Retour au projet de l'État (Dahlaniastan)
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Retour au projet de l'État (Dahlaniastan)

Dans le bulletin d'informations de la chaîne "Al-Ghad" d'Émirats, diffusé ce matin - où participe Mohammed Dahlan et qui exprime l'opinion du courant réformiste au sein du mouvement Fatah - l'animatrice a mentionné que Mohammed Dahlan présentera lors de la réunion des factions qui se tient au Caire un plan complet pour gérer Gaza sous sa direction.

Cette actualité, ainsi que la réunion des factions en général, malgré les espoirs qu'en ont les habitants de la bande pour mettre fin à leurs souffrances, confirme néanmoins la réalité de la séparation définitive - géographiquement, politiquement et institutionnellement - entre la bande de Gaza et le reste des territoires de l'État palestinien supposé, et cela d'autant plus que le mouvement Fatah, l'organisation, et l'autorité en sont absents, les négociations entre les factions présentes, Mladenov, et les médiateurs étant strictement limitées à la situation dans la bande de Gaza.

Le fait de nommer Dahlan publiquement rappelle la période précédant la prise de pouvoir de Hamas dans la bande ; où "Abou Fadi" était l'homme fort à Gaza, avec sous son commandement des milices et des agences de sécurité, dont celle de la sécurité préventive. Son convoi, lorsqu'il circulait à l'intérieur ou à l'extérieur de Gaza, n'était pas moins impressionnant que celui du président de l'État, et à l'époque, un journaliste français avait décrit la bande de Gaza comme un État (Dahlaniastan).
En effet, des doutes planaient sur la volonté de Dahlan - peut-être avec l'accord de Washington et d'Israël - de transformer la bande en un État indépendant. Ces doutes se sont renforcés après le retrait unilatéral d'Israël de la bande à l'automne 2005, Dahlan étant le coordonnateur de ce retrait (ou redéploiement de l'armée d'occupation), et Washington avait alloué des millions de dollars pour la réalisation de ce plan. La bande aurait pu devenir un État gouverné par Dahlan, si ce n'était que le mouvement Hamas devança les événements par une décision militaire, renversant l'autorité et prenant le contrôle de la bande en juin 2007.

Le Qatar avait été l'architecte de ce tournant avec un mandat de Washington, qui avait adopté sous l'administration Obama et Condoleezza Rice le plan du "nouveau Moyen-Orient", basé sur l'idée de renforcer les groupes islamistes politiques et de leur permettre de gouverner pour créer une "destruction constructive". Le Qatar et la chaîne Al-Jazeera étaient les principaux outils de Washington pour mettre en œuvre ce plan.

Le projet de Hamas a-t-il échoué, celui sur la base duquel il s'est opposé à l'Organisation de libération, l'a affaiblie, et a d'abord créé la division pour ensuite l'amplifier ? Et est-il maintenant prêt à remettre les rênes du pouvoir à Dahlan en échange de garanties pour la sécurité de ses membres et leur intégration dans la nouvelle autorité ? D'autant plus que Dahlan jouit d'une acceptation américaine, israélienne, égyptienne et d'autres pays arabes, et qu'il serait accueilli dans la bande comme une alternative au régime de Hamas, à l'occupation, et aux plans de Trump et Kushner pour coloniser Gaza et la transformer également en un projet d'investissement pour eux comme alternative au plan d'expulsion.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.