Entre "L'Amérique d'abord" et "Netanyahu d'abord"
Le slogan "L'Amérique d'abord" est avancé par le président américain Trump comme un symbole de l'indépendance de la décision américaine et de la primauté des intérêts nationaux sur tout autre considération. Cependant, la scène politique au Moyen-Orient soulève de nombreuses questions quant à la pertinence de ce slogan vis-à-vis de la réalité, car tout ce que dit Trump contredit le contexte sur le terrain. Il a mené une guerre qui touche aux intérêts de tous les pays du monde pour le bénéfice de Netanyahu, de sa corruption et de son avenir politique.
De toute évidence, au cœur de ce débat se tient le Premier ministre israélien Netanyahu, l'une des figures les plus présentes et influentes dans les dossiers de la guerre, de l'escalade régionale, du dossier iranien et des négociations. Cela a conduit de nombreux observateurs à s'interroger sur la nature de la relation entre la décision américaine et l'alliance stratégique avec Israël.
En revenant au discours de Trump devant la Knesset et aux déclarations publiques qui ont suivi, il a évoqué le dossier judiciaire de Netanyahu, où la question de contourner la loi israélienne pour accorder un pardon à Netanyahu et alléger les procédures judiciaires à son encontre a été soulevée.
Les déclarations de Trump, qu'il a réaffirmées dans des interviews ultérieures, ont déclenché un vif débat politique et médiatique sur les limites de la séparation entre le discours politique américain d'une part et l'indépendance de la justice en Israël d'autre part, ainsi que sur la signification d'une intervention ou d'un commentaire sur des dossiers judiciaires internes d'un pays allié.
Ce débat ne se limite pas aux déclarations, mais s'étend à une question plus profonde et sensible :
Les États-Unis gèrent-ils encore leurs fichiers externes selon le principe "L'Amérique d'abord" dans son sens institutionnel strict ? Ou bien les interconnexions des intérêts et des alliances rendent-elles certains dossiers susceptibles de sembler fonctionner en fonction de priorités politiques directement liées à des personnages alliés influents dans la région, comme Netanyahu ?
En effet, lors des négociations entre l'Amérique et l'Iran au Pakistan, Vance a contacté Trump six fois et les négociations se sont poursuivies normalement. Lorsqu'il a appelé pour la septième fois Netanyahu, Vance s'est retiré des négociations et a refusé d'inclure le dossier libanais dans les négociations selon le souhait de Netanyahu, ce qui suggère que la décision de Netanyahu est fondamentale.
Dans les dossiers de la guerre et des négociations, surtout dans le contexte de l'escalade avec l'Iran, les interrogations s'accroissent concernant la nature de la prise de décision et la rapidité de ses évolutions, et si les décisions stratégiques sont prises entièrement au sein des institutions américaines ou si elles sont profondément influencées par le réseau complexe des alliances régionales. En effet, la décision de faire la guerre à l'Iran et de contourner le droit international a été prise entre Trump et Netanyahu, sans consensus américain, sans coordination avec l'OTAN et sans coordination avec les pays du Golfe, qui sont le champ de bataille et supportent l'ensemble des pertes.
Enfin, la question la plus sensible reste posée devant l'opinion publique :
"L'Amérique d'abord" est-elle encore une règle qui gouverne réellement ?
Ou bien la réalité politique reflète-t-elle désormais des équilibres différents qui se lisent sur le terrain de manière totalement distincte ?
Netanyahu sait que l'arrêt de la guerre contre le Liban pourrait ouvrir ses dossiers et qu'il pourrait être jugé pour des affaires de corruption, ce qui pourrait mener à sa perte aux élections et à son avenir politique. C'est pourquoi il temporise et escalade la question libanaise, ne se conformant ni à la décision américaine ni même israélienne, et essaie d'ouvrir des dossiers concernant d'autres pays, comme la menace turque puis la menace égyptienne. Si aucun ennemi n'existe, il pourrait chercher à en créer un et à ouvrir des conflits avec celui-ci pour rester au pouvoir.
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