La fin du dictateur
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La fin du dictateur

Le dictateur Saïd Ier, le vingt et unième, a fini dans l’hôpital des fous qu’il avait construit et dont il avait donné son nom, et c’est la fin inévitable pour des gens comme lui.

Dans mon récit sur ce dictateur publié en 2009 par la maison d’édition Fazā'āt à Amman, j’ai raconté comment Saïd Ier, qui s’appelait avant la dictature Mougheïth, avait donné son nom à toutes les écoles, places, monuments et rues de sa capitale, comme la rue Saïd Ier numéro un, et ainsi de suite selon le séquençage des numéros. Plus tard, les gens ont ignoré son nom et ont commencé à nommer les rues par leurs numéros en délaissant son nom, mais le seul bâtiment qui a continué à porter son nom est l’hôpital psychiatrique Saïd Ier.

Le penchant de Trump pour son nom me rappelle ce Saïd, car il l’a donné au golfe du Mexique, au détroit d’Ormuz, à Gaza, à l’île du Groenland, au passeport américain, au dollar, à une colonie dans le Golan, à une salle de danse à la Maison Blanche et à un buffet derrière son bureau. Il a même attribué des prières démoniaques à son nom et s’est comparé au Christ attendu, à l’homme de paix, et à un promoteur du football, alors qu’en réalité il est un promoteur du football sans mérite, et je pense qu’il finira comme Saïd Ier.

Saïd a pris un bus de passagers sans se faire accompagner de gardes pour s’enquérir de la situation des gens dans sa capitale et il a été surpris que tout passager demandant à descendre ne mentionne le nom de la rue ou de la place que par son numéro, sans jamais faire référence à son nom. La dernière station était le domaine de l’hôpital des maladies mentales. Il est descendu et a lu son nom sur la façade du bâtiment et a crié joyeusement, "C’est mon nom !" Ainsi, les gardiens du bâtiment l’entendirent et, lorsqu’il déclara "Je suis Saïd Ier", ils le prirent pour un fou, l’attrapèrent et le transportèrent à l’intérieur, le portant tandis qu’il criait "Je suis Saïd Ier". Son téléphone tomba de sa poche et un des gardes le piétina, puis ils le frappèrent à la tête jusqu’à ce qu’il perde la raison et il est resté prisonnier de son hôpital jusqu’à sa mort.

Et voilà le sort de cette cuvette mobile qui suscite le meurtre et la destruction chaque jour, elle se retrouvera un jour dans les toilettes de l’histoire.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.