Entre victoire et défaite : que nous a apporté la guerre avec l'Iran ?
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Entre victoire et défaite : que nous a apporté la guerre avec l'Iran ?

 

Les discussions et les critiques au sein d'Israël, après l'annonce du cessez-le-feu avec l'Iran, montrent une image complexe et contradictoire des résultats de la guerre. Alors qu'un certain nombre de journalistes et d'analystes opposés à Netanyahu estiment que le gouvernement israélien a échoué à atteindre les objectifs déclarés de la guerre, et que l'Iran en est sorti intact et peut-être plus fort, des analystes proches de la droite et du Premier ministre Benjamin Netanyahu présentent un récit différent, considérant qu'Israël a réalisé d'importants succès militaires et que l'Iran en est sorti affaibli et dissuadé.

Mais qu'est-ce que la victoire en guerre ? Et quelle est la véritable signification de la défaite d'un État ? Le philosophe et stratège prussien Carl von Clausewitz explique que la guerre n'est pas une fin en soi, mais une extension de la politique par d'autres moyens, un outil pour réaliser la volonté de l'État et ses objectifs politiques. Dans cette perspective, le succès de la guerre se mesure à l'atteinte de ses objectifs stratégiques et politiques, et non seulement au nombre de frappes ou de pertes militaires.

Malgré l'écart marqué dans les évaluations de la guerre, la plupart des analystes israéliens semblent s'accorder sur un point essentiel : le cessez-le-feu est fragile et temporaire, et ne constitue pas une véritable fin du conflit.

Pour les critiques, le dernier round s'est terminé selon un schéma devenu familier sous le gouvernement Netanyahu : des succès militaires tactiques répondus par des échecs politiques et stratégiques. Des analyses publiées dans le quotidien Haaretz indiquent que Netanyahu, après l'annonce du cessez-le-feu, n'a présenté aucune vision de reconstruction ou de stabilité, se contentant de parler de la possibilité d'un nouveau round de combats, alors que la société israélienne était épuisée par quarante jours de guerre et des pertes humaines et économiques. Ainsi, comme lors des cycles précédents, l'escalade militaire se termine par des succès limités qui ne se transforment pas en gains politiques réels, tandis que la société israélienne supporte le coût le plus élevé.

Le débat se concentre également sur la question : qu'a effectivement réalisé la guerre ? Certains analystes estiment que les États-Unis et Israël n'ont pas réussi à atteindre les deux objectifs centraux : anéantir le programme nucléaire iranien et le programme de missiles balistiques, et ouvrir le détroit d'Hormuz, ce qui fait que le conflit revient pratiquement au point zéro, l'Iran restant fort et capable de se relever. En revanche, des analystes proches de la droite estiment que la guerre n'avait pas nécessairement pour objectif la destruction totale de ces capacités, mais de redessiner l'équilibre de la dissuasion dans la région, et de démontrer la capacité d'Israël à frapper au cœur de l'Iran et à renforcer sa position en tant que puissance régionale dominante.

Un autre désaccord se dessine sur la question de savoir si le cessez-le-feu a mis un terme à la vision de Netanyahu de redéfinir le Moyen-Orient par la force militaire. Ses détracteurs estiment que le projet n'est pas achevé, que les véritables limites du conflit n'ont pas été atteintes, et que la poursuite des capacités iraniennes rend le conflit susceptible d'exploser à tout moment. Ses partisans soutiennent que le cessez-le-feu n'est pas la fin de la guerre, mais une étape dans un long conflit, et qu'Israël en est sorti d'un point de vue stratégique plus fort, malgré les critiques émises sur l'accord et les accusations d'opportunisme politique.

Des estimations sécuritaires israéliennes récentes indiquent que le front nord reste ouvert, et qu'Israël a mené une attaque intensive sur le Liban ciblant près de 100 objectifs en 10 minutes, dans une démarche qualifiée de punitive et de terrorisante, tout en tentant de frapper la chaîne de commandement militaire et politique du Hezbollah, pour renforcer l'image de dissuasion après la guerre avec l'Iran. Ces opérations reflètent la continuité d'une politique de gestion de conflits ouverts plutôt que de chercher à les résoudre politiquement, rendant la région sujette à d'éventuelles escalades malgré le cessez-le-feu.

Par conséquent, bien qu'un cessez-le-feu ait été annoncé, de nombreux analystes estiment que la région n'est pas entrée dans une véritable phase de stabilité, mais plutôt dans une phase de trêve fragile. La tension entre Israël et l'Iran est toujours présente, et les capacités militaires des deux parties n'ont pas disparu. Au Moyen-Orient, comme l'ont prouvé les expériences, il n'existe pas de situation intermédiaire : soit une guerre ouverte, soit une préparation permanente et intensive à la guerre.

La guerre avec l'Iran n'a pas été complètement tranchée, et les réalisations israéliennes sur le terrain ont été énormes tant sur le plan tactique que stratégique, Israël ayant pu infliger des frappes significatives qui ont entravé certaines capacités iraniennes, montrant ainsi sa capacité à atteindre le cœur iranien et à renforcer sa position en tant que puissance régionale importante. Néanmoins, les grands objectifs de la guerre, tels que l'anéantissement du programme nucléaire iranien ou la redéfinition du Moyen-Orient par la force militaire, n'ont pas été atteints. L'Iran est sorti affaibli et épuisé, et pourrait avoir besoin de temps pour se remettre, mais il n'a pas été complètement anéanti. Israël est resté une puissance régionale active, capable d'imposer la dissuasion et de contrôler le cours du conflit, tout en continuant à gérer des conflits ouverts et à les transformer en outils politiques et stratégiques au service de ses intérêts dans la région.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.