Un journal russe révèle : pourquoi Trump a-t-il renoncé à frapper l'Iran ?
Dernières actualités

Un journal russe révèle : pourquoi Trump a-t-il renoncé à frapper l'Iran ?

SadaNews - Dans un rapport publié par le journal "Pravda" russe, l'expert stratégique Yuri Boutcharov met en lumière les raisons pour lesquelles aucun affrontement n'a éclaté entre les États-Unis et l'Iran malgré toutes les concentrations militaires dans la région et l'escalade mutuelle entre les deux parties.

L'auteur affirme que le monde vit depuis plusieurs semaines dans une attente chargée concernant la possibilité d'une guerre majeure entre les États-Unis et l'Iran, mais l'escalade n'a jusqu'à présent pas dépassé les échanges de déclarations et les démonstrations de force.

L'auteur estime que comprendre les raisons pour lesquelles cette dynamique ne s'est pas transformée en affrontement réel nécessite d'examiner 3 éléments essentiels : la nature des concentrations militaires américaines, les exigences américaines vis-à-vis de l'Iran et le facteur géopolitique qui a permis au conflit de dépasser les frontières du Moyen-Orient.

La nature de la présence militaire

L'auteur souligne que l'administration Trump a lancé en janvier dernier une opération de déploiement militaire à grande échelle au Moyen-Orient.

Des batteries de missiles Patriot supplémentaires, des systèmes de défense antimissile et des systèmes d'alerte précoce ont également été déployés pour sécuriser les bases américaines et celles des alliés dans la région.

Selon l'auteur, la nature de ce déploiement montre que les États-Unis cherchent principalement à renforcer leurs défenses et à se préparer à repousser toute réaction potentielle, et non à porter le premier coup.

Des exigences injustes

L'auteur mentionne aussi que l'administration Trump a présenté, dans le cadre de cette concentration militaire, 4 exigences injustes au régime iranien : mettre fin aux tirs et aux exécutions, ne pas réprimer les manifestants, abandonner le programme nucléaire et cesser le développement de missiles à longue portée.

Il estime que la concentration militaire a préparé le terrain pour la présentation des exigences américaines, avant d'ouvrir la voie aux négociations dans le but d'obtenir des concessions de la part du régime iranien.

Cependant, les experts soulignent que l'abandon du programme nucléaire et l'arrêt du développement de missiles à longue portée touchent aux fondements de la souveraineté stratégique iranienne, et leur mise en œuvre signifierait en pratique la reddition du régime.

Refus régional de la guerre

L'auteur poursuit en disant que Washington fait face à un autre défi, à savoir le refus des pays de la région de participer à la guerre, car il est devenu clair à travers des canaux diplomatiques que les États du Golfe ne sont pas prêts à ouvrir leur espace aérien pour mener des frappes contre l'Iran, avec des interrogations sur la préparation des infrastructures et des bases militaires.

L'auteur précise que les États du Golfe considèrent la participation à la guerre contre l'Iran comme un danger existentiel, en raison des avertissements iraniens visant tout partie prenant à l'agression, ce qui signifie que l'infrastructure pétrolière, les ports et d'autres installations seraient à portée de tir.

Dans ce contexte d'inquiétude des pays du Golfe quant aux répercussions de tout conflit - même limité - sur leur sécurité et leurs économies, les États-Unis se retrouvent, selon l'auteur, dans une position très précaire tant sur le plan politique que logistique, même s'ils sont en mesure de mener une guerre.

La position de la Chine et de la Russie

L'auteur a indiqué que certaines sources ont fait état de l'arrivée d'avions de transport militaires chinois en Iran et de cargaisons d'équipements et d'armes.

Il souligne qu'en l'absence d'une confirmation ou d'un démenti officiel de ces informations, leur circulation à grande échelle constitue un indicateur d'un soutien secret ou d'une opération de désinformation visant à démontrer que l'Iran n'est plus seule, et que le résultat est le même dans les deux cas : une escalade des tensions.

Il ajoute que ce qui est certain, c'est qu'il y a des exercices conjoints entre la Russie, la Chine et l'Iran dans le nord de l'océan Indien, et ces manœuvres envoient, selon lui, un message aux États-Unis, aux pays du Golfe et aux acteurs régionaux ainsi qu'aux marchés financiers et aux marchés de l'énergie, indiquant que toute frappe contre l'Iran n'affectera pas seulement la stabilité régionale, mais aussi l'équilibre mondial.

L'auteur explique que l'Iran représente un point d'ancrage géopolitique central pour la Russie et la Chine, et sa perte signifie d'énormes pertes sur les plans économique et stratégique.

Pour Moscou, le corridor nord-sud est une voie d'accès au golfe Arabe, à l'Inde et à l'Asie, et constitue une alternative aux corridors de la mer Baltique et de la mer Noire qui sont sous le contrôle de l'OTAN.

Pour la Chine, l'Iran est un point de connexion clé dans l'initiative "Belt and Road", et sa déstabilisation signifie couper la route terrestre vers l'Europe et renforcer le contrôle des États-Unis sur les voies maritimes.

C'est pourquoi Trump a reculé

Ainsi, l'auteur estime que porter un coup à l'Iran n'est plus simplement une étape régionale aux conséquences limitées, mais un processus qui menace directement l'équilibre des pouvoirs au niveau mondial, par ses implications sur les intérêts de la Russie et de la Chine.

L'auteur souligne qu'en raison de ces circonstances et du refus des pays du Golfe de participer à la guerre, Washington n'a plus de marge de manœuvre ou de recours à la force unilatérale, mais doit trouver un moyen d'éviter cela sans déclencher une crise mondiale incontrôlable.

Il conclut en affirmant qu'Israël a parfaitement compris cela, car bien qu'il ait mis l'armée, les systèmes de défense aérienne, les aéroports, les services de défense civile et les infrastructures médicales en état d'alerte maximale en prévision de tout imprévu, l'agenda politique des derniers jours ne se concentre plus sur la guerre avec l'Iran, mais sur la politique intérieure et la deuxième phase de l'accord de paix à Gaza.