encore décisives, alors que les outils de pression militaires et politiques continuent. Bien que cette situation offre l'occasion d'éviter une escalade immédiate, elle maintient l'avenir du conflit en suspens sur la capacité de la diplomatie à transformer la trêve temporaire en règlement durable.

Ce n'est pas non plus la première fois que les déclarations américaines oscillent entre la promesse d'une solution diplomatique et le passage à des langage belliqueux, ni le premier moment où les deux parties échangent des accusations de dureté dans leurs positions et de demandes de négociation excessivement ambitieuses.

Dans ce contexte, le Wall Street Journal a noté que la crise actuelle s'inscrit dans un cadre plus large d'hésitation qui caractérise l'approche du président Trump, tiraillé entre deux tendances opposées : l'une consiste à infliger un "châtiment sévère" à l'Iran pour ne pas s'être retiré de son programme nucléaire selon les vues américaines, et l'autre cherche à éviter une escalade majeure pouvant replonger les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Le journal cite des responsables affirmant que Trump ne souhaite pas revenir à des campagnes de bombardement étendues, préférant mettre fin à la guerre et freiner le programme nucléaire iranien par la voie négociée, mais les développements dans le détroit d'Hormuz ont restreint son espace de manœuvre, lui laissant après les attaques contre les navires américains et commerciaux deux choix, tous deux coûteux :

Soit répondre par l'armée, ce qui comporte des dangers d'une nouvelle confrontation.

Soit ignorer les provocations iraniennes et poursuivre la diplomatie, ce qui pourrait entraîner une image d'hésitation face à Téhéran.

Selon le journal, Trump a essayé de contenir ce dilemme en dépeignant l'escalade comme limitée, décrivant ce qui se passe comme une petite guerre ou un petit tournant, tout en affirmant qu'il négocie d'une position de force qui lui permettrait d'atteindre un bon accord ou de renforcer la supériorité militaire américaine.

Source : Al-Jazeera + Agences