Lumières en marge de la huitième conférence du Fatah
"Elle a laissé son mari allongé et est allée chez Abu Mahmoud"
Ce n'est pas un simple incident que ce flot impétueux de publications qui a envahi les réseaux sociaux et les plateformes médiatiques simultanément avec la tenue de la huitième conférence générale du mouvement Fatah. Une scène dense et complexe, où se mêlent analyses objectives et lectures malveillantes, émotionnelles et sarcastiques, allant jusqu'à l'hostilité ouverte.
Il est remarquable que cet élan ne se limite pas aux membres du mouvement, mais s'étend à un large spectre : des partisans reconnaissants aux mécontents et en colère, en passant par ceux qui sont attachés et ceux qui se sont détachés, ainsi que les assis et debout, les grimpeurs et les aplatis. Ceci inclut aussi des gauchistes, des indépendants, des religieux et des athées, et même des passants. Tout le monde parle, tout le monde donne son avis, non seulement jusqu'aux limites de la critique, mais souvent aux confins du flagellation.
Même les sites du mouvement Hamas et leurs écrivains sont préoccupés depuis des semaines, jour et nuit, par la huitième conférence du Fatah : diabolisation, dénigrement et incitation. Une préoccupation presque totale, au point de l’absence totale de tout débat sérieux sur leurs prérogatives internes, en tête desquelles se trouvent les élections du bureau politique et le comblement des vides dans leur structure dirigeante. Ici, l’expression populaire trouve sa signification sarcastique : "Elle a laissé son mari allongé et est allée chez Abu Mahmoud".
Ce qui précède n'est pas une impression fugace, mais une réalité facilement observable. Et la paradoxale qui pourrait surprendre certains, c’est que le mouvement Fatah, malgré tout ce qu'il endure, semble plus capable d'absorber ce flot de critiques, de flagellation et de dénigrement, et le gère même comme une partie de son espace politique ouvert.
En revanche, la question se pose avec acuité : qui a suivi un véritable débat sur les élections du bureau politique du Hamas ? Qui a entendu parler d'un espace de acceptation sérieux de la critique à l’intérieur de celui-ci ? Combien d’écrivains du Hamas ont présenté une lecture analytique des chances de ses dirigeants, comme Khalil al-Hayya comparé à Moussa Abu Marzouk, par exemple ? Au lieu de se préoccuper constamment des détails des chances de Shati et des autres ?
Et encore plus, combien de voix de gauche ou indépendantes ont osé interroger le flou qui entoure les procédures électorales au sein du Hamas, où le public est surpris par des annonces succinctes : Élection de tels et tels... Et point, sans débat ni transparence ? Et qui ose toucher à la critique concernant le Hamas, car des escadrons de trolls sont prêts à vonter et à accuser.
Ici se manifeste la différence essentielle dans la "chimie" de la situation nationale : entre un mouvement traité comme une question publique pour tous les Palestiniens, discuté, critiqué et déconstruit publiquement, et une autre situation fermée gérée dans des cercles restreints, demeurant hors de l'espace de responsabilité publique et plus proche d'un conflit entre l'espace iranien, turc et qatari.
Ce n'est pas seulement une comparaison organisationnelle, mais une question qui touche à la nature même de l'espace politique : est-ce un espace ouvert qui tolère la différence et la critique, ou une structure fermée gérée par la logique de monopole et de tutelle ?
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