
Les droits de douane de Trump suscitent l'inquiétude dans les milieux des affaires et de la politique en Inde
Économie Sada - Alors que les responsables du gouvernement indien examinaient une réponse et que les groupes d'affaires calculaients le coût des obstacles commerciaux, les discussions sur les réseaux sociaux ont été enflammées par les manifestations des utilisateurs contre les commentaires de Trump et par la critique du Premier ministre indien Narendra Modi pour ne pas avoir parlé franchement.
Tout a commencé lorsque Trump a déclaré que les barrières commerciales imposées par l'Inde étaient "les plus strictes et les plus ennuyeuses" dans une publication sur "Truth Social" le 30 juillet. Il a également ajouté que les États-Unis pourraient imposer des sanctions à New Delhi pour avoir acheté des armes et de l'énergie en provenance de Russie. Moins d'un jour après, il a de nouveau attaqué l'Inde pour s'être alignée sur la Russie, les qualifiant d'"économies mortes" dans une autre publication.
En l'absence d'un accord commercial imminant, des droits de douane de 25 % sur l'Inde ont été mis en place vendredi. L'Inde n'est pas la seule à faire face à la colère commerciale de Trump -et ce n'est pas celle qui subit les taux les plus élevés- mais ces nouvelles ont laissé les dirigeants d'affaires et de politique se demander comment gérer ses répercussions.
Un message clair
Akshat Garg, vice-président adjoint de "Choice Wealth", une société de services financiers basée à Bombay, a déclaré : "En un clin d'œil, l'équation commerciale entre les États-Unis et l'Inde est passée de tendue à troublée". Il a ajouté que les droits de douane "ne semblent pas être une politique systémique autant qu'un message politique clair".
La complexité du discours autour de l'accord commercial indien -ou plutôt de son absence- a été aggravée par l'accord américain avec son rival traditionnel, le Pakistan, qui a été conclu le même jour.
Avec l'application des droits de douane par les États-Unis dans le monde entier le 1er août, la position désavantageuse de l'Inde par rapport aux pays exportateurs concurrents est devenue plus évidente, entraînant une baisse du moral et suscitant davantage de tensions.
V. Ilangovan, directeur général de "SNQS Internationals", une société de fabrication de vêtements à Tirupur, un centre de fabrication dans le sud de l'Inde, a déclaré à "Bloomberg News" : "Le plus gros coup a été que le Pakistan et le Bangladesh ont obtenu un taux (de droits) meilleur que le nôtre". Il a ajouté : "Nous nous attendions à des droits variant entre 15 % et 20 %".
Le mécontentement de l'Inde est en partie attribué à la déclaration de Trump lui-même en tant que pacificateur qui a aidé à négocier un cessez-le-feu dans le conflit armé entre l'Inde et le Pakistan en mai. Ce mouvement a été considéré comme une tentative de contourner Modi et de mettre les deux pays voisins d'Asie du Sud sur un pied d'égalité, malgré la supériorité militaire et économique de l'Inde.
Les événements de cette semaine ont renforcé cette impression chez certains observateurs indiens.
Une situation difficile pour les entreprises indiennes
Lorsque les nouvelles des taux de droits de douane sont parvenues pour la première fois tard dans la nuit de mercredi en Inde, Ashish Kanodia se souvient avoir ressenti "une grande inquiétude". Kanodia, qui travaille comme directeur de "Kanodia Global", une société exportatrice qui tire plus de 40 % de ses revenus des États-Unis, vendant des tissus d'ameublement et des jouets. L'entrepreneur fait déjà face à deux de ses plus gros clients aux États-Unis qui demandent des remises pour compenser la taxe.
Kanodia a déclaré : "Les six mois à venir seront difficiles pour tout le monde", ajoutant que les marges bénéficiaires se réduiraient. Si cette situation perdure "pendant longtemps", il devra commencer à réduire sa main-d'œuvre.
Les États-Unis représentent le plus grand partenaire commercial de l'Inde, le volume du commerce bilatéral entre les deux pays s'élevant à environ 129,2 milliards de dollars en 2024.
En comparaison, le taux de droits appliqué à l'Inde de 25 % est supérieur à ceux du Bangladesh, qui a soumis à un droit de 20 %, tandis que le Vietnam a également ce taux, avec un droit de 19 % imposé à l'Indonésie et au Pakistan.
Sabiyasachi Ray, directeur exécutif du Conseil de promotion des exportations de pierres précieuses et de bijoux, a déclaré : "Nous savons très bien que nous avons obtenu un accord moins favorable que les autres pays.. mais nous en discuterons avec le gouvernement".
Un tournant dramatique dans les relations entre Washington et New Delhi
Les mesures de Trump représentent un changement radical dans les aspirations de New Delhi à obtenir un traitement préférentiel par rapport à ses homologues régionaux. L'Inde a été l'un des premiers pays à engager des négociations commerciales avec Washington en février dernier, avec une grande confiance dans sa capacité à conclure un accord plus rapidement que les autres.
Trump avait qualifié le Premier ministre indien Narendra Modi d'"ami" dans un post du 14 février sur la plateforme "X", décrivant les relations entre les deux pays comme "spéciales".
Face à la récente escalade, l'Inde envisage actuellement plusieurs options pour apaiser la Maison Blanche, y compris une augmentation de ses importations en provenance des États-Unis, selon "Bloomberg News" citant des personnes au courant. Beaucoup espèrent qu'il sera possible d'améliorer les relations bilatérales et de réduire la sévérité des droits imposés.
Dans ce contexte, Vivek Mishra, directeur adjoint du programme d'études stratégiques à la "Observer Research Foundation" à New Delhi, a déclaré à "Bloomberg News" : "Ce que nous voyons actuellement est une tempête frappant les relations indo-américaines, mais je pense qu'il y a de bonnes chances de l'atténuer".
En revanche, les groupes d'affaires et de commerce indiens continuent de soutenir la position du gouvernement lors des négociations en cours concernant l'accord commercial attendu avec les États-Unis.
Tactique de négociation ou réaction politique ?
Ray a déclaré que les entreprises de bijoux "sont préoccupées mais ne sont pas dans un état de panique", espérant parvenir à un accord plus favorable. Il a ajouté : "Les négociations devraient être basées sur le principe du profit mutuel, et non être une équation où un côté gagne et l'autre perd".
Pour sa part, Rohit Kumar, co-fondateur de "The Quantum Hub", une société de recherche en politiques publiques, a décrit l'annonce surprise de Trump sur les réseaux sociaux, alors que les négociations avec l'Inde se poursuivent, comme "semblant être une réaction émotionnelle".
Kumar a ajouté : "Cette escalade semble être une tactique de négociation visant des points qui n'ont pas encore été tranchés dans les discussions".

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