Passage de Rafah : des ententes américaines trompeuses et des conditions israéliennes pour maintenir le blocus et affamer Gaza
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Passage de Rafah : des ententes américaines trompeuses et des conditions israéliennes pour maintenir le blocus et affamer Gaza

Il est clair que les menaces israéliennes contre Gaza ne cesseront pas, peu importe tout "accord de cessez-le-feu". Le génocide est devenu une réalité quotidienne, et l'occupation coloniale raciste considère que la poursuite de la souffrance et du blocus est la nouvelle norme ancienne. Nous devons considérer cette réalité et y faire face comme une conséquence d'une politique systématique, car nous sommes confrontés à une société de génocidaires, et non à un simple adversaire politique temporaire.

Le passage de Rafah n'est plus simplement un point de passage frontalier, mais est devenu un miroir dévastateur de la nature du partenariat politique entre Israël et les États-Unis dans la gestion de la guerre contre Gaza, non seulement dans ses dimensions militaires, mais dans son essence humanitaire, politique et économique. La question ne concerne plus des procédures techniques ou des arrangements sécuritaires, mais une politique basée sur la production de promesses et leur blocage, et sur la promotion des "ententes", alors que le blocus est en réalité géré comme un outil de punition collective.

Selon ce qu'a révélé la radio de l'armée israélienne, Israël et les États-Unis sont parvenus la semaine dernière à un accord préliminaire pour ouvrir le passage de Rafah dans les deux sens. Cependant, cet accord, comme d'autres précédents, n'est pas sorti du cadre des déclarations médiatiques, Israël s'étant hâté de l'encombrer d'une série de conditions et de restrictions, ainsi que de justifications "sécuritaires" renouvelées, alors qu'il se prépare à tenir une réunion du cabinet ministériel restreint (le cabinet) pour "déterminer le sort" du passage. Cela reflète la mentalité de l'occupation qui voit les passages comme des outils de contrôle et d'extorsion, et non comme des artères de vie pour les Palestiniens dans la bande de Gaza.

Cette scène ne peut être séparée du rôle américain, qui n'a pas été un médiateur ou un garant, mais un partenaire politique à part entière. Les États-Unis se contentent de produire des ententes vagues qui sont ensuite utilisées pour blanchir l'image de l'occupation devant l'opinion publique internationale, sans aucun mécanisme d'engagement ou de pression réelle. Ainsi, les "ententes américaines" se transforment en un camouflage politique pour un blocage israélien délibéré, tandis que l'essence reste la même : maintenir Gaza sous blocus et gérer la catastrophe au lieu de la mettre fin.

Pire encore, la complicité s'étend à la période post-conflit, où l'on fait la promotion du "deuxième phase", lancée avec des promesses de reconstruction, et la redéfinition des cartes de Gaza sous des slogans humanitaires et de développement. Cependant, ces promesses sont proposées dans un vide total des droits des gens, de leur droit à la terre et de leur droit à définir la forme de leurs villes et leur avenir.

Ce qui est présenté comme un projet de reconstruction se révèle progressivement comme un schéma politico-économique, dans lequel les propriétés foncières sont confisquées sous des prétextes de "régulation", "sécurité" et "planification moderne", et la reconstruction est réalisée selon des priorités d'investissement qui servent les intérêts économiques américains et de ses partenaires, et non les besoins des habitants sinistrés de Gaza. Ainsi le génocide et la destruction se transforment en une opportunité économique, et le blocus est complété par des plans de réorganisation de l'espace et de l'être humain, dans une des manifestations les plus dangereuses du colonialisme contemporain.

Dans le cadre de ces politiques communes, la catastrophe humanitaire explose à l'intérieur de la ville de Gaza, où la ville souffre d'une grave crise de l'eau avec un manque d'approvisionnement depuis huit jours consécutifs. Selon la municipalité de Gaza, plus de 85 % de la superficie de la ville n'accède pas à l'eau, ce qui met des centaines de milliers de civils face à un danger sanitaire direct, et démontre que la coupure des services essentiels n'est pas un résultat secondaire de la guerre, mais fait partie d'une stratégie de strangulation systématique.

Parallèlement à cette réalité catastrophique, les déclarations du Dr Ali Shatt, président du comité national de gestion de Gaza, se multiplient concernant l'entrée de caravanes de logement, l'ouverture des passages, et l'amélioration des conditions humanitaires. Et malgré le caractère rassurant de ces déclarations, elles se heurtent à un mur de restrictions israéliennes soutenues par les États-Unis et à l'absence de garanties d'application réelles. Ainsi, les promesses se transforment en outils pour gagner du temps et absorber la colère, tandis que les habitants de Gaza sont laissés à affronter la soif, la faim et l'effondrement des services essentiels.

En conclusion, ce qui se passe au passage de Rafah n'est pas un échec de coordination, mais un succès d'une politique conjointe qui vise à maintenir Gaza dans un état d'étouffement permanent. Israël impose les conditions, les États-Unis fournissent le camouflage, et la communauté internationale se contente d'observer. Quant aux conséquences, ce sont les Palestiniens qui les paient seuls : blocus, famine, confiscation des terres, et reconstruction soumise à des conditions établies en dehors de leur volonté et de leurs droits.

Aujourd'hui, le passage de Rafah n'est pas seulement fermé par des portes, mais il est fermé par la volonté politique internationale. Sa véritable ouverture commence par la rupture du partenariat d'occupation et du camouflage américain, et le retour des droits aux habitants de Gaza, avant que l'humanité ne devienne un simple slogan échangé dans les médias.

Cet article exprime l'opinion de son auteur et ne reflète pas nécessairement l'opinion de l'Agence de Presse Sada.