Gaza après la guerre : de la logique du groupe à l'horizon de l'État
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Gaza après la guerre : de la logique du groupe à l'horizon de l'État

On ne peut envisager l'avenir de la question palestinienne après la guerre de Gaza sans considérer une question fondamentale : quel est le sort du Hamas ?

Et la réponse, aussi sensible soit-elle, doit être réaliste et non émotionnelle.

Le Hamas, à l'instar des Frères Musulmans en Égypte, fait partie du tissu social et politique du peuple. On ne peut pas l'éliminer par une décision militaire, ni même effacer sa présence par une opération sécuritaire. Les expériences régionales ont prouvé que les mouvements ayant une base populaire ne peuvent pas être vaincus par l'exclusion, mais se transforment en crises chroniques s'ils ne voient pas leur rôle redéfini politiquement.

Cependant, reconnaître l'existence sociale du Hamas ne signifie pas accepter la continuation des courants religieux ou extrémistes au pouvoir. L'État national moderne ne se gère pas selon la doctrine d'un groupe, ni ne se construit sur la logique de domination idéologique. L'après-guerre requiert une séparation claire entre la société et le pouvoir, et entre la résistance en tant que droit et le gouvernement en tant que responsabilité politique englobante.

La question palestinienne aujourd'hui n'a pas besoin d'une autorité religieuse, ni d'un projet doctrinal fermé, mais d'un système politique inclusif, capable de représenter les Palestiniens, de gérer la pluralité et de construire une légitimité interne avant de chercher une reconnaissance extérieure. La continuation de tout groupe, qu'il soit religieux ou autre, à monopoliser la décision reproduira la même crise, même si les noms changent.

Dans ce paysage complexe, l'Égypte émerge comme un élément d'équilibre incontournable. Au-delà des slogans, Le Caire a été le noyau initial de la défense contre le déplacement forcé, et l'acteur régional le plus marquant dans l'arrêt des tentatives d'imposer un accord coercitif au détriment des Palestiniens. Cela n'était pas motivé par l'émotion, mais par une compréhension profonde que la liquidation de la question palestinienne signifie déstabiliser la sécurité nationale arabe, en tête de laquelle se trouve la sécurité égyptienne.

Le rôle égyptien, historiquement et à présent, ne repose pas sur un protectorat, mais sur la prévention d'une explosion généralisée. L'Égypte comprend qu'aucune solution durable ne peut passer par le vide de Gaza, ni par la reproduction d'une autorité de groupes isolés, mais par un long parcours politique qui restaure la notion d'État palestinien, non pas comme un slogan, mais comme une nécessité pour la stabilité régionale.

L'après-guerre n'est ni un moment de victoire ni un moment de défaite, mais un moment de réorganisation. Le Hamas restera une partie du peuple palestinien, tout comme les Frères Musulmans sont restés une partie de la société égyptienne, mais le pouvoir doit revenir à la logique de l'État et non à celle du groupe. Et l'Égypte, de par sa géographie et son histoire, restera la première ligne de défense contre la liquidation, et non contre la gestion du conflit jusqu'à l'infini.

La question palestinienne n'a pas besoin de plus de sang pour prouver sa justesse, mais elle nécessite du courage politique pour reconnaître que l'époque du gouvernement idéologique est révolue, et que l'époque de l'État — peu importe la longueur du chemin à parcourir — doit commencer.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.