Le Fatah reviendra-t-il avant qu'il ne soit trop tard ?
Journaliste et écrivain spécialisé dans les affaires internationales, et chercheur sur les questions de justice et les conflits armés
Avec les élections du Conseil et du Conseil révolutionnaire, et face à ce paysage palestinien alourdi par le danger, la division et l'effondrement, la question n'est plus : qui a gagné ?
Mais : le Fatah est-il encore capable de se sauver… et de sauver avec lui le projet national ?
Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas une crise passagère, mais un moment existentielle au sens le plus profond du terme.
La terre est engloutie, Gaza est épuisée, la Cisjordanie est étouffée, et les gens perdent confiance en tout.
Dans ce contexte, le Palestinien semble aujourd'hui plus unifié et isolé que jamais, ayant découvert que personne ne le protègera s'il ne se protège pas lui-même.
C'est pourquoi la responsabilité historique repose aujourd'hui sur le Fatah, non pas comme un simple parti politique, mais comme le mouvement qui a dirigé le projet national pendant des décennies, et qui était autrefois le symbole de l'identité palestinienne, la voix des gens et le soutien à la lutte.
Peu importe si tel ou tel nom a gagné,
ou si untel ou un autre a pris le poste de direction.
Les noms ne feront pas la différence si la réalité reste inchangée, et si les réunions et élections deviennent des cérémonies formelles qui ne produisent pas une véritable action politique face aux plans d'annihilation de la question palestinienne et de fin du rêve palestinien.
Le Fatah est aujourd'hui confronté à un test historique :
Soit il revient vers les gens, vers la rue, vers les principes, vers son esprit premier qui a façonné sa présence et son prestige…
Soit il se transforme en un cadre qui observe le déclin de la question en silence tandis que l'histoire écrit le dernier chapitre.
Nous n'avons pas besoin de nouveaux discours, mais d'un examen courageux, et d'une réelle volonté qui redonne dignité à l'idée de libération nationale, qui unifie les Palestiniens au lieu de gérer leur division, et qui redonne au mouvement son rôle naturel en tant que rempart contre les projets d'annihilation et de démantèlement.
Je dis cela par souci pour le Fatah, et non par adversité envers lui.
Ceux qui ont connu le vrai Fatah savent qu'il n'a jamais été un simple site ou organisation, mais un état national qui a créé l'espoir et a porté la douleur et les rêves des gens.
Et reste la question que l'histoire jugera tous :
Le Fatah a-t-il compris la gravité du moment avant qu'il ne soit trop tard…
Ou tout le monde était occupé par les élections alors que la question approchait du bord de la fin ?
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