Un pesticide courant perturbe le comportement des abeilles et menace la sécurité alimentaire de la planète entière
SadaNews - Dans les champs agricoles modernes, des insecticides sont pulvérisés pour éliminer les plantes indésirables, afin que les récoltes puissent croître régulièrement. Mais derrière cet équilibre apparent, des recherches récentes révèlent une histoire plus complexe, dont le protagoniste est une petite créature jouant un rôle essentiel dans notre sécurité alimentaire : l'abeille.
Une récente étude publiée dans le "Journal of Experimental Biology" a mis en lumière un effet inattendu de l'un des pesticides les plus connus au monde, le glyphosate, qui ne tue pas directement les abeilles, mais perturbe ses fonctions vitales à un niveau plus profond : le cerveau et le comportement.
Le glyphosate a longtemps été considéré comme relativement sûr pour les insectes, car il cible une voie vitale présente dans les plantes mais absente chez les animaux. Cependant, cette hypothèse commence progressivement à se fissurer.
Activité des abeilles
Dans les nouvelles expériences, les chercheurs ont exposé les abeilles à des doses non létales de ce pesticide et ont ensuite observé leurs comportements quotidiens. Le résultat fut une diminution de 13% de l'activité de collecte de nourriture en seulement quelques jours.
Bien que ce pourcentage puisse sembler limité, au niveau d'une colonie entière, cela signifie une réduction du flux de nourriture et un dérèglement de l'équilibre du système social délicat sur lequel repose la vie des abeilles.
La question ne s'arrête pas au comportement visible. En examinant les cerveaux des abeilles, les scientifiques ont découvert des changements dans la chimie du système nerveux, notamment dans des composés connus pour jouer un rôle clé dans la régulation du mouvement, de la stimulation et de la réponse aux récompenses.
Parmi ces composés, des variations des niveaux de "tyramine" et d'autres composés tels que "octopamine" ont émergé, ce qui indique que le glyphosate pourrait reformer les signaux nerveux liés à la recherche de nourriture et à la prise de décision.
Question fondamentale
Ces résultats relancent une question fondamentale dans l'évaluation de la toxicité des produits chimiques : est-il suffisant de ne pas tuer l'organisme vivant pour que l'on puisse le considérer comme sûr ? Dans le cas des abeilles, la réponse semble être non.
Les organismes sociaux tels que les abeilles dépendent d'une coordination précise entre leurs membres, et tout dysfonctionnement mineur du comportement de quelques travailleuses peut se répercuter sur l'efficacité de toute la colonie, depuis la collecte du nectar jusqu'à la pollinisation des plantes, en passant par la production de nourriture sur laquelle l'homme lui-même dépend.
Cette question revêt une importance accrue si nous la situons dans le contexte du déclin mondial des pollinisateurs, qui sont eux-mêmes responsables de nombreuses plantes dont nous, les humains, nous alimentons, menaçant directement notre sécurité alimentaire. Les abeilles font déjà face à de multiples pressions, de la perte d'habitat aux maladies et parasites, et à présent s'ajoutent les effets obscurs des produits chimiques couramment utilisés.
Source : Sites Internet
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