Au cœur du Caire... La lanterne de Ramadan, une histoire d'un symbole qui ne s'éteint jamais
Divers

Au cœur du Caire... La lanterne de Ramadan, une histoire d'un symbole qui ne s'éteint jamais

SadaNews - Chaque année, avec l'observation du croissant de lune du mois de Ramadan, les rues et les ruelles se parent de couleurs joyeuses, et une atmosphère de fête et de célébration s'installe. Parmi les symboles les plus notables qui ont été associés à ce mois sacré à travers les âges, la lanterne de Ramadan se distingue. Elle a évolué au fil de plus de mille ans, passant d'une simple "miskâ" d'éclairage à l'icône de joie du Ramadan.

Cette lanterne n'est pas qu'un simple ornement suspendu ou un jouet que portent les enfants, mais un héritage historique riche, portant une histoire qui s'étend à travers le temps. Comment a commencé l'histoire de la lanterne? Qui a allumé la flamme de son récit avec Ramadan?

Les origines de la lanterne... au cœur du Caire

La plupart des récits historiques indiquent que la lanterne de Ramadan est née en Égypte, précisément à l'époque fatimide, il y a plus de mille ans.

On raconte qu'au cinquième jour du Ramadan de l'année 358 H / 969 M, les Égyptiens se préparaient à accueillir le calife fatimide Al-Mu'izz Li-Din Allah, qui venait pour établir sa nouvelle capitale "Le Caire". Al-Mu'izz est arrivé de nuit, et des hommes, des femmes et des enfants se sont rassemblés aux abords du désert occidental (Gizeh) dans un cortège majestueux portant des torches et des lanternes pour éclairer le chemin et exprimer leur joie et leur accueil. Depuis ce moment, la lanterne a commencé à acquérir une place spéciale dans la conscience populaire égyptienne, et la tradition s'est répandue pour faire de la lanterne un rituel égyptien d'accueil du mois sacré.

Dans une autre version, certaines sources indiquent que les califes fatimides sortaient la nuit pour observer le croissant de Ramadan, accompagnés de savants et de juristes, tandis que les enfants sortaient en cortège portant de petites lanternes pour éclairer leur chemin tout en chantant des chansons pour célébrer l'arrivée du mois. Ainsi, cette scène se répétait chaque année, s'ancrant dans la conscience collective et devenant un symbole joyeux associé au mois sacré.

Avec le temps, la lanterne est passée d'un outil pratique à un symbole festif, et les enfants parcouraient les rues tenant leurs lanternes, chantant des chansons de Ramadan et remplissant les quartiers de joie.

La lanterne est-elle d'origine égyptienne?

On peut dire que la lanterne de Ramadan dans sa forme traditionnelle et son lien avec le mois sacré a effectivement commencé en Égypte, puis a été transmise aux autres pays arabes et musulmans jusqu'à devenir une partie du patrimoine commun de Ramadan.

Bien que les lanternes en tant qu'outils d'éclairage aient été connues dans différentes civilisations, le fait de les consacrer au Ramadan et de les transformer en symbole de joie populaire est ce qui a distingué l'expérience égyptienne.

La lanterne n'est plus l'apanage de l'Égypte, elle s'est répandue dans la plupart des pays arabes et est devenue une partie du patrimoine de Ramadan. Aujourd'hui, nous les voyons dans d'énormes tailles embellissant les places des pays arabes, et elles sont même célébrées lors de festivals en Australie et en Europe.

L'industrie des lanternes en Égypte a connu un grand développement à travers les âges, devenant un artisanat traditionnel transmis, portant entre ses détails une histoire riche et une créativité renouvelée.

Évolution de la lanterne à travers les âges

À l'époque fatimide, les lanternes étaient fabriquées de manière simple à partir de métaux et de verre, et étaient allumées avec des bougies ou de l'huile. Avec le temps, l'industrie des lanternes a évolué à l'époque mamelouke, où les artisans égyptiens ont commencé à ajouter des touches décoratives délicates sur les lanternes, telles que des motifs géométriques et des inscriptions arabes.

À l'époque ottomane, ce métier a prospéré davantage, et les lanternes ont commencé à être fabriquées sous des formes variées et de tailles différentes, intégrant des couleurs et du verre coloré dans leur conception, les rendant plus belles et éclatantes.

Au vingtième siècle, l'industrie des lanternes s'est transformée en un artisanat populaire largement répandu, surtout dans les vieux quartiers égyptiens comme Sayyida Zaynab, Al-Ghuriya et Al-Hussein, où de petits ateliers étaient connus pour produire des lanternes faites à la main en tôle et en verre.

La lanterne traditionnelle dépendait des bougies, mais elle a ensuite évolué pour fonctionner à l'électricité, tout en préservant sa forme patrimoniale.

Une lumière qui porte la mémoire de l'histoire

Ces dernières années, de nouvelles formes de lanternes sont apparues, certaines en plastique, d'autres fonctionnant à piles, émettant des sons et des chansons de Ramadan, captivant ainsi l'attention des enfants. De plus, des lanternes importées ont fait leur apparition sur le marché égyptien, influençant l'industrie artisanale traditionnelle, mais la lanterne égyptienne faite à la main conserve encore sa valeur patrimoniale et sa place spéciale.

Malgré l'évolution des formes et des matériaux, la fabrication de lanternes en Égypte reste un témoignage vivant de l'habileté des artisans égyptiens et de leur capacité à transformer un simple objet en symbole de joie et d'identité.

Ainsi, la lanterne de Ramadan, à travers les siècles, est devenue plus qu'une simple lumière qui dissipe l'obscurité; elle est devenue une lumière portant en elle la mémoire de l'histoire, la chaleur de l'enfance et l'esprit du mois sacré. Chaque fois qu'une lanterne brille lors d'une nuit ramadanesque, un morceau de patrimoine, d'identité et de joie inextinguible s'illumine également.