Un appareil portable à ultrasons soutient le dépistage précoce du cancer du sein
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Un appareil portable à ultrasons soutient le dépistage précoce du cancer du sein

SadaNews - Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology ont développé un système d'imagerie portable par ultrasons, visant à rendre le dépistage du sein plus accessible et régulier, notamment pour les femmes les plus à risque de développer un cancer du sein ou ayant des tissus denses. Bien que le système ne propose pas un substitut direct aux examens médicaux approuvés, il introduit une nouvelle approche sur la façon de suivre les tissus mammaires de manière répétée, que ce soit en clinique ou, à l'avenir, à domicile, sans nécessiter un opérateur spécialisé à chaque fois.

Un fossé entre les examens annuels

De nombreux programmes de dépistage précoce reposent sur une mammographie une fois par an. Cependant, certaines tumeurs peuvent apparaître entre deux examens, ces cas étant connus sous le nom de cancers intercalaires. Selon un rapport de « MIT », ces cas représentent entre 20 et 30 % des cancers du sein, et ont souvent tendance à être plus agressifs.

C'est dans ce contexte qu'est née l'intérêt de Kanan Dagdivehren, professeure associée aux Arts et Sciences médiatiques au « MIT » et principale responsable de l'étude, pour le développement d'un moyen d'imagerie qui pourrait être utilisée à un rythme supérieur à celui de la mammographie traditionnelle, spécialement adapté aux femmes ayant des tissus mammaires denses. Dagdivehren a perdu l'une de ses proches d'un cancer apparu entre deux examens annuels, ce qui l'a poussée à envisager une technologie pouvant soutenir un suivi plus rapproché.

Imagerie à partir d'un petit appareil

Le nouveau système repose sur une petite sonde à ultrasons connectée à une unité d'acquisition et de traitement n'excédant pas la taille d'un smartphone. Ce système peut créer une image tridimensionnelle de l'ensemble du sein en n'effectuant que deux ou trois points de scan, au lieu de dépendre de grands appareils et de manipulateurs spécialisés comme c'est le cas dans de nombreux examens d'échographie traditionnels.

Une nouvelle étude publiée dans la revue « Nature Communications » indique que l'équipe a amélioré la qualité et la précision de l'image par rapport aux versions précédentes. Les chercheurs ont ajouté une couche arrière au transducteur ultrasonique, qui aide à contenir et à focaliser les ondes, réduisant ainsi le bruit acoustique et électrique, ce qui conduit à des images plus claires. L'équipe a également développé un algorithme pour ajuster la formation du faisceau acoustique selon la vitesse de propagation du son à travers différents types de tissus, tels que la peau et les graisses. Les chercheurs ont constaté que ce traitement améliore la précision de jusqu'à 10 %.

Une interface qui guide l'utilisateur

L'importance du projet ne se limite pas à la miniaturisation de l'appareil ou à l'amélioration de l'image, mais s'étend à la manière de l'utiliser. Les chercheurs ont conçu une interface logicielle qui guide l'utilisateur sur le bon emplacement de la sonde, tout en affichant des images en temps réel à l'écran. Dagdivehren affirme que l'interface aide à placer l'appareil au même endroit à chaque examen, ce qui est crucial pour surveiller le même tissu sur de longues périodes.

L'équipe a testé la capacité de non-spécialistes à utiliser le système. Dans une expérience avec dix volontaires, ils ont été invités à cibler de petits objectifs dans un modèle simulant des tissus humains, et ont obtenu de meilleurs résultats avec le nouveau système par rapport à une sonde traditionnelle. Dans une autre expérience impliquant sept personnes, les utilisateurs ont été capables de placer la sonde à l'endroit correct lors de la répétition de l'examen.

Suivi du traitement, pas seulement du diagnostic

Ce type d'appareil peut jouer un rôle dans le dépistage précoce, mais peut également être important pour le suivi des patients après ou pendant le traitement. La capacité de scanner le même emplacement plusieurs fois peut aider à surveiller les changements connus, tels que les fibromes ou les calcifications, ou à suivre la réponse d'une patiente à des traitements administrés avant la chirurgie.

Les chercheurs estiment que la technologie pourrait également réduire la dépendance totale à la disponibilité des techniciens en ultrasons, surtout dans les zones déficitaires en personnel spécialisé. L'équipe espère développer une interface pouvant être utilisée à l'avenir via un téléphone ou une tablette, rendant ainsi le système plus portable et adapté à une utilisation quotidienne.

Une étape de recherche avant la commercialisation

Malgré les promesses que le système offre, il est encore à l'étape de la recherche, et n'est pas encore devenu un dispositif médical commercialement disponible. Certains membres de l'équipe travaillent à la création d'une entreprise pour pousser la technologie vers une utilisation pratique, en considérant l'imagerie mammaire comme la première application ciblée. Dagdivehren indique que la plateforme pourrait par la suite être étendue à l'imagerie d'autres tissus mous, comme le suivi du cancer de l'ovaire, ou la mesure du développement de la muqueuse utérine, ou la surveillance du fœtus.

Le projet représente une tendance émergente dans les dispositifs médicaux portables, consistant à transférer une partie des capacités d'imagerie de l'hôpital vers des outils plus petits et plus faciles à utiliser, sans renoncer à la précision ou à la surveillance médicale. Si cette technologie réussit à franchir les étapes de test et de réglementation, elle pourrait rapprocher l'imagerie mammaire des femmes qui nécessitent un suivi régulier, plutôt qu'un examen annuel uniquement.