Dans un contexte de baisse du dollar et des carburants, pourquoi les prix ne baissent-ils pas ?
Les marchés palestiniens font face à une contradiction économique évidente ; au cours de l'année écoulée, le dollar américain a enregistré une forte baisse par rapport au shekel israélien, atteignant (23 %), ce qui équivaut à presque un quart de sa valeur. Dans ce contexte économique, les rapports du Bureau central des statistiques palestinien, qui indiquent un déficit permanent dans la balance commerciale et une forte dépendance aux importations par rapport aux exportations, imposent une baisse automatique des prix des biens importés en raison de la forte baisse du taux de change du dollar par rapport au shekel, même en tenant compte du stock existant, des contrats préalables, et de l'augmentation des coûts d'assurance et de transport, ainsi que d'autres facteurs influents.
Parallèlement à cette baisse, les prix des carburants en Palestine ont connu, au début du mois de juin 2026, une baisse significative par rapport au début du mois d'avril dernier ; le prix du diesel a chuté de (11,5 %), et le prix de la bouteille de gaz domestique (12 kg) a diminué de (15,8 %), ce qui représente des dérivés essentiels pour plusieurs secteurs de production et d'économie, y compris le transport public en Palestine.
Face à ces développements, les autorités officielles, en tête desquelles les ministères de l'économie nationale et des transports, ainsi que l'Association de protection des consommateurs, et diverses unions, sont appelées à prendre des mesures immédiates pour réévaluer les prix et les tarifs approuvés en avril dernier. Il est urgent de maîtriser les prix et de réduire le tarif du transport public qui repose essentiellement sur le diesel, après que les augmentations précédentes aient pesé lourdement sur les catégories sociales les plus vulnérables et marginalisées de la société palestinienne, notamment les étudiants des écoles et des universités, les employés contraints de se déplacer quotidiennement, et les catégories pauvres qui ne possèdent pas de voitures et qui sont obligées d'utiliser les transports publics, que ce soit entre les villes et les localités palestiniennes ou à l'intérieur de celles-ci.
La politique de réponse rapide à l'augmentation des prix lors de toute hausse des coûts des intrants de production ou des carburants, couplée à un retard dans la baisse des prix lors d'une baisse, aggravent les souffrances du citoyen palestinien. L'importance d'une intervention gouvernementale urgente pour protéger le consommateur s'accroît en cette période où la crise financière et économique s'aggrave en raison de la politique d'étouffement économique israélienne envers le peuple palestinien, qui inclut le blocage total des fonds de la compensation depuis plus d'un an, et le fait de priver les travailleurs palestiniens de leurs sources de revenus à l'intérieur de la ligne verte, sans parler du blocus israélien strict par le biais d'environ 1000 points de contrôle et de portails qui coupent la Cisjordanie, ainsi que des agressions continues des colons sur le secteur agricole et le bétail, mais aussi sur les propriétés des citoyens aux abords des villes et des villages palestiniens, dans une dynamique dangereusement croissante.
De même, le secteur privé en Palestine doit jouer son rôle dans l'assumption de ses responsabilités sociales et dans l'allègement du fardeau sur les citoyens, tout comme les institutions de la société civile doivent œuvrer à créer un mouvement en faveur de la justice sociale et des droits des groupes marginalisés et pauvres, qui n’ont pas de voix.
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