Vers une rationalisation des primes des présidents et membres des conseils des autorités locales
L’économie palestinienne souffre d’une grave crise suite à la guerre d’extermination sur la bande de Gaza, ainsi qu’aux mesures israéliennes qui l’ont accompagnée, entraînant une baisse significative du produit intérieur brut. Les finances publiques en Palestine souffrent également d’une crise financière qui est la plus sévère depuis la création de l’Autorité nationale palestinienne, en raison du blocus israélien étouffant et de l’arrêt du transfert des revenus de la compensation, ce qui a entraîné une accumulation de la dette publique et des arriérés, en plus de l’incapacité de payer les salaires des employés du secteur public depuis plusieurs années, ainsi que l’accumulation des arriérés vis-à-vis du secteur privé et des fournisseurs.
Les effets de la crise financière et la contraction du cycle économique se sont reflétés sur les autorités locales en Palestine, qui souffrent désormais d’une détresse financière en raison de la baisse de l’économie locale, de la chute des revenus des différentes taxes des autorités locales, en plus de la baisse des revenus des investissements des autorités locales elles-mêmes, et des catégories sociales qui ne peuvent pas payer les taxes qui leur incombent en raison du taux de chômage élevé et du manque de liquidités des citoyens, sans parler de la baisse du soutien gouvernemental aux autorités locales en raison de la crise financière, ainsi que des procédures d'occupation israélienne entraînant une destruction systématique des infrastructures dans les villes, villages et camps de réfugiés palestiniens. Dans ce contexte économique difficile, qui ne semble pas avoir de perspective de répit proche, des élections pour les autorités locales sont organisées le 25/4/2026, afin d’élire de nouveaux présidents et membres pour les conseils municipaux dans leurs trois classifications (A, B, C) ainsi que pour les conseils de village différents.
Le jour qui suivra les élections, les conseils municipaux et de village élus ou bénéficiant de nominations par acclamation feront face à d’énormes défis, dont le principal est la baisse de leurs revenus, ce qui a un impact négatif sur la qualité, la régularité et le développement des services aux citoyens. Étant donné l’importance du rôle des autorités locales, notamment face à la pression importante exercée sur les finances publiques et à la baisse des services centraux, et en application des fonctions des autorités locales telles que définies par la loi n° (1) de 1997, il est nécessaire de garantir des revenus pour ces autorités et de rationaliser leurs dépenses. L’une des questions essentielles nécessitant une rationalisation de leurs dépenses concerne les primes des présidents et des membres des conseils des autorités locales, car il n’est pas raisonnable d’avoir un "lux" excessif à ce chapitre en pleine crise financière grave que traverse l'ensemble du peuple palestinien. Ce qui était justifié lors de la promulgation de la décision du Conseil des ministres n° (3) de l’année 2017, concernant le régime des présidents et membres des conseils des autorités locales, et ses amendements, notamment la décision du Conseil des ministres n° (7) de l’année 2018, n’est plus valable aujourd’hui. Il n’est pas acceptable qu’un fonctionnaire ne touche pas son salaire intégral depuis quatre ans et demi, que près de 200 000 travailleurs sur le territoire israélien aient été licenciés, les salaires des employés du secteur privé et même des employés de l’UNRWA aient été réduits, tandis que les présidents et membres des conseils des autorités locales continuent de recevoir des primes extrêmement élevées, au détriment des budgets des autorités locales. Pour un calcul simple, une autorité locale composée de 15 membres aurait un salaire de base pour le président de l’autorité locale de 9 000 shekels selon le régime, sans compter la prime liée à la taille du budget de l’autorité, qui peut atteindre 5 000 shekels, tandis que chaque membre touche une prime mensuelle pour la participation aux séances, pouvant atteindre environ 2 400 shekels par mois selon le nombre de séances, bien que les membres, à l’exception du président, ne soient pas consacrés à un travail au sein de l’autorité locale, ce qui signifie qu’un membre unique d’une grande autorité locale toucherait, pour des primes de participation aux séances, un montant atteignant environ 115 200 shekels sur la durée de l’autorité locale (4 ans), ce qui constitue un énorme drain sur le budget des autorités locales, déjà épuisé. Les calculs ci-dessus varient en fonction de la taille de l’autorité locale, de sa classification et de son budget annuel.
Il est donc indispensable de modifier le règlement émanant du Conseil des ministres pour l'adapter à la réalité de l'économie palestinienne, ne serait-ce que temporairement. Avec le début de la campagne électorale, c’est aussi un appel aux listes et aux individus candidats aux prochaines élections locales pour établir un code de conduite éthique, s’engageant à ne pas recevoir de primes pour la participation aux séances, en tant que contribution au soutien des autorités locales et à renforcer leur résilience, et à réduire les primes des présidents des autorités locales. Surtout qu'il y a des cas exemplaires de présidents de grandes autorités locales qui ont fait don de leurs primes aux fonds sociaux de leurs autorités locales au cours des années précédentes. Il y a également des cas d’élus de conseils d’autorités locales qui ont fait don de leurs primes à leurs autorités locales. C'est un appel aux listes électorales et aux candidats, pour l’annoncer dans leurs programmes électoraux, dans le cadre de leur contribution au soutien des autorités locales. C’est un appel final à notre peuple palestinien et aux électeurs pour prendre de telles initiatives éthiques en considération dans le choix de leurs représentants pour diriger les autorités locales dans la prochaine phase sensible et complexe sur le plan financier. Quiconque veut servir son peuple doit aussi contribuer à les soutenir.
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