Des banques britanniques recherchent à créer une alternative nationale à Visa et Mastercard
SadaNews - Les dirigeants des plus grandes banques britanniques se préparent à tenir leur première réunion pour établir une alternative nationale aux réseaux de paiement américains "Visa" et "Mastercard", dans une démarche qui témoigne d'une inquiétude croissante face à la dépendance quasi totale aux systèmes détenus par les États-Unis pour gérer les paiements au Royaume-Uni.
La réunion, présidée par le PDG des opérations au Royaume-Uni de Barclays, Vim Maru, rassemblera des investisseurs de la "City" qui supporteront le coût de la création d'une nouvelle société de paiements visant à garantir le bon fonctionnement de l'économie britannique en cas de perturbation des réseaux américains pour une raison quelconque.
Les données de la "British Payment Systems Regulator" indiquent qu'environ 95 % des transactions par carte au Royaume-Uni passent par "Visa" et "Mastercard", une domination qui devient de plus en plus sensible dans un contexte d'utilisation continue décroissante de l'argent liquide.
Inquiétudes géopolitiques
Bien que l'idée de créer un système de paiement local ait été soulevée depuis des années, les récentes tensions géopolitiques et les déclarations du président américain Donald Trump concernant les alliés de l'OTAN ont ravivé les inquiétudes quant à la possibilité d'utiliser l'infrastructure financière comme levier politique.
Un cadre ayant connaissance du projet a déclaré au journal "The Guardian" que l'interruption de "Visa" ou "Mastercard" "nous ramènerait aux années 50", lorsque l'économie dépendait entièrement de l'argent liquide, ajoutant "Nous avons besoin d'un système de paiements souverain".
L'expérience de la Russie après les sanctions américaines, qui ont conduit à la suspension des services des deux sociétés là-bas, a renforcé ces préoccupations, les consommateurs ayant rencontré des difficultés pour accéder à leur argent et effectuer des achats.
Soutien gouvernemental... et participation américaine
La nouvelle initiative, connue sous le nom de Delivery Co, bénéficie d'un soutien gouvernemental, tandis que les investisseurs de la "City" s'occupent de mettre en place la structure juridique, les plans de direction et les modèles de financement.
La Banque d'Angleterre (la banque centrale britannique) devrait fournir des schémas d'infrastructure technique l'année prochaine, avec l'objectif que le système soit opérationnel d'ici 2030.
Il est notable que "Visa" et "Mastercard" font déjà partie du groupe de financeurs, aux côtés d'institutions financières majeures telles que "Standard UK", "NatWest", "Nationwide" et "Lloyds Banking", ainsi que du réseau de distributeurs automatiques "Link" et de la Coventry Building Society.
La vice-gouverneure de la Banque d'Angleterre, Sarah Breeden, a affirmé que la présence d'un "itinéraire de paiement supplémentaire" pourrait renforcer la résilience du système financier face aux risques cybernétiques et opérationnels, sans faire référence directe aux menaces politiques.
De leur côté, "Visa" et "Mastercard" ont accueilli la concurrence, affirmant leur engagement envers le marché britannique et leur préparation à soutenir des solutions de paiement numériques sécurisées et flexibles.
Entre souveraineté et intégration
Bien que Londres adopte un ton moins tranchant par rapport à certaines voix au sein de l'Union européenne, où des responsables ont appelé à créer une "Airbus européen des paiements", la démarche britannique reflète une tendance plus large à repenser la dépendance à l'infrastructure financière transfrontalière.
Le défi réside dans l'équilibre entre le renforcement de la souveraineté financière et le maintien de l'intégration avec le système de paiements mondial, à un moment où la géopolitique est devenue un facteur influent dans les décisions économiques majeures.
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