Sauvez l'éducation… Sauvez la Palestine
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Sauvez l'éducation… Sauvez la Palestine

À une époque où les préoccupations s'accumulent sur les poitrines des gens comme des montagnes qui ne plient pas, parler d'éducation ressemble à un tambourinement dans un désert que personne n'entend. Pourtant, cette douleur mérite d'être entendue ; car il est vraiment douloureux que l'éducation devienne notre dernière priorité, le dernier point que nous rappelons, et la dernière porte que nous frappons, comme si l'avenir des générations ne se mesurait pas à l'aune de la patrie, ne s'écrivait pas à l'encre des enseignants, et ne se dessinait pas sur les cahiers des enfants.

Il est triste que l'éducation se transforme progressivement en une marchandise dont ne bénéficient que les plus fortunés, ceux qui peuvent monter dans le train des écoles privées, tandis que les enfants des plus modestes se tiennent sur les quais de l'attente, agitant leurs rêves comme le noyé agite ses mains à la recherche d'une bouée de sauvetage qui ne vient pas.

Il est gênant que tant d'années se soient écoulées après le Covid, après les grèves consécutives, les incursions, la réduction des heures de cours, et l'enseignement électronique, et que nous n'ayons pas, malgré tout cela, entendu parler d'un plan gouvernemental courageux, réel, qui convienne à l'ampleur de la catastrophe qui a frappé la structure éducative à la racine.

Au contraire, nous avons constaté, ô quel étonnement, une destruction éducative massive comme une terre frappée par la sécheresse, et sur cette ruine, des conférences ornées de lumières scintillantes sont construites, des programmes brillants, et des célébrations éducatives d'un monde parallèle, un monde qui n'entend pas les cris de l'enseignant épuisé, ne voit pas la larme de l'élève perdu, ne touche pas à la douleur de la mère qui est devenue enseignante contre sa volonté. Un monde atteint de schizophrénie ; brandissant des slogans éclatants, et se vantant de photos élégantes qui ne reflètent rien de l'amertume de la réalité.

Ce qui est effrayant, c'est que nous n'ayons pas honte.
Ne pas avoir honte de la perte de l'élève, ni de la chûte de l'enseignant, ni de la blessure de l'école, ni d'un avenir qui nous est arraché tout en nous contentant de regarder.

Et il est honteux… de ne pas s'en soucier.
De se réveiller chaque jour comme si rien ne s'était passé.
De s'habituer à la perte éducative comme on s'habitue aux changements de saisons, et d'accepter l'effondrement du processus éducatif comme nous acceptons la répétition de la douleur politique.

La grève… une nouvelle blessure au-dessus des anciennes blessures

La grève actuelle n'est pas qu'une simple interruption du cours. C'est un tremblement de terre éducatif qui frappe l'enseignant, l'élève et l'école ensemble. Depuis cinq ans, les écoles sont ouvertes un jour et fermées une semaine, les heures de cours sont réduites, les leçons sont reportées, et les programmes sont fragmentés sous le poids des incursions, des fermetures et des tensions.

Comment un enfant peut-il construire son esprit dans un environnement qui s'effondre chaque jour ?
Comment une enseignante peut-elle enseigner, alors qu'elle n'a pas encore obtenu ses droits ?
Comment des écoles épuisées peuvent-elles former des générations puissantes, alors qu'elles peinent à se tenir debout ?

L'éducation… n'est pas un petit détail, mais l'âme de la patrie

La Palestine, dont on a tant volé, a su s'accrocher à une arme que l'occupation ne peut pas saisir : l'esprit palestinien.
Cet esprit qui a affronté l'injustice par le savoir, a défendu l'identité par la connaissance, et a élevé le nom de la patrie avec ses plumes avant de l'élever avec quoi que ce soit d'autre.

Mais cet esprit est aujourd'hui exposé à la tentative d'épuisement la plus dangereuse depuis des décennies.
Négliger l'éducation n'est pas une erreur administrative… c'est un crime national.
Laisser les écoles à leurs sorts n'est pas une négligence… c'est une destruction silencieuse de l'avenir.

Car l'enseignant qui se tient devant le tableau est le même qui porte la patrie sur ses épaules, et l'élève qui s'assoit avec sa candeur devant la classe est un futur scientifique, médecin, ingénieur, leader, ou martyr écrivant l'histoire.

Les laisser se perdre est une perte pour la Palestine, pas pour le trimestre.
Jusqu'à quand ?
Jusqu'à quand l'élève continuera-t-il à attendre une issue alors que ses compétences se dégradent jour après jour ?
Jusqu'à quand l'enseignant restera-t-il brisé, enseignant tout en étant incapable de protéger ses plus simples droits ?
Jusqu'à quand l'éducation restera-t-elle dans une patrie agonisante enfermée par des interruptions, des grèves, des incursions et une réduction des horaires ?

Cinq années d'agitation suffisent à saper un système entier, alors que dire d'un système qui est déjà combattu par l'occupation, la pression économique, et les troubles politiques ?

Si nous n'agissons pas maintenant, nous nous réveillerons dans quelques années avec une génération qui ne possède ni les outils de la connaissance, ni la langue de la patrie, et ne voit dans l'école qu'un lointain souvenir.
Un appel à la patrie
Sauvez l'éducation… car c'est le cœur battant de la Palestine.
Sauvez l'enseignant… car c'est son esprit et sa conscience.
Sauvez l'élève… car c'est son avenir et sa vie.
Sauvez la Palestine… car elle se lève par la science avant toute autre chose.

L'éducation n'est pas un luxe à remettre à plus tard, ni une question de secteur à marchander.
L'éducation est notre dernière arme, notre combat le plus profond, et notre cause la plus sacrée.

Et aucune nation n'a été vaincue que lorsque la lumière de ses enseignants s'est éteinte, que son stylo est tombé, et qu'elle a été incapable de protéger les places d'école.

Ô Dieu, sois témoin… nous écrivons avec une encre semblable au sang :
Sauvez l'éducation avant que la Palestine ne disparaisse parmi les cahiers de ses enfants.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.