À l'occasion du 78ème anniversaire de la Nakba palestinienne : Israël poursuit sa guerre d'extermination
Le 15 mai 2026, le peuple palestinien commémore le 78ème anniversaire de la Nakba palestinienne, tandis que celle-ci persiste sous des formes plus cruelles et organisées. Ce qui a commencé en 1948 par l'exil collectif, le déplacement forcé, la destruction des villages et la commission de massacres se poursuit aujourd'hui à travers une guerre d'extermination ouverte visant l'homme palestinien, sa terre, sa mémoire et son avenir.
Les récits des grands-parents sur le refuge, le déracinement, la faim et la peur ne sont plus de simples souvenirs du passé, mais sont devenus une réalité quotidienne vécue à nouveau par les Palestiniens. L'histoire se répète de manière plus brutale, et une nouvelle génération vit la Nakba de ses parents et grands-parents sous les bombardements, le siège, la faim et le déplacement répétitif.
Vivre dans des tentes de déplacés rappelle les premiers camps de réfugiés à Gaza après 1948. Les ruelles étroites, le froid glacial et la chaleur accablante, la prolifération des insectes et des maladies, le manque d'eau potable et de services de santé, et la peur constante de la mort. Les tentes ne sont plus un abri temporaire, mais sont devenues des témoins vivants d'une Nakba renouvelée, et une blessure ouverte dans le corps de la Palestine.
Je me souviens de ce que mon père racontait sur ce qu'il avait vécu, lui et mon oncle défunt Muhammad, concernant leur déplacement forcé depuis le village de Barir, situé à l'est de la ville de Gaza, à 21 kilomètres, et comment ils revenaient sur le dos d'un chameau pour récupérer ce que la famille avait stocké de blé pour pouvoir survivre. Aujourd'hui, les Palestiniens revivent la même scène, certains retournant dans leurs maisons détruites, ou ce qu'il en reste, pour récupérer des affaires simples ou s'assurer de leurs souvenirs, mais beaucoup d'entre eux sont tués par les balles de l'occupation, ne revenant pas, et sans maisons ni biens.
Mon père me parlait aussi de la propagation des poux, des puces et des punaises parmi les premiers réfugiés, et de l'incapacité des institutions internationales à fournir même le minimum de soins au début. Plus tard, l'UNRWA a pu introduire des insecticides, arrosant les tentes et les maisons en terre recouvertes de tuiles. Aujourd'hui, après soixante-dix-huit ans, la tragédie se répète de manière plus surréaliste : prolifération des rongeurs, des insectes et des maladies, et interdiction d'entrée des médicaments et des insecticides, dans un contexte de siège et de famine systématiques touchant plus de deux millions de personnes dans la bande de Gaza.
Depuis octobre 2023, Israël mène une guerre d'extermination totale contre la bande de Gaza, ayant entraîné la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, dont la plupart sont des enfants et des femmes, des centaines de milliers de blessés, et la destruction de plus de 80 % des bâtiments de la région de manière totale ou partielle, entraînant le déplacement forcé de la majorité de la population. Une politique de famine et un blocus asphyxiant ont également été imposés, interdisant l'entrée de l'aide humanitaire, dans une tentative de soumettre la population et de briser sa volonté.
En même temps, Israël poursuit en Cisjordanie et à Jérusalem-Est les politiques d'annexion effective, l'expansion des colonies, la confiscation des terres, la démolition des maisons, le déplacement des collectivités palestiniennes et l'escalade du terrorisme des colons sous la protection de l'armée.
Ce ne sont pas des événements isolés, mais des maillons d'un projet colonial de peuplement visant à déplacer les Palestiniens de leur terre, à effacer leur existence nationale, et à imposer un système de domination et de suprématie raciale.
Malgré l'ampleur de la destruction, des meurtres, de la famine et du désespoir international, les Palestiniens continuent de résister et de s'accrocher à leurs droits nationaux. Tous les outils de pouvoir et de terreur n'ont pas réussi à briser leur volonté ou à effacer leur identité. Le droit au retour, le droit à l'autodétermination et l'établissement d'un État palestinien indépendant demeurent des droits inaliénables qui ne se prescrivent pas.
En ce 78ème anniversaire de la Nakba, il est plus clair que jamais que la Nakba n'est pas terminée, et qu'elle continue avec des outils plus sophistiqués et plus cruels. Mais ce qui demeure incontestable, c'est que le peuple palestinien, malgré tout ce qu'il a subi de déplacements, de meurtres et de sièges, reste attaché à sa terre, à sa mémoire et à ses droits.
Soixante-dix-huit ans de Nakba, et la Palestine n'est pas tombée dans l'oubli, le droit au retour n'a pas disparu, et la volonté des Palestiniens n'a pas été brisée. L'État d'occupation fasciste, qui a perfectionné ses outils de meurtre et d'extermination au cours des huit dernières décennies, ne pourra pas supprimer une vérité bien ancrée : ce peuple est ici pour rester, et la justice, quelle que soit la durée, finira par triompher.
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