La révision est-elle valable après la destruction de Malte ?
Articles

La révision est-elle valable après la destruction de Malte ?

 

Il n’est ni un défaut ni un péché que les forces politiques, sociales et militaires, tout comme les États, révisent et évaluent leurs programmes, examinent leurs priorités et élaborent leurs alliances, et considèrent les moyens et méthodes de travail dans le cadre de la réalisation du saint triangle de la légitimité « le soutien populaire au programme, la confiance dans les institutions et les individus et leur satisfaction », ainsi que les intérêts de leur peuple, et leur survie et pérennité. L’évaluation ou la révision ne peuvent être mener à bien sans critique, considération et enquête reposant sur la rationalité et une ouverture aux parties amies et opposées, sans une lecture précise des changements, et un examen approfondi des principes et de leurs fondements, ainsi qu’une connaissance approfondie des faits et de leurs causes, à la manière d’Ibn Khaldoun dans l’historique ou sa rédaction.

On dit que le meilleur moment pour effectuer une évaluation arrive au sommet des succès, le meilleur dans les moments de crises, et le pire lors des revers. Cependant, cela reste une nécessité inévitable en toutes circonstances. La révision ici ne concerne pas seulement les espaces disponibles pour les politiciens ou la volonté restante des combattants au niveau partisan, mais doit également porter sur la réévaluation des structures institutionnelles, des programmes politiques, des priorités nationales, des moyens et méthodes de lutte, de la prévalence de l’intérêt des citoyens sur celui des politiques, de l’élévation de l’intérêt de l’État « peuple » au-dessus de l’intérêt du parti, et de la réévaluation de la construction des alliances nécessaires et possibles avec les différentes parties dans les différentes régions.

L’évaluation et la révision sont des recours pour ce qui a été omis en termes de compréhension et d’action en politique et en vie ; c'est-à-dire la reconnaissance des erreurs et leur acceptation sans détour ni reproches envers les autres, et c’est le premier pas vers la construction de l’avenir, armé des leçons du passé et d’une connaissance précise des nécessités de l’instant et des besoins du futur. Cependant, l’évaluation en temps de défaite se révèle « aussi difficile qu’une opération chirurgicale » pour le groupe, plus coûteuse pour les individus, et plus douloureuse pour les partisans, et elle exige un large sacrifice et un coût élevé pour sortir de la situation actuelle. À la suite de ce type d’évaluation, les forces politiques peuvent être contraintes d'apporter des changements à leur structure, leur pensée, leurs moyens et leurs alliances, et cela peut être réalisé si ces forces s’engagent rapidement dans l'évaluation et commencent à effectuer le changement.

À mon avis, les forces politiques palestiniennes ne sont toujours pas en mesure de saisir le tremblement de terre qui a frappé la bande de Gaza, et de comprendre la nature de la catastrophe qui a frappé le peuple palestinien et ses conséquences sur les dynamiques de la vie et les mécanismes de transformations des structures culturelles et sociales génératrices de mouvements sociaux et de mouvements politiques. Il devient donc impératif de se poser la question : La révision et l'évaluation sont-elles valables après la destruction de Malte ?

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.