Le national.. et le bas-vivant
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Le national.. et le bas-vivant

En Palestine, tous les visages qui brillent ne sont pas forcément propres, et celui qui se tient sous l'image du leader n'est pas nécessairement un homme d'État, et celui qui a mémorisé les slogans ne devient pas forcément patriote.

Il y a des hommes qui ont porté cette patrie sur leurs épaules jusqu'à ce que leurs dos se courbent de fatigue, et il y a ceux qui portent la patrie comme un bagage temporaire, qu'ils ouvrent en cas d'intérêt et ferment en cas de danger.

Le véritable patriote ne se reconnaît pas à sa voix forte mais à sa patience longue. À sa douleur silencieuse.
Et à sa capacité à rester respecté malgré tout ce qu'il a subi comme marginalisation, exclusion et atteinte délibérée, comme si certains détenteurs de fauteuils craignaient les véritables hommes plus qu'ils ne craignent l'occupation elle-même.

Le patriote est celui qui est resté fidèle lorsque la politique pour certains est devenue un bazar bon marché.
C'est celui qui n'a pas vendu son histoire pour un poste et qui n'a pas changé ses positions à chaque fois que le vent changeait de direction.
On voit la fatigue dans ses yeux, mais il ne mendie pas les applaudissements et ne se tient pas aux portes des puissants en quête de leur approbation, car il sait que la dignité nationale n'est pas donnée par un décret ni retirée par un petit complot d'un petit employé portant un costume trop grand pour lui.

Quant au bas-vivant, c'est ce genre de créature qui maîtrise l'art de se hisser sur les épaules des autres. Il utilise son poste au pouvoir comme un pont, non pas pour servir les gens, mais pour atteindre des positions au sein du mouvement, comme si la patrie n'était qu'une échelle en bois pour un accès personnel.
Il est entré dans chaque bureau avec un miroir dans sa poche, non pas pour voir le peuple… mais pour s'assurer que son image est toujours au centre.

Le bas-vivant ne croit pas à la lutte, mais à la gestion intelligente de la peur. Il est lâche lorsque les circonstances réclament du courage et féroce uniquement envers les faibles. Il parle de l’ouverture comme un commerçant parle de son magasin, et de la révolution comme un agent immobilier parlant d'un terrain qu'il veut vendre au meilleur prix.

Et quand il sent qu'un véritable homme s'approche… le siège doux commence. Les rumeurs commencent et les tentatives d'exclusion commencent, et le mensonge se revêt de sourires froids et de longues réunions qui ne produisent que plus de petits complots.

Car le bas-vivant ne peut pas vivre en présence d'hommes que les gens respectent, car sa présence repose entièrement sur leur absence.

Le patriote n'a pas peur des personnes compétentes, mais se réjouit de leur présence car la patrie est plus grande que les noms.
Quant au bas-vivant, il s'effraie de quiconque possède un passé ou une présence ou un véritable amour dans la rue, c'est pourquoi il passe la moitié de sa vie à éviter l'affrontement et l'autre moitié à créer des obstacles.

Le patriote, lorsqu'il sert le peuple, se sent honteux s'il faillit. Tandis que le bas-vivant considère le poste comme une ferme privée où il distribue des promesses mensongères et des compliments bon marché, et se cache derrière des titres longs pour couvrir son vide intérieur.

Et chaque fois que ce peuple se lève de sa douleur… nous découvrons que ceux qui se sont accrochés à la douleur sont les véritables patriotes, ceux qui n'ont rien demandé pour eux-mêmes, qui n'ont pas marchandé leur histoire et qui n'ont pas transformé l’ouverture en société par actions.

Quant au bas-vivant… peu importe combien de postes il accumule et combien il s'entoure de gardes et d'applaudisseurs, il reste fragile de l'intérieur, effrayé par la vérité car les gens finissent par bien connaître la différence entre un homme qui a brûlé pour la patrie… et un homme qui a appris à manger la patrie tranquillement.

Et malgré tout… le Fatah restera plus grand que les bas-vivants, car ce mouvement n'a pas été bâti sur les épaules des grimpeurs mais sur le sang des véritables hommes et la sueur des combattants et la patience de ceux qui croient en la Palestine.

Et ce peuple, malgré la douleur, la fatigue et la trahison, continuera de trier les visages et de découvrir la vérité, car les patries peuvent parfois se fatiguer… mais elles ne meurent pas tant qu'il y a des hommes qui ressemblent plus à la Palestine qu'aux fauteuils.
 

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.