Négociations américano-iraniennes : 5 questions pour comprendre la situation
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Négociations américano-iraniennes : 5 questions pour comprendre la situation

SadaNews - Alors que les troupes américaines avancent et que le délai accordé par Washington à Téhéran pour rouvrir le détroit d'Hormuz arrive à son terme vendredi, des contacts diplomatiques se déroulent dans les coulisses et pourraient déterminer le sort de toute la région.

L'administration du président américain Donald Trump a proposé un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre, auquel Téhéran a répondu par un plan différent en 5 points, suscitant des inquiétudes chez les observateurs quant à la possibilité d'un progrès tangible évitant à la région d'être entraînée dans une guerre terrestre.

Alors que les deux pays échangent des exigences, Israël surveille le développement avec inquiétude, craignant que le conflit ne se termine avant d'avoir obtenu ce qu'il voulait.

Voici 5 questions importantes auxquelles ont répondu le New York Times et le site The Hill, résumant les principaux détails des négociations.

1- Quels sont les détails du plan américain en 15 points ?

Les détails complets du plan restent flous, mais le journal a rapporté que des responsables ayant pris connaissance des points ont déclaré que l'initiative américaine se concentre sur trois dossiers principaux :

- Le programme de missiles balistiques iraniens

- Le programme nucléaire, y compris l'enrichissement de l'uranium

- Le détroit d'Hormuz

Par ce plan, Washington cherche à mettre fin à la guerre en échange d'imposer des restrictions strictes sur les capacités militaires de l'Iran, tout en garantissant le passage libre de la navigation dans le couloir maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole.

2- Quelle a été la réponse de l'Iran ?

Téhéran a refusé de confirmer les dires de Trump selon lesquels les États-Unis mènent des négociations pour mettre fin à la guerre, tandis que le commandement des Gardiens de la Révolution a déclaré que "l'Amérique négocie avec elle-même".

Cependant, des responsables iraniens ont révélé au New York Times que Téhéran est prêt à rencontrer les négociateurs américains au Pakistan la semaine prochaine, à condition que la discussion ne porte pas sur une trêve temporaire, de peur que les États-Unis et Israël n'en profitent pour renforcer leurs forces.

Le site The Hill a publié un plan de paix iranien, basé sur les déclarations d'un haut responsable iranien dont l'identité n'a pas été révélée à la chaîne "Press TV" iranienne. Voici les détails des cinq conditions :

- Un arrêt complet de "l'agression" américaine et israélienne

- La garantie qu'une guerre ne se reproduira pas à l'avenir

- Le paiement de réparations pour les dommages

- La fin de la guerre sur tous les fronts, y compris les groupes de résistance soutenus par l'Iran (comme le Hezbollah au Liban)

- La reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Hormuz

Le site a également relayé une déclaration émise par le consulat iranien à Mumbai, publiée sur la plateforme X, disant : "L'Iran mettra fin à la guerre au moment qu'il choisira lui-même, et seulement si les conditions qu'il a posées sont remplies. Il ne permettra pas à Trump de déterminer la date de la fin de la guerre".

3- Qui négocie pour les deux parties ?

À Washington, le dossier est dirigé par le secrétaire d'État Marco Rubio et le vice-président américain, selon le journal.

Le rapport indique que Trump a confirmé la participation de son gendre Jared Kushner et de son envoyé au Moyen-Orient, Steve Witzkov, tous deux expérimentés en matière de dossiers en Ukraine et à Gaza, aux négociations.

Cependant, le site The Hill a souligné que Téhéran a demandé la participation de Witzkov après avoir refusé de négocier avec Witzkov et Kushner, qu'ils ont accusé de "les avoir trahis" lors des précédentes rondes de négociations.

À Téhéran, il y a une certaine incertitude quant à qui dirigera les négociations après la mort de l'ancien guide suprême Ali Khamenei et la blessure de son successeur et fils Mojtaba, selon le New York Times.

Le journal estime que l'Iran pourrait rencontrer des difficultés à répondre rapidement à la partie américaine, car les hauts responsables iraniens éprouvent des difficultés à communiquer en interne, de peur qu'Israël ne les attaque s'ils se réunissent et se rencontrent en personne.

Selon le rapport, les intermédiaires pakistanais, en particulier le chef de l'armée pakistanaise le général Asim Munir, discutent avec le président du parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, mais la direction iranienne effective reste encore floue.

Le Pakistan joue un rôle de médiateur principal, tirant parti de ses relations avec les deux parties, avec des possibilités de participation de l'Égypte et de la Turquie, selon le journal.

4- Quelle est la position d'Israël ?

Le journal a confirmé qu'Israël surveille les négociations avec inquiétude, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays protégera ses intérêts en toutes circonstances et à tout prix.

Alors que des discussions ont lieu sur l'arrêt de la guerre, Israël a intensifié ses attaques à Téhéran et contre le Hezbollah au Liban, de peur que la guerre ne se termine avant d'éliminer la menace des missiles et nucléaire iraniens.

Il est frappant de constater que le New York Times remet en question la capacité d'un accord américano-iranien à freiner les attaques israéliennes.

5- Peut-on parvenir à un accord ?

Le journal a indiqué que la principale difficulté réside dans l'écart grandissant entre les deux parties : d'une part, l'Iran refuse d'arrêter l'enrichissement de l'uranium - ce que Washington insiste à obtenir - et maintient le contrôle sur la navigation dans le détroit d'Hormuz.

Cependant, selon le rapport, il semble que l'administration Trump recherche une "issue" politique rapide à l'approche des élections de mi-mandat et face à la montée de la colère populaire contre les prix du carburant.

Les sondages d'opinion montrent que la majorité des Américains s'opposent à la guerre contre l'Iran, ne la considérant pas comme bénéfique pour leurs intérêts nationaux.

Ainsi, les deux parties se retrouvent face à une équation difficile : soit des concessions douloureuses maintenant, soit une guerre d'usure prolongée menaçant d'entraîner la région dans un conflit acharné.