Qu'attendent les Syriens du nouveau Conseil du peuple ?
SadaNews - Les Syriens placent de grands espoirs dans le nouveau Conseil du peuple syrien, surtout après les atmosphères étranges - pour eux - qui ont régné lors de sa séance d'ouverture, marquée par des changements fondamentaux par rapport aux conseils précédents.
Les citoyens espèrent que le conseil sera une véritable voix du peuple, exprimant leurs espoirs et leurs aspirations, et réalisant la justice dont ils ont été privés pendant des décennies sous le régime de la famille Al-Assad.
Selon le rapport, les citoyens syriens ont été ravis de l'absence d'applaudissements pour le président lors de la séance d'ouverture du nouveau conseil, une scène peu familière en Syrie, où les applaudissements étaient un trait caractéristique des conseils précédents. Beaucoup de Syriens voient dans ce début un reflet d'un tournant vers la démocratie et la liberté d'expression, et une promesse d'une nouvelle phase de travail parlementaire sérieux.
Un citoyen syrien a exprimé son espoir que le nouveau conseil soit un véritable représentant du peuple, soulignant que les grands sacrifices consentis par les Syriens au cours de 15 années de révolution méritent un conseil qui les représente sincèrement.
Il a salué l'absence d'applaudissements pour le président, considérant cela comme une preuve que le conseil ne sera pas "un conseil de marionnettes" comme par le passé, mais un véritable parlement discutant des questions avec objectivité.
Pour sa part, un Syrien expatrié - revenu au pays après 13 ans - estime que ses aspirations consistent à ce que le conseil soit similaire aux parlements des pays dans lesquels il a vécu, et qu'il soit un canal pour transmettre la voix du peuple aux autorités exécutives.
Absence d'applaudissements
Dans ce contexte, le membre de la Cour constitutionnelle suprême, le Dr Ismail Khalfan, a déclaré que la première séance révélait une grande différence par rapport aux "conseils d'applaudissements" de l'ancienne régime.
Il a confirmé que les membres du conseil jouissent de la liberté de travail législatif, considérant qu'ils ont devant eux un grand mouvement de renouveau législatif, de nombreuses lois syriennes nécessitant des modifications ou des abrogations, notamment en ce qui concerne la loi sur les fonctionnaires licenciés, que beaucoup appellent à modifier pour garantir leur retour digne et à compter la durée de leur interruption de travail comme un service effectif.
Le professeur universitaire, Dr Khaled Khattab, a parlé des impressions positives que la première séance du conseil a laissées chez les Syriens, indiquant qu'elle annonce un Conseil du peuple dont les membres sont de véritables représentants du peuple, discutant des lois avec objectivité sans impositions, exprimant son espoir que le conseil soit actif et reflète les aspirations de la rue syrienne.
Concernant la représentation des femmes, une citoyenne syrienne a exprimé son soulagement de voir une femme occuper le poste de vice-présidente du conseil, sans cacher son espoir d'une meilleure représentation féminine dans l'avenir.
Ouverture du conseil
Hier, dimanche, la première séance du Conseil du peuple a débuté à Damas, où les membres du conseil ont prêté serment en présence du président Ahmad al-Shara, du président de la commission électorale supérieure du conseil, Muhammad Taha al-Ahmad, et de plusieurs ministres.
Al-Shara a déclaré dans un discours spécial que "la Syrie écrit une histoire glorieuse qui exprime ses prouesses et nous avons la responsabilité de construire la patrie et l'individu et de privilégier la responsabilité", appelant les membres du conseil à en faire un modèle de responsabilité et d'efficacité, et à contribuer à ancrer une culture de dialogue, à établir la prééminence de la loi et à respecter les institutions.
La séance a enregistré la présence de 206 membres sur 210, avec un vide de quatre sièges, dont trois étaient réservés au gouvernorat de Sweida, où aucune élection n'a été organisée, en plus du siège du membre du gouvernorat d'Idlib, Muhammad Kalthoum, décédé mi-juin dernier suite à une crise cardiaque.
Lors de la séance, Abd al-Hamid al-Awak a été élu président du conseil après avoir obtenu 99 voix parmi les 206 membres du conseil.
Les deux autres candidats, Muayad al-Qablawi, ont reçu 75 voix, et Muhammad Ramez Kourj 31 voix.
Source : Al Jazeera
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