Marwan Barghouti et les prisonniers palestiniens… le vrai test du droit international
La valeur du droit ne se mesure pas à ce que les législateurs écrivent dans les constitutions ni à ce qui est dit dans les arènes internationales, mais à la protection qu'il offre à l'homme lorsqu'il est dans ses états les plus faibles. Et il n'existe pas de personne plus exposée à la violation de ses droits que celle qui est sous l'autorité de l'entité qui la détient. C'est pourquoi les Conventions de Genève n'ont pas été établies et la torture n'a pas été interdite au niveau international pour les temps de paix et de prospérité, mais pour les moments où la vengeance l'emporte sur la justice et il ne doit pas y avoir de place pour Israël au-dessus du droit international.
Aujourd'hui, tous les regards se tournent vers le leader palestinien Marwan Barghouti, à la lumière des rapports documentés et de ce que transmettent ses avocats concernant les conditions de sa détention, son exposition aux agressions par des tirs de balles en caoutchouc à ses pieds à bout portant, et la détérioration de sa santé. Ces rapports exigent une enquête indépendante et transparente car la question ne concerne pas un nom politique particulier, mais un principe fondamental qui ne doit pas être soumis à la négociation : le droit de chaque détenu à la vie, à la dignité et à la protection contre les mauvais traitements.
La question de Marwan Barghouti ne représente qu'un des cas les plus frappants qui reflètent la réalité des prisonniers palestiniens dans les prisons. En plus de ce qui est soulevé concernant ses conditions, il y a eu au cours des années passées des rapports, témoignages et déclarations documentés sur des cas de décès dans les prisons israéliennes, des informations confirmées concernant les mauvais traitements, la torture, la famine, et le négligé médical, ainsi que des témoignages concernant des agressions et des viols sexuels contre certains détenus, y compris des cas impliquant des chiens de garde. Ces violations, à travers des témoignages d'avocats, d'agences et d'institutions indépendantes, ne représentent pas des abus individuels, mais indiquent un schéma soutenu par l'État d'occupation israélien, ce qui impose à la communauté internationale le devoir d'agir de toute urgence, d'enquêter et d'assurer la responsabilité conformément aux dispositions du droit international.
La communauté internationale fait aujourd'hui face à une question plus vaste que la politique : les droits de l'homme restent-ils des droits universels lorsque la victime est palestinienne ? Et les principes humanitaires continuent-ils à jouer leur rôle si ils deviennent otages des considérations politiques ?
Défendre les droits des prisonniers palestiniens ne signifie pas adopter une position politique, et demander une enquête sur les violations ne signifie pas soutenir un camp contre un autre. C'est une exigence d'appliquer les mêmes principes que le monde déclare indissociables, et que la dignité humaine ne dépend pas de la nationalité, de l'identité ou de la position politique.
Le droit international n'accorde pas aux autorités israéliennes de détention le libre choix dans la vie ou la sécurité des détenus, mais leur impose une obligation légale claire de les protéger, de leur assurer des soins médicaux, de préserver leur dignité et de garantir qu'ils ne soient pas soumis à la torture ou à des traitements cruels ou dégradants. Ce ne sont pas des demandes palestiniennes, mais des normes juridiques sur lesquelles la communauté internationale s'est mise d'accord.
Plus grave encore, le silence face à toute violation documentée ne menace pas seulement les prisonniers palestiniens, mais met en péril la crédibilité du système international lui-même. Lorsque l'application de la loi devient sélective, la loi perd son autorité morale et la justice se transforme en un privilège accordé à certains et refusé à d'autres.
Le leader Marwan Barghouti, par le biais de sa présence politique et de sa symbolique nationale, est devenu aujourd'hui un point d'interrogation majeur : les institutions internationales peuvent-elles prouver que la loi est encore capable de protéger l'homme même dans les affaires les plus complexes? Ou alors, est-ce que les principes pour lesquels le monde a longtemps plaidé resteront otages des rapports de force? Et s'arrête lorsque le criminel est Israël.
Ce qui est requis aujourd'hui, ce ne sont pas des déclarations exprimant de l'inquiétude, mais des mesures pratiques garantissant un accès indépendant aux lieux de détention, la vérification des conditions des prisonniers palestiniens et la tenue responsable de toute partie reconnue coupable de violations, quelle qu'elle soit. La souveraineté de la loi ne se réalise pas par des slogans, mais par la surveillance, la responsabilité et la transparence.
Le monde peut diverger sur le conflit et les positions politiques peuvent varier, mais il ne devrait pas diverger sur un fait : que l'homme, quel qu'il soit, ne perd pas son humanité derrière les barreaux israéliens, et il ne devrait pas perdre avec elle son droit à la vie et à la dignité.
Si les prisons israéliennes deviennent un lieu où la justice est absente, ce ne seront pas seulement les prisonniers palestiniens qui en pâtiront, mais bien tout le système juridique international. Lorsqu'il est permis de violer les droits d'un groupe de prisonniers sans accountability, on ouvre la porte à l'érosion des garanties juridiques qui protègent tous les détenus, quelle que soit leur nationalité ou leur identité, y compris les éventuels prisonniers israéliens, américains ou européens qui pourraient un jour se retrouver sous l'autorité d'un autre. La dignité humaine est indivisible et la loi qui échoue à protéger l'homme aujourd'hui ne sera pas en mesure de protéger d'autres demain.
Marwan Barghouti et les prisonniers palestiniens… le vrai test du droit international
Marwan Barghouti et les prisonniers palestiniens… le véritable test du droit international
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