Dans cette patrie… je ne crains pas les tyrans
Dans cette patrie… je ne crains pas les tyrans
Je ne crains pas les tyrans…
Car les tyrans sont un vieux destin, ils passent comme passent les tempêtes, leur fracas s’élève un peu, puis ils sont engloutis par le silence.
Mais ce qui me fait vraiment peur…
C’est cet homme qui vend sa conscience chaque matin, puis se tient devant le miroir pour ajuster sa cravate et se convainc qu’il est encore respectable.
Ce qui me fait peur…
C’est non pas le détenteur du pouvoir…
Mais celui qui a démissionné de sa conscience.
Et ce n’est pas le décideur…
Mais celui qui garde le silence, qui a vu la vérité, puis a décidé de vivre avec elle comme si elle n’avait jamais existé.
J’ai découvert tardivement…
Que les patrie ne sont pas vaincues par les fusils seuls…
Mais par les bureaux où les principes meurent en silence.
Et par les plumes qui connaissent la vérité, mais écrivent le contraire.
Et par les visages qui sourient à chaque dirigeant, peu importe lequel, car le sourire pour eux n’est pas une vertu… mais un métier.
Dans chaque patrie…
Il y a des hommes qui construisent des ponts.
Et il y a des hommes qui construisent des murs.
Et il y a une troisième catégorie…
Qui ne construit rien…
Mais passe sa vie à expliquer aux gens pourquoi il ne faut pas démolir les murs.
Cette catégorie est plus dangereuse que la ruine elle-même.
Car la ruine est évidente…
Alors que lui, il porte le manteau de la sagesse.
Et parle au nom de l’intérêt.
Et a dans sa poche mille excuses pour chaque erreur.
Quand le poste devient plus important que l’homme…
C’est le début de la chute de l’État.
Et quand la loyauté aux personnes devient plus forte que la loyauté à la vérité…
Sache que la patrie est entrée en salle de réanimation.
Je n’ai pas peur du pauvre qui rêve d’une patrie digne…
Mais j’ai peur du riche qui voit la patrie comme un simple marché.
Et je n’ai pas peur de l’ignorant qui cherche la connaissance…
Mais j’ai peur de l’instruit qui utilise son savoir pour donner au déni une belle langue.
Et je n’ai pas peur de ceux qui diffèrent avec moi…
Mais j’ai peur de ceux qui vendent leurs convictions chaque fois que le vent change.
Car les patrie ne tombent pas d’un seul coup…
Mais tombent chaque fois qu’une conscience renonce à un mot.
Et chaque fois qu’un témoin se tait.
Et chaque fois qu’un opportuniste applaudit.
Et chaque fois qu’un hypocrite convainc les gens que le silence est de la sagesse et que la flatterie est de la fidélité, et que la vérité doit attendre.
L’histoire ne déteste personne…
Mais elle ne respecte que les braves.
Quant à ceux qui ont vécu leur vie entre l’inclinaison et la justification…
Le temps plie leurs noms comme on plie de vieux journaux.
Et la patrie reste…
En attente d’hommes qui n’ont pas peur de la vérité…
Car la vérité, peu importe combien elle se fait attendre…
Est la seule chose qui arrive toujours à l’heure.
Dans cette patrie… je ne crains pas les tyrans
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